Josée Duranleau solo à la galerie Céline-Allard

Réflexions spirituelles et hommages aux femmes


5 novembre 2013 à 10h03

À partir de vendredi, la galerie Céline-Allard du Centre francophone de Toronto accueille une presque nouvelle venue dans la famille des artistes francophones torontois. Josée Duranleau y tient sa première exposition solo jusqu’au 28 novembre. Intitulée Méditations et Inspirations, elle présente plusieurs séries de collages.

Le collage a toujours été la passion de Josée. À 20 ans, elle s’en servait pour fabriquer des cartes de souhaits. Puis elle a passé dix ans dans un groupe de percussions… avant d’avoir l’envie de reprendre sa première passion.

En janvier 2012, elle suit un cours au Musée des beaux arts de l’Ontario qui va faire basculer son travail dans les techniques mixtes. «Je me m’y suis sérieusement mise», lance-t-elle en riant. L’utilisation d’estampes et de peintures enrichit sa démarche artistique.

Josée a d’abord travaillé sur une série de Bouddha, qui fait partie de l’exposition. Elle pourrait correspondre au terme Méditation. Bien que n’étant pas bouddhiste, Josée a toujours été intéressée par l’aspect spirituel de cette pensée. Découvrant que Bouddha avait une incarnation féminine, Tara, l’artiste s’est appliquée à l’inclure dans sa série.

Hommage à sa mère

L’aspect Inspiration concerne surtout les deux séries de l’exposition. L’une reprend des photos des années 1920 et avant de femmes, du temps des coupes à la garçonne et de la fin du corset. L’autre est un hommage à sa mère.

Josée a récupéré des photos d’elle du temps de sa jeunesse. Inspirée, elle a décidé de les utiliser dans ses collages. Des œuvres qui permettent à la fille de redécouvrir sa mère sous un autre jour. «Ces photos datent d’une époque où je n’étais pas là. Je ne connais pas la femme qu’elle était alors. Elle a 81 ans maintenant, je ressens le besoin de retracer son histoire. Ça a renforcé nos liens.»

Ce que Josée admire surtout chez sa mère, c’est sa beauté et son style. «Ma mère a une mémoire incroyable concernant ses vêtements. Chaque fois qu’elle me raconte une histoire, elle me dit comment elle était habillée. C’est une personne très coquette, et travailler avec les photos de sa jeunesse et ça se voit dans ses photos de jeunesse.»

Unité temporelle

Pour les collages sur les années 1920, Josée a passé des heures sur Internet, scrutant et capturant les images qui la «toucheraient». Ces femmes, elle ne les connaît pas, et pourtant, elle s’est assez documentée sur la période pour tenter de les comprendre. «J’ai lu la biographie de Joséphine Baker, ça m’a fasciné.»

Elle accorde une très grande importance à l’unité temporelle dans ses œuvres. Toutes les images superposées et agencées sont de la même époque. «Il faut qu’il y ait une connexion entre les pièces pour que ça fonctionne», ajoute l’artiste.

Un motif revient régulièrement dans son travail: le papillon. Elle-même ne sait pas trop comment l’expliquer. Un symbole de légèreté et de métamorphose qui est apparu de lui-même dans sa série sur Buddha et Tara… et qui continue de poser sa marque sur ses autres collages. «Les années folles ont aussi été une année de transformation pour les femmes de l’époque.»

Premiers prix

Josée a déjà participé à plusieurs expositions de groupe. Lors de la dernière en date, Toronto The Beautiful, à la KUMF Gallery, ses deux œuvres présentées ont obtenu la première place. Pour l’exposition à la galerie Céline-Allard, Josée a également reçu une subvention du Conseil des arts de l’Ontario.

Et le vernissage de sa première exposition n’a pas encore eu lieu que Josée pense déjà à ses prochaines oeuvres. Elle a retrouvé des «mug shot», ces clichés que la police prend avant de placer le suspect en détention, datant des années 1920. «Les hommes ont de vraies têtes de gangster, je pense que je peux faire quelque chose avec ça.»

Mais d’abord, elle sera présente les 8 et 9 novembre à la galerie Céline-Allard (20 Lower Spadina) pour rencontrer le public.

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