Kepler-186f: une cousine avec beaucoup de secrets

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Autant la découverte d’une planète «dans la zone habitable» d’une autre étoile enflamme l’imagination, autant il est important de se rappeler qu’on ne sait encore à peu près rien d’elle. L’exploit, c’est d’avoir détecté cette petite planète.

Ce que l’équipe internationale d’astronomes dirigée par la Californienne Elisa Quintana a annoncé le 17 avril dans la revue Science se résume à ceci: la découverte d’une planète d’une taille similaire à la Terre (10% plus grosse), tournant à «la bonne distance» de son étoile, c’est-à-dire la distance permettant à cette planète de n’être ni trop chaude, ni trop froide, juste assez pour avoir de l’eau liquide.

Mais y a-t-il de l’eau, des continents, de l’oxygène, ou même une atmosphère? On n’en sait rien à ce stade. 

Comme l’explique l’astronome Phil Plait: «Les autres choses qu’il nous faudrait savoir sont sa masse, à quoi ressemble l’atmosphère et la température à la surface.

La gravité d’une planète dépend de sa masse, et d’une certaine façon, l’atmosphère dépend de la gravité. Malheureusement, nous ne connaissons ni l’une ni l’autre.»

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Cette planète-ci est appelée Kepler-186f, parce qu’elle a été détectée par le chasseur de planètes qu’est le télescope spatial Kepler, parce qu’elle tourne autour de la 186e étoile où Kepler a détecté au moins une planète, et parce qu’elle est la cinquième à être détectée autour de cette étoile (il n’y a pas de planète «a»).

Quant à l’étoile, située à 490 années-lumière d’ici, c’est une naine rouge, c’est-à-dire une étoile qui fait environ la moitié de la taille de notre Soleil.

Donc, une étoile plus froide, ce qui explique le calcul des découvreurs dans Science: bien qu’ils placent cette planète beaucoup plus près de son étoile que nous (53 millions de kilomètres contre 150 dans notre cas), cela constitue, dans ce système solaire «plus froid», la distance idéale.

Et encore, pas tout à fait, puisque la planète est en réalité située près de «la limite extérieure de la zone habitable»: ce qui veut dire un monde en moyenne beaucoup plus froid que le nôtre.

Une note d’optimisme soulignée par le communiqué de la NASA: cette classe d’étoiles représente 70% des étoiles de notre galaxie.

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Ce n’est pas la première fois qu’une planète est estimée se situer dans cette zone critique où l’eau pourrait être liquide, et non glacée: il y en a maintenant une cinquantaine et la liste s’allonge. Mais c’est la première planète qui soit de la bonne taille: au-delà d’un certain seuil, une planète trop grosse, comme Jupiter, est plutôt une boule de gaz.

Et même être de la bonne taille n’est pas une garantie: dans notre système solaire, Vénus est considérée faire partie de la «zone habitable». Mais Vénus, au contraire de la Terre, a mal tourné, avec une atmosphère de dioxyde de carbone qui lui procure un effet de serre infernal.

De fait, le sort de Vénus démontre que même si on peut déduire que Kepler-186f est une boule de roche aussi solide que la Terre et que sa température à la surface pourrait ressembler à la nôtre, la zone de spéculation demeure énorme, rappelle le New York Times: «Avec sa plus grande masse, Kepler-186f pourrait avoir une atmosphère plus épaisse pour compenser. Les naines rouges émettent davantage de lumière dans les fréquences de l’infrarouge, ce qui serait plus facilement absorbé et emprisonné par la glace et par des gaz comme la vapeur d’eau et le dioxyde de carbone. Cela rend la planète plus efficace pour absorber l’énergie de son étoile, ce qui lui évite de geler.»

Si on doit en savoir plus sur cette planète, ce ne sera pas grâce à Kepler. Sa mission a pris fin en mai 2013 avec une défaillance technique. Entre-temps, il a accumulé suffisamment de données pour que les astronomes soient encore en train de les éplucher. À lui seul, il aura permis de confirmer 960 nouvelles planètes, et plus de 2800 sont encore sur la liste des «candidates».

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