La fin du monde le 21 décembre 2012?


22 mai 2012 à 15h53

Voilà un sujet qui, depuis des mois, suscite débats et controverses dans certains milieux, férus d’ésotérisme ou prêts à «avaler toutes les couleuvres» qui se présentent, c’est-à-dire à accepter comme des vérités n’importe quelles déclarations.

En voici un exemple donné par le site Web «Fin du monde».

«2012, Selon les dires de plusieurs Oracles comme Nostradamus ou encore la Sybille, la fin du monde ou l’apocalypse serait prévue pour le 21 décembre 2012 ! L’un des plus anciens calendriers de l’histoire tire à sa fin. Le 21 décembre de l’an 2012, selon leurs traditions, les Mayas indiquent un changement radical et global à l’échelle mondiale. Au solstice de l’hiver 2012, ils confirment sans équivoque la FIN DU MONDE tel que nous le connaissons aujourd’hui.»

Des prédictions innombrables

Il faut tout d’abord préciser que l’on a prévu la fin du monde un grand nombre de fois depuis des siècles, et qu’il n’y a donc rien de nouveau à en entendre une de plus par les temps qui courent, celle du calendrier maya. Elle ne fera que s’ajouter à la liste déjà longue de toutes celles qui n’ont pas abouti.

L’historien français Luc Mary, spécialiste de l’antiquité gréco-romaine, a répertorié 183 fins du monde depuis la chute de l’Empire romain. On trouve de tels prophètes de malheur en France, en Corée, en Ukraine, au Japon, en Inde, en Allemagne aux États-Unis et au Canada. On l’a échappé belle, jusqu’à présent.

Les calendriers mayas

L’affaire du calendrier maya semblait, pour certains, plus sérieux que ces farfeluteries dont nous n’avons donné que quelques exemples.

De quoi s’agit-il? D’un sujet complexe, et il n’est pas question d’entrer ici dans une explication détaillée des calendriers de la civilisation maya. Les lecteurs intéressé trouveront de nombreux sites sur Internet en consultant «Calendrier maya».

Car les Mayas, pour lesquels le temps avait une très grande importance, utilisaient plusieurs calendriers: un calendrier court de 13 mois de 20 jours, qui servait à des fins divinatoires et religieuses; un calendrier classique de18 mois de 20 jours, suivis de 5 jours vides, correspondant à notre calendrier solaire; et un calendrier long.

Et la fin…

Ce calendrier long est celui qui a donné lieu aux spéculations sur la fin du monde. «Extrêmement précis, et basé sur des cycles bien plus longs que ses deux homologues, ce système calendaire propre aux mayas repose sur leurs croyances cosmogoniques, dans lesquelles les divinités refaçonnent régulièrement le monde.»

Il définit la période de création dans laquelle nous nous trouvons. Un archéologue britannique, spécialiste de la culture maya, a établi en 1950 que l’origine du cycle actuel se situait à une date correspondant au 11 août – 314 de notre ère.

Avec quelques calculs complexes à partir de l’origine de ce cycle d’exactement 1 872 000 jours, «on» en a déduit que la fin de ce cycle correspond avec exactitude au 21 décembre 2012 de notre calendrier… et donc celle de notre monde!

Une erreur d’interprétation

Mais un archéologue de l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire du Mexique, Orlando Casares, a fait savoir que cette prédiction de la fin du monde était une erreur d’interprrtation historique, qu’il a expliqué scientifiquement, d’après le mode de calcul cyclique du temps des Mayas, basé essentiellement sur l’observation des étoiles.

«Pour les Mayas il n’y avait aucune conception de la fin du monde avec cette vision cyclique, a-t-il déclaré. Une ère a 5 125 jours, quand elle se termine, il en commence une nouvelle.

Le calendrier ne prédit pas les catastrophes qui se passeront; seuls les faits de la vie quotidienne, qui peuvent être bonnes ou mauvaises, se répètent.» (Cité par Lastdays 2012.com, http://fr.lastdays2012.com/prediction/calendrier-maya-erreur-interpretation)

On peut se demander, logiquement et rationnellement, comment le calendrier d’une civilisation ancienne pourrait prédire la fin du monde. «En effet, la prédiction maya n’est pas basée sur des découvertes archéologiques, mais des erreurs, intentionnelle ou non, d’interprétation.»

Découvertes récentes

Et de récentes découvertes viennent confirmer ces faits.

Des archéologues étatsuniens ont découvert les plus anciens calendriers mayas connus, sur les murs d’une habitation au Guatemala, rapporte le numéro de Science du 11 mai 2012 : «Ancient Maya Astronomical Tables from Xultun, Guatemala».

«Les anciens Mayas prédisaient que le monde continuerait et que dans 7 000 ans les choses seraient exactement comme elles sont…Certains d’ailleurs dépassent l’an 3500 de notre calendrier… Nous sommes aujourd’hui toujours en quête de signes que le monde va s’arrêter alors que les Mayas recherchaient au contraire des assurances que rien ne changerait, c’est un état d’esprit totalement différent», d’expliquer l’archéologue William Saturno.
Fin d’un monde

Certes, notre monde finira par disparaître, avec la fin de notre soleil, dans quelques millions d’années, sans doute. D’ici là, les humains, s’il en reste, auront peut-être trouvé le moyen de se rendre sur une exo-planète habitable!

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Un voyage en images à travers les chefs-d’œuvre de la peinture

Éditions Flammarion
Un nouveau livre parcourt l'histoire de la peinture en repérant dans le temps et dans l'espace quelques-uns de ses plus célèbres chefs-d'œuvre.
En lire plus...

9 décembre 2018 à 11h00

Une écriture comme ça et pas autrement

Robert Lalonde
Écrivain et comédien, Robert Lalonde est connu pour ses romans et nouvelles qui explorent presque toujours une facette subtile, étrange ou troublante de son...
En lire plus...

9 décembre 2018 à 9h00

Quiz : Droits de l’homme

Testez vos connaissances sur les droits de l'homme.
En lire plus...

9 décembre 2018 à 7h00

Un premier Salon international du Livre à Jacmel

Salon du Livre Jacmel Haiti
Du 31 octobre au 2 novembre, la ville de Jacmel (Sud-Est d'Haïti), inaugurait son 1er Salon international du livre sur le thème «Ville et...
En lire plus...

8 décembre 2018 à 11h00

Banksy, l’artiste de rue imprévisible

Banksy le phénomène de l'art de rue
Lors d'une vente aux enchères chez Sotheby's à Londres, le 5 octobre dernier, la fameuse toile de Banksy, Fille avec ballon, s’est complètement autodétruite...
En lire plus...

8 décembre 2018 à 9h00

Melinda Chartrand réélue à la présidence de MonAvenir

Melinda Chartrand et Geneviève Grenier ont été reportées à la présidence et la vice-présidence du Conseil scolaire catholique MonAvenir.
En lire plus...

7 décembre 2018 à 15h55

Les manifs n’ont pas empêché l’adoption de la loi 57

1er décembre 2018
La mobilisation franco-ontarienne n’a pas ému le gouvernement conservateur de l’Ontario, qui a fait adopter, jeudi, sa loi 57.
En lire plus...

7 décembre 2018 à 15h05

La musique afro s’affirme au gala Kilimandjaro

musique afro
Le gala bilingue des Kilimandjaro Music Award, qui en était à sa 3e édition, a déroulé le tapis rouge pour les artistes de la...
En lire plus...

7 décembre 2018 à 13h00

Plusieurs politiciens québécois appuient la résistance franco-ontarienne

1er décembre 2018
Une délégation de parlementaires québécois est venue appuyer les revendications franco-ontariennes le 1er décembre.
En lire plus...

7 décembre 2018 à 11h00

On passe de 2 à 7 fois plus de temps sur nos téléphones qu’on le pense

asiatique
Les «auto-évaluations» du temps passé sur nos téléphones contrastent grandement avec celles de l'appareil.
En lire plus...

7 décembre 2018 à 9h00

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur