Kandinsky: le fondateur de l’art abstrait

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D’aucuns l’appellent le grand maître de l’art abstrait. On le qualifie aussi de peintre hors cadre, de pionnier de l’art du XXe siècle, de musicien des couleurs, de théoricien d’art éminent et d’autres qualificatifs élogieux. Il mérite donc de retenir notre attention.

Suivons le guide!

L’occasion de découvrir Wassili Kandinsky nous est offerte par un petit livre agréablement présenté, qui, en moins de 100 pages, nous trace les grandes lignes de la vie et de l’œuvre de ce peintre russe: Kandinsky, Éditions Taschen International 2012. La couverture titre et celle du dos représentent deux œuvres de l’artiste.

Les six chapitres de l’ouvrage suivent la chronologie de sa vie et fournissent des repères importants pour découvrir le parcours de ce peintre novateur, de 1866 à 1944, et serviront de fil conducteur et de références, de Moscou à Paris, de l’impressionnisme à l’abstraction.

Les couleurs

Wassili Kandinsky naît à Moscou le 4 décembre 1866, à une époque florissante sur le plan culturel et économique, au temps de l’empereur Alexandre II (1855-1881).

Son père faisait le commerce du thé. En 1869, l’enfant fait un voyage en Italie, qui va développer sa sensibilité aux couleurs. Il s’en souviendra ainsi: «vert clair dégradé, blanc, rouge, carmin, noir, ocre».

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«Cette faculté de se souvenir des couleurs et plus tard des tableaux ne le quittera plus de toute sa vie et constituera une source essentielle de son inspiration créatrice.»

Et Moscou sera sa ville aimée, «Mère Moscou», comme titre un chapitre, devient une première source d’inspiration.

Bouleversement

Deux événements vont marquer à jamais sa sensibilité tout en éveil. Le tableau de Monet, La Meule de foin, présenté à l’exposition impressionniste de 1896 lui donne un choc en le déroutant et le fascinant: «Ce qui m’était parfaitement clair, c’était la puissance insoupçonnée de la palette qui m’avait jusque-là été cachée et qui allait au-delà de tous mes rêves… Inconsciemment aussi, l’objet en tant qu’élément indispensable du tableau en fut discrédité.»

L’autre événement «bouleversant qui porta sa sensibilité au paroxysme fut la représentation de l’opérera de Wagner, Lohengrin».

«Je voyais en esprit, écrit-il, toutes mes couleurs qui se tenaient devant mes yeux. Des lignes sauvages, presque folles se dessinaient devant moi.»

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De la métamorphose…

En 1896, Kandinsky, âgé de 30 ans, se rend à Munich étudier l’art. Cette ville connaît alors un véritable bouillonnement culturel et artistique, et Kandinsky aura l’occasion d’apprendre le dessin, qui ne lui plaît guère, la peinture, qui l’enthousiasme davantage, et de faire la connaissance d’artistes réputés.

Il s’initie à la technique de la gravure sur bois, «qui va lui permettre de styliser les formes tout en leur donnant une dimension symbolique». Tout au cours de cette période, on assiste à une évolution des productions de l’artiste, illustrée dans les reproductions et les textes de l’ouvrage qui, sous le titre Métamorphose, couvre les années 1896-1911.

… à l’abstraction

En 1911, avec le peintre Franz Marc, Kandinsky publie un manifeste, Der Blaue Reiter (Le cavalier bleu), titre choisi parce que «nous aimions tous les deux le bleu, Marc aimait les chevaux, moi les cavaliers».

Sous ce nom, se regroupent des peintres d’avant-garde. Kandinsky repense ce qu’est un tableau: «un assemblage de formes colorées et dessinées qui existent chacune pour soi, qui sont nées d’une nécessité intérieure et qui, par la vie commune ainsi crée, composent un tout que l’on nomme tableau».

Peu à peu, petit à petit, Kandinsky élabore une nouvelle forme d’art qui s’éloigne des représentations figuratives, pour s’exprimer selon les principes des couleurs et du dessin analytique. Encore une fois, les illustrations de l’ouvrage permettent de suivre ce cheminement.

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Suite et fin

Après un court séjour en Russie soviétique, de 1914 à 1921, Kandinsky revient en Allemagne.

Il accepte de venir enseigner au Bauhaus, un institut des arts et des métiers fondé en 1919 à Weimar, où il retrouve notamment Lyonel Feininger (voir L’Express du 21 février 2012).

En 1926, il publie Point, ligne, plan. Pour une grammaire des formes, un ouvrage dans lequel il développe sa théorie de l’abstraction méthodique, en mettant en relation les éléments géométriques élémentaires que sont pour lui ces trois objets.

On peut y lire, par exemple: «Le point s’incruste dans le plan originel et s’affirme à tout jamais. C’est pour cela que le point est au sens extérieur et intérieur l’élément premier de la peinture et spécifiquement des arts graphiques.»

Les lignes verticales sont associées au vital, ce sont des lignes chaudes; horizontales, elles correspondent à l’état statique, à la froideur. Les diagonales sont des lignes modérées et tendent vers le froid ou le chaud selon leur disposition.

Mais les nazis ferment le Bauhaus. Kandinsky se réfugie en France. Le 13 décembre 1944, à 78 ans, l’artiste décède à Neuilly-sur-Seine.

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