La Cadillac des universités

Cadillac

Antoine Laumet de Lamothe Cadillac


19 mars 2018 à 9h00

Au lendemain du débat sur l’Université de l’Ontario français à Radio-Canada, le 6 mars, on peut se questionner sur la solidarité des divers intervenants, communautaires et/ou académiques. Il est clair, par exemple, que le concept de coexistence n’est pas compris de la même façon par tous les acteurs.

Le nom que devrait porter la nouvelle université a aussi été brièvement et légèrement soulevé.

La Fédération de la jeunesse franco-ontarienne a noté que le Collège Algonquin avait cessé d’être bilingue lorsque La Cité a ouvert ses portes, et que la même règle devrait s’appliquer peu après la création de la nouvelle université de langue française en 2020.

Or, l’Université d’Ottawa, l’Université Laurentienne et le Collège Glendon n’adopteront pas cette position; on va se marcher allègrement sur les pieds.

On a souligné que, pour atteindre une masse critique, la nouvelle université va devoir compter sur la venue d’étudiants étrangers et d’étudiants diplômés des écoles d’immersion. Cette clientèle est déjà courtisée par les institutions en place.

Le débat a aussi laissé entendre que c’est «la personnalité» de l’Université franco-ontarienne ou l’Université de l’Ontario français ou l’Université Franco – on l’a appelée de toutes ces façons – qui sera son pôle d’attraction.

Je laisse aux spécialistes et à ceux qui ont fait des études de marché le soin de démêler l’imbroglio dans lequel semble se diriger la future université. Je reconnais qu’il ne se crée pas une nouvelle institution de haut savoir à tous les dix ou vingt ans et qu’il faut profiter de cette opportunité unique appuyée par les trois partis politiques pour oser sortir des sentiers battus. Il faudra se mettre en mode créativité.

Grand débat Radio-Canada Université de l'Ontario français
Grand débat le 6 mars dans l’atrium de Radio-Canada sur l’Université de l’Ontario français.

Comme l’a souligné un intervenant lors du débat, le nom de la nouvelle université en anglais serait University of French Ontario (UFO), donc «unidentified flying object». Blague à part, on sait que si un vocable francophone est composé de trois mots ou plus, on opte automatiquement pour son acronyme. Université de l’Ontario français deviendrait UOF, pas très accrocheur.

Je ne parle pas de l’Université franco-ontarienne (UFO), car le nom serait sémantiquement incorrect: cela voudrait dire une institution créée par la France et l’Ontario. De plus, vous savez comme moi que des milliers de francophones en Ontario refusent de s’appeler Franco-Ontariens, ils se disent plutôt Québécois, Acadiens, Haïtiens, etc. L’expression «Franco-Ontarien» n’a jamais réussi à être rassembleuse.

À mon avis, la nouvelle université devrait porter le nom d’une personnalité de notre patrimoine francophone.

Non, je ne songe pas à l’Université Champlain ou Étienne-Brûlé. L’un et l’autre n’ont rien fait pour faire éclore la langue française dans notre contrée.

C’est Antoine Laumet de Lamothe Cadillac qui a amené les premiers colons français sur le territoire qui est aujourd’hui l’Ontario. L’Université Cadillac, voilà un titre significatif, qui ne se traduit pas et qui est accrocheur: notre université sera une Cadillac, un fleuron!

Vous me direz sans doute qu’il faut d’abord définir ses programmes, son public et sa relation avec les autres institutions postsecondaires; le nom peut bien attendre, n’est-ce pas? Pas nécessairement! Le vocable peut être inspirant, inciter les acteurs à chercher le meilleur, la Cadillac des programmes par exemple.

On rêve et on ose dans une Cadillac.

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