Joli méli-mélo d’indices, de calculs, de romances et de médisances


31 janvier 2012 à 11h59

Claude Forand a d’abord mis en scène le sergent Roméo Dubuc dans Le cri du chat (Triptyque 1999), puis dans Ainsi parle le Saigneur (David, 2006). Ce détective revient maintenant dans Un moine trop bavard (David, 2011), toujours avec son comparse Lucien Langlois.

Cette fois, ils enquêtent sur le sordide meurtre d’un moine, survenu dans la petite communauté du monastère du Précieux-Sang, à Chesterville, P.Q. Cette nouvelle aventure policière saura plaire aux jeunes et moins jeunes amateurs d’intrigues complexes.

Le Frère Adrien meurt dès le premier chapitre, mais ne disparaît pas de la circulation. On apprend plein de choses à son sujet au fil des autres chapitres.

«Il ne souffrait pas seulement d’une obésité morbide, mais il éprouvait des problèmes cardiaques sérieux, souffrait d’hypertension artérielle grave et son taux de mauvais cholestérol LDL défonçait le plafond. […] Le Frère Adrien était une bombe à retardement.»

Il y a aussi une intrigue à retardement qui éclate en pleine face de l’Abbé Bernard: de la cocaïne dissimulée à l’intérieur des crucifix que le monastère produit et distribue aux États-Unis.

À n’en point douter, certains moines s’y connaissent en poudre blanche ou… d’escampette.

Claude Forand excelle dans l’art des descriptions concises, dont voici un bel exemple: «Le Frère Hubert était court, bedonnant et ses yeux de hibou, exorbités et très mobiles, donnaient l’impression d’être constamment aux aguets.»

Quant au Frère Adrien, il aurait fait un excellent politicien. «Il avait ça dans le sang, Sans parler qu’il bavardait comme une pie. C’était vraiment un moine trop bavard…»

Le moine assassiné n’est pas le seul à être trop bavard. Il y en a un qui est trop au courant de certaines magouilles et qui a du mal à retenir sa langue devant les sergents Dubuc et Langlois.

Ces derniers enquêtent dans un monastère, mais au fur à mesure que leurs fouilles avancent, ils ont plus affaire à une «gang de bandits» qu’à des hommes de Dieu.

Dubuc apprend que les moines prient à divers moments de la journée, selon les heures canoniales: matines, laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres et complies. Autant il y a d’heures canoniales, autant il y a de moines suspects dans son enquête. Ou presque.

Une chose qui m’a un peu surpris dans ce polar est la facilité avec laquelle Manon Pouliot, journaliste du Progrès de Chesterville, obtient des renseignements confidentiels du sergent Dubuc. Elle m’a semblé un peu trop copine avec ce détective pourtant aguerri.

Même si l’enquête est dead serious, l’auteur nous fait parfois sourire en glissant quelques petites remarques, dont celle-ci pour décrire l’étendue de l’expérience de la bouffe ethnique chez le sergent Dubuc: «elle se limite surtout au spaghetti et au pâté chinois…»

Pour rendre son polar encore plus corsé, Claude Forand a prévu des corridors secrets, un tatouage mystérieux et une secte hérétique qui pratique le culte de Baphomet.

Un moine trop bavard est un joli méli-mélo d’indices, de calculs, de romances et de médisances.

Il y a tout lieu de croire que l’auteur mijote déjà une suite à cette enquête policière. Pourquoi? Parce que la dernière page nous apprend que l’Abbé Bernard est rendu en Outaouais, qu’il y fait des choses très rentables et que «personne ne résiste à l’Abbé…»

Claude Forand, Un moine trop bavard, roman polar, Ottawa, Éditions David, coll. 14/18, 2011, 308 pages, 14,95 $.

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