J.L. Blanchard : un chat qui voit rouge

J. L. Blanchard, La Constellation du chat
J. L. Blanchard, La Constellation du chat: une enquête de Bonneau et Lamouche, roman, Montréal, Éditions Fides, 2023, 364 pages, 29,95 $.
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Publié 15/04/2023 par Paul-François Sylvestre

Après Le Silence des pélicans et Les Os de la méduse, J.L. Blanchard nous offre une nouvelle enquête policière de Bonneau et Lamouche en signant La Constellation du chat. Un tueur en série signe ses crimes en dessinant un chat en rouge.

Dès le 8e chapitre sur 63, l’auteur met en scène un certain Félix qui revient à plusieurs reprises dans la narration. On se doute bien qu’il s’agit du tueur en série, mais qu’est-ce qui le pousse à agir?

Il existe des gens qui ont parfois «un motif raisonnable de faire des choses déraisonnables», et c’est ce que Bonneau et Lamouche doivent découvrir.

Une victime qui a beaucoup d’ennemis

La première victime est un politicien dont «le goût du pouvoir coulait à flots ininterrompus dans ses veines». Il cultive l’art de se faire des ennemis. Il défend des idées à contre-courant, qui ne font pas l’affaire de bien des gens.

Blanchard écrit que «pour réussir en politique, il faut ou bien savoir tirer avantage des circonstances ou bien les provoquer».

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À lui seul, le lieutenant Bonneau fait couler beaucoup d’encre. Il a eu un accident et se déplace à l’aide d’une béquille. On lui demande s’il n’a pas aussi obtenu des béquilles pour son cerveau ou «des stéroïdes pour la matière grise». Il se contente de prendre de l’air, c’est-à-dire de travailler sur le terrain.

Bonneau déforme constamment les expressions ou les mots. Cela donne «une vérité de la police» (Palice). Les aisselles deviennent les selles. Il écrit «victimes qu’au latéral», (collatérales). Il a toujours faim et aime dire que «la justice a le bras long quand elle a l’estomac dans les talons».

Parler cru

L’inspecteur est prompt à «débiter ton son vocabulaire ecclésiastique» (sacres, jurons). Il s’exprime directement et vertement: «des alibis comme ça, ça ne vaut pas de la chnoute. Wô les moteurs! C’est pas à moi qu’on va faire avaler n’importe quoi!»

J.L. Blanchard décrit un inspecteur qui, malgré les blagues circulant à son propos, malgré les travers qu’on lui connaît, se démène «avec une rare énergie qui dépassait le simple sens du devoir».

Revenons au tueur, au maniaque à la bombe. Il ne se contente pas de mettre à mort ses proies; il s’arrange pour que tout le monde le sache. C’est le but du sigle qu’il laisse bien en vue: le dessin d’un chat fait avec «des bombonnes de peinture de la marque W-Tone, couleur rouge Sangria».

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J.L. Blanchard brouille les pistes

Ce tueur est insaisissable comme… un chat. On se dit que, tôt ou tard, ce chat de gouttière commettra une erreur, sauf que le temps n’est pas un luxe dont disposent les enquêteurs Bonneau et Lamouche.

Le prénommé Félix se fout royalement de finir ses jours en prison ou même sur une chaise électrique. La seule chose qui l’inquiète vraiment, c’est qu’on l’arrête avant qu’il n’ait terminé sa mission. «Ça, il ne pourrait le supporter.» Or, combien d’hommes ou de femmes figurent sur sa liste de gens à abattre?

J.L. Blanchard réussit encore une fois à multiplier et brouiller les pistes, à nous tenir en haleine pendant plus de 350 pages tout en dosant avec brio criminalité, psychologie et humour.

Auteur

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

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