Internet : un outil pour intégrer les immigrants

immigration

Pour les immigrants récents au Canada, les réseaux sociaux, les médias et les autres ressources en ligne permettent de découvrir la culture d'accueil et de développer un réseau plus diversifié que celui d’origine».(Photo: Rawpixel / Pexels.com)


2 juin 2018 à 17h00

Améliorer l’accès au numérique des immigrants aiderait à mieux les outiller et à faciliter leur intégration: en plus d’offrir un accès à des ressources pratiques sur le marché du travail et sur la culture canadienne, cela aiderait à faire des ponts entre les communautés, selon une nouvelle étude québécoise.

«Les nouveaux arrivants, par le biais d’Internet, vont avoir accès à des ressources et des personnes qui vont leur permettre d’agir et de se donner les moyens de s’intégrer», confirme le co-titulaire de la Chaire UNESCO en communication et technologies pour le développement, Christian Agbobli de l’UQAM.

Le contraire de la ghettoïsation

S’il s’intéresse au rôle des technologies dans le processus d’intégration, c’est que même si les recherches sur l’impact d’Internet foisonnent, la dimension des immigrants reste trop souvent leur angle mort.

«Quand on entend Internet et immigrants, de nombreuses personnes pensent à une ghettoïsation en ligne des personnes dans une communauté».

Au contraire, les réseaux sociaux, les médias et les autres ressources en ligne permettent «de découvrir l’autre et sa culture, de développer un réseau plus diversifié que celui d’origine», assure le chercheur, également co-fondateur du Groupe d’études et de recherches axées sur la communication internationale et interculturelle (GERACII).

Littératie numérique

L’étude récente explore la réalité en ligne d’immigrants de multiples origines ayant posé leurs valises à Montréal mais aussi à Toronto, Calgary et Vancouver. Au Canada, près d’une personne sur cinq — près de 22% selon Statistiques Canada en 2016 — a vécu un processus d’immigration.

Les chercheurs se sont particulièrement intéressés à trois catégories considérées comme plus vulnérables dans le processus d’intégration: les femmes, les jeunes (18-24 ans) et ceux qui sont au pays depuis moins de cinq ans.

Parmi leurs recommandations :

• Les organismes communautaires gagneraient à offrir plus de formations sur la littératie numérique, particulièrement pour les plus vulnérables. «Cela facilite les déplacements dans la ville, améliore leur compréhension de la langue et de la culture et leur donne même accès aux annonces d’emplois», résume Christian Agbobli.

• Les villes devraient pousser l’accès à un Internet sans fil plus répandu, voire gratuit selon les chercheurs (même si plus de 70 % des immigrants ont accès à Internet à la maison).

• Les gouvernements devraient s’assurer de véhiculer par Internet plus d’informations pratiques à l’intention des futurs immigrants.

Ceci dit, le chercheur ne pense pas que cela transforme complètement leur vie. «C’est un facilitateur mais cela ne résout pas tout. Par exemple, pour l’emploi, avoir un réseau social facilite davantage l’accès que de simplement recevoir les annonces en ligne».

Un sujet à creuser

Il s’agit d’une étude préliminaire intéressante, dont le sujet n’a pas été beaucoup exploré, commente la professeure adjointe au Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal, Marina M. Doucerain.

«Je n’ai pas été surprise des conclusions car oui, l’Internet est très utilisé pour son aspect pratique mais j’aurais aimé en savoir plus, notamment sur les obstacles que rencontrent les immigrants. Cela permet de garder des liens serrés avec sa famille mais n’est-ce pas parfois un frein à l’intégration?».

La chercheuse s’interroge aussi sur le fait que l’étude ait rejoint seulement une centaine de personnes sur 1200 visées. «Pour une entrevue qualitative, avoir 100 entrevues, c’est très bien, mais cela nous éclaire en même temps sur la difficulté de rejoindre les immigrants les moins connectés ou moins habiles dans une des langues officielles», nuance-t-elle.

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