La fin d’un monde au Théâtre français

Le Dire de Di du 24 au 28 janvier

Marie-Eve Fontaine est Di (Photo: Manuel Verreydt)
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Le Théâtre français de Toronto (TfT) ouvre l’année 2018 avec la pièce Le Dire de Di, d’après un texte du Franco-Ontarien Michel Ouellette, mis en scène par Joël Beddows, le directeur du TfT, et interprété par Marie-Ève Fontaine.

Seule sur scène

Cette dernière, originaire de Winnipeg, sera seule sur scène, où elle interprétera le personnage de Di, une adolescente vivant dans une campagne du Nord imaginée par Michel Ouellette.

Actrice mais aussi marionnettiste, la jeune Marie-Ève Fontaine est «la bonne actrice pour ce rôle» selon Joël Beddows, qui se confie à L’Express. «Elle à sa propre vision du travail corporel, du regard».

Mais la jeune femme ne sera pas seulement voix et enveloppe. En tant qu’actrice, l’identification avec le personnage de Di est nécessaire, et Marie-Ève en parle avec poésie dans un texte intitulé Cahier 11 dont voici un extrait:

«Il y a Moi. Moi pour Marie-Ève. Je suis une sorte de prêteuse de corps, une diseuse à gages, et c’est à travers Moi que Di viendra au monde cette fois-ci. Mais avant de consentir à ce qu’elle glisse entre les lèvres de ma bouche incubatrice, nous devons nous apprivoiser.»

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Elle explique à L’Express: «J’ai écrit ce texte de façon spontanée, après la lecture du texte de Michel Ouellette. Ses mots ont collé à ma peau tout de suite, cette virevolte du langage, ce plaisir de lire instantané.»

Elle dit être «restée bloquée à 14, 15 ou 16 ans», ce qui facilite sans doute la connexion entre l’héroïne imaginaire et l’actrice.

Michel Ouellette
Michel Ouellette

Fin du monde

Avec Le Dire de Di, Joël Beddows monte pour la quatrième fois un texte de Michel Ouellette. Selon lui, cette pièce constitue «le meilleur texte à ce jour de ce grand dramaturge» originaire de Smooth Rock Falls, qui habite depuis plusieurs années à Gatineau.

Il compare Michel Ouellette à Joseph Steinbeck ou encore Michel Tremblay: «Le Dire de Di se passe dans le vrai monde, mais ce monde est vu à travers les yeux d’une adolescente et elle choisit de le décrire par son langage à elle, très poétique.»

Conte aux aspects fantastiques, poésie surprenant par son ironie, Le Dire de Di raconte la fin d’un monde, celui de l’héroïne Di. Son monde, c’est un univers de pauvreté rurale. Sa fin, c’est l’arrivée d’une compagnie minière.

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Le propos est écologiste et social, il pose la question de la survie, en tant qu’espèce, dans un environnement en pleine destruction. «On n’est pas loin d’une réalité très contemporaine.»

«Philosophie de terroir»

On retrouve dans le texte de Ouellette une certaine philosophie de vie, mais selon Joël Beddows, c’est une «philosophie de terroir», une philosophie sans prétention, penser pour vivre dans un environnement naturel.

Michel Ouellette et Joël Beddows sont tous deux originaires du Nord de la province, et c’est le symbolisme naturel présent dans les textes de l’auteur qui parle au directeur artistique du TfT. «Je me reconnais en Di, c’est une enfant sauvage en harmonie avec son environnement, qui n’a pas besoin de la ville.»

Marie-Ève Fontaine, quant à elle, admire l’authenticité de Di, qui «n’a pas d’idées préconçues. Elle ne connaît que son environnement, qui, comme elle, est authentique.»

Joël Beddows (Photo: Manuel Verreydt)
Joël Beddows (Photo: Manuel Verreydt)

Une histoire d’amour

«Si on me demandait de quoi parle Le Dire de Di, je dirais d’abord que c’est une histoire d’amour», indique Joël Beddows. Une histoire d’amour entre Di et «la mauvaise personne», Peggy, qui va contribuer malgré elle à la fin du monde de Di.

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«Vous avez déjà vécu, malgré vous, une histoire d’amour avec une personne qui vous fait du mal malgré elle?», demande-t-il.

La pièce sera jouée du 24 au 28 janvier 2018, au théâtre Berkeley, avant de partir pour Ottawa. Billets en vente sur le site du TfT.

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