Jeu et éducation

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«Je n’ai pas assez joué»! «Pourquoi faut-il toujours travailler»? Les interjections se multiplient et se déclinent à l’infini. Le «jeu» est l’épicentre du langage et de la vie de l’enfant.

Découvrir un univers de sons et de couleurs avec des tapis bariolés, des mobiles chatoyants, des jeux musicaux. Se déplacer à pied ou en vélo grâce à un «parc à roulettes», un tracteur, un tricycle, puis une bicyclette à côté de laquelle court un adulte. Appréhender les formes au moyen d’objets ludiques, au touché doux ou curieux, aux formes saugrenues et aux couleurs multiples.

L’enfant apprend l’alphabet en chantant, construit avec des briques de formes et couleurs diverses, découvre les sons et l’espace en jetant des objets par terre, en les faisant rouler puis en allant les chercher.…Le jeu éveille ses sens et parfait son apprentissage des premiers éléments de la vie.

La sociabilité se fera aussi par le biais du jeu. Partager un jouet, constituer des équipes autour d’un ballon, échanger des images, des billes. Rencontrer des enfants qui ont d’autres jouets, les inviter à partager ses propres jeux… Tous les prémices de la vie en société sont motifs à jouer et le résultat du jeu.

Pourquoi cela cesse en grandissant?

Cette excitation à découvrir plus et à partager avec davantage de monde s’efface dès lors que des «matières» s’inscrivent au programme. L’école n’est plus un lieu ludique, mais un lieu d’apprentissage.

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En quoi ces deux termes sont-ils antinomiques? Il semble que l’inquiétude des enseignants et des parents à «faire apprendre» le contenu d’un programme en un temps donné prime sur la façon de l’enseigner.

Pour la première fois, l’enfant apprend seul face à son manuel, loin du terrain de jeu. En classe on va lui demander d’écouter davantage que de participer. Des notions nouvelles pour l’enfant, jusque-là acteur de son développement.

Le jeu est laissé à et dans la cour de récréation. La vitalité, le ludique s’opposent à la patience et à la répétition des tâches pour acquérir des notions.

Le temps joue contre nous. Il faut apprendre vite pour ne pas perdre pied. On ne peut plus se permettre de moduler une leçon, un exercice en jeu individuel ou d’équipe. Il faut terminer le programme à la fin de l’année.

L’enfant se cabre. Met de la mauvaise volonté et voit l’apprentissage comme une sanction, un mal à subir, plutôt qu’une réalisation personnelle. Dommage. Car le développement se fera d’autant plus rapidement que l’enfant s’impliquera.

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Peut-on tout transformer en jeu?

Dans un atelier d’écriture que je donnais à des enfants de 6 ans, j’avais proposé en introduction que chaque élève place un Légo où bon lui semble sur une base pour réaliser une construction. En cours de route ou à la fin, la construction s’effritait, se démolissait.

Je leur montrais qu’une phrase était comme une construction de Légo. Il faut une place pour chaque mot pour qu’elle ait de l’allure et qu’elle reste solide. Nous avons joué une heure complète avec les Légo à construire des phrases avec des mots, des sujets, des verbes, des compléments.

On peut décliner le jeu à l’infini pour beaucoup de matières. Mais aura-t-on toujours le temps de canaliser un groupe de trente élèves autour d’un jeu avec des règles sur 1h?

Pourra-t-on créer un jeu de pistes pour chaque problème de mathématiques? Trouver un accessoire pour créer une atmosphère conviviale autour de chaque règle de grammaire?

Le temps. Il réduit considérablement les possibilités de jouer autour d’une notion à acquérir. Il reste le pire ennemi de l’apprentissage et on en vient à dire ou à entendre dire à un enfant, «On ne vous demande pas d’inventer, on vous demande de travailler.»

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Alterner discipline et récréation

Il est aussi important pour un enfant de découvrir l’apprentissage par la concentration et la solitude. De mesurer le résultat à l’effort.

Reste que nous pouvons, parents et enseignants, équilibrer l’apprentissage didactique par des formes plus originales pour maintenir l’intérêt de l’enfant en la matière.

Faire de la planche à roulettes avec lui ou du tir et analyser comment marchent les forces contraires (vecteurs).

Découvrir un pays à travers ses légendes ou ses héros (créer un jeu de pistes autour de Tintin à Bruxelles, de Rebelle en Écosse), revoir les différentes planètes dans un planétarium, apprendre une langue étrangère en écoutant une chanson et en apprenant les paroles, le vocabulaire et la traduction, faire des anniversaires à thème pour revoir une période de l’Histoire (costumes, nourriture, coiffures, jeux autour de thèmes).

Se développer demande des efforts (c’était aussi vrai quand l’enfant apprenait à marcher et à communiquer), mais ne nécessite pas obligatoirement d’écarter le plaisir de méthode.

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