Jeunesse: la créativité contre le chaos de la réalité

Les Zinspirés: 6 degrés de séparation au TfT

Les auteurs «zinspirés»: Catalina Lu, Anca Maglaviceanu, Amando Muheto, Maxime Cardinal et Adèle Lukusa. (Photo: Chanda Gibson)

Les auteurs «zinspirés»: Catalina Lu, Anca Maglaviceanu, Amando Muheto, Maxime Cardinal et Adèle Lukusa. (Photo: Chanda Gibson)


27 novembre 2017 à 14h00

Les Zinspirés, une production originale du Théâtre français de Toronto qui, chaque année depuis six ans, met en scène des textes de jeunes auteurs adolescents ontariens, revient du 1er au 9 décembre au théâtre de la rue Berkeley, avec pour titre Six degrés de séparation.

Chanda Gibson a mis en scène cinq textes choisis parmi près de 100 participations. Les thèmes explorés cette année sont ceux de l’émancipation et de la survie dans un environnement parfois hostile pour les jeunes.

«Parmi les cinq textes mis en scène cette année, on compte trois comédies (Monet Monet, de Catalina Lu, Une soirée avec Jésus, d’Anca Maglaviceanu, et Trouvons l’amour, d’Adèle Lukusa), dont une absurde, et deux drames (Ma maison, de Maxime Cardinal, et Hugues à la recherche de la liberté, de Armando Muheto), dont un très poétique», indique à L’Express Chanda Gibson.

Chanda Gibson, metteure en scène
Chanda Gibson, metteure en scène (Photo: Manuel Verreydt)

De la comédie au drame

Pour passer de la comédie au drame, Chanda a composé avec des liens, des maillons, qui selon elle évoquent la théorie des six degrés de séparation.

«On a mis en place deux niveaux de jeu: le comédien en tant qu’acteur qui joue un personnage dans chaque scène, et le comédien en tant qu’individu qui développe une réflexion dans les transitions entre chaque scène, pour plus de fluidité.»

Ce qui lie les cinq contes, en plus des transitions scéniques, c’est le thème de cette année, la séparation. Chanda a donc travaillé l’interconnectivité des contes.

Une interconnectivité qui s’établit entre les personnages bien sûr, mais la metteure en scène a souhaité établir les liaisons entre chaque récit de manière «plus subtile qu’un personnage qui revient d’une histoire à l’autre».

La lumière, la musique, et les objets, illustrent donc l’homogénéité générale des Six degrés de séparation, berçant des histoires pourtant singulières.

«La musique revient d’une scène à l’autre, ainsi que certains objets qui passent entre les mains de personnages appartenant chacun à un monde différent. Enfin, il y a les lumières, sur deux niveaux, qui à la fois isolent et rassemblent les plateformes», explique Chanda.

Une interconnectivité moins concrète mais efficace, pour rappeler aux spectateurs le défi des Zinspirés: explorer un thème analogue à la jeunesse au travers de récits distincts, écrits par des jeunes.

Les comédiens: Constant Bernard, Mélanie Paiement, Mathieu Bourassa, Meilie Ng et Nabil Traboulsi (Photo: Manuel Verreydt)
Les comédiens: Constant Bernard, Mélanie Paiement, Mathieu Bourassa, Meilie Ng et Nabil Traboulsi (Photo: Manuel Verreydt)

L’émancipation, à plusieurs degrés

Le thème de l’émancipation est travaillé dans les textes, mais a également été expérimenté par les auteurs qui ont démontré dans leur rédaction, selon Chanda, un «désir de s’éclater, de sortir de la réalité quotidienne».

Elle s’explique: «Politiquement, socialement, on dénote actuellement beaucoup de chaos. Les jeunes auteurs se sortent de ce chaos-là dans, et de par leurs textes.»

Une volonté de s’évader, et de prendre la parole pour ouvrir la voie, c’est donc aussi ce qui rassemble les cinq textes mis en scène par Chanda Gibson.

«Un des textes dramatiques explore le sujet du déracinement. La question qui se pose dans ce contexte est ‘où s’enraciner?’», souligne Chanda.

C’est un aspect de l’émancipation. Une séparation forcée par la guerre, qui pousse à se raccrocher à quelque chose, mais à quoi?

Dans les cinq histoires, il est question d’une transformation, tous les personnages y sont en émergence. D’après Chanda, «on retrouve une réflexion sur cette transformation, et surtout ce qui la véhicule».

Fière de «ces jeunes, qui ont démontré une créativité et un courage sans bord, mais surtout qui ont développé une prise de position importante», Chanda espère que cette inspiration sera retranscrite sur scène auprès du public.


Les Zinspirés: 6 degrés de séparation : du 1er au 9 décembre au théâtre de la rue Berkeley, avec des représentations pour le grand public et surtitrées en anglais les 1er, 6 et 9 décembre.

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