La culture noire à l’honneur

La dérive douce d’un enfant du Petit Goâve

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Créé en 2005 par la fondation Fabienne Colas, le Festival international du Film Black de Montréal présente chaque année plus de cent films ou documentaires provenant d’une quarantaine de pays. Avec pour chacune des œuvres sélectionnées, l’idée de lever le voile sur les réalités des communautés noires partout dans le monde.

À l’occasion des dix ans de cet évènement culturel devenu incontournable, une rétrospective de six longs-métrages et cinq courts-métrages qui ont marqué les festivaliers est présentée à Toronto et à Montréal, à partir du 30 juillet.

Chaque projection sera suivie par une rencontre avec le réalisateur, qui sera là pour répondre aux questions du public sur son processus créatif, son inspiration, et sur l’engagement pour une cause qu’il exprime à travers son œuvre.

«Nous avons voulu mettre en avant des films canadiens, et des films engagés. C’étaient nos deux critères pour la sélection de cette rétrospective», explique Fabienne Colas, qui est aussi actrice, réalisatrice et productrice.

Au travers des festivals du film black montréalais et torontois, elle donne la parole aux réalisateurs, aux artistes qui bâtissent leurs œuvres sur l’identité du peuple noir. «Même si le peuple noir est multiple, nous portons un fardeau collectivement, celui de notre couleur de peau qui porte un symbolisme. Nous vivons tous la même ségrégation, le même racisme.»

Dans les onze films qui forment la rétrospective, tous ont un côté unique, tous sont un pari risqué du réalisateur. Certains sujets sont tabous au sein même de la communauté noire, comme l’homosexualité, et les réalisateurs risquent parfois leur propre vie pour exprimer leur opinion, pour raconter une histoire. «Le festival est une chance, pour ceux qui ne connaissent pas la réalité du peuple noir, de s’enrichir de productions qu’ils ne verront jamais ailleurs. Parce que ce cinéma-là n’est pas assez mis en avant dans les festivals généralistes.»

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Cette problématique est au centre de l’action à laquelle Fabienne Colas consacre sa vie. Si la diversité est palpable dans les grandes villes canadiennes, elle est trop peu représentée dans les médias audiovisuels, et notamment au cinéma et à la télévision. «On dit que la télé est le miroir du peuple, mais lorsqu’une famille noire allume son poste, elle voit tout le monde sauf elle! C’est comme si elle était effacée de la photo de famille, et cela donne un sentiment d’exclusion.»

La rétrospective s’ouvre à Toronto sur un film en langue française de Pedro Ruiz, La dérive douce d’un enfant du Petit Goâve, le 30 juillet au cinéma Carlton (voir le texte sous l’affiche). Un film poétique, sur le parcours de l’écrivain Dany Laferrière, qui ne laisse personne indifférent.

Toronto accueillera ensuite le 17 septembre A Winter Tale, puis le 26 novembre La couleur du temps et Blancs et noirs, crime de couleur.

Cette sélection consacre, pour Fabienne Colas, le combat d’une vie: «Grâce à la fondation on a projeté les œuvres de plus de 2000 artistes, et nous avons permis aux artistes de rencontrer un public, et au public de vivre de grands moments: c’est ma plus grande joie.»

Billets: www.montrealblackfilm.com/retrospective/fr/#!ticket.html

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