Arohanui, petit bout de femme énergique et guide sur l’île de Raiatea, me montre le dessin d’une pieuvre. Tahiti est la tête. Au bout de ses huit tentacules, qui représentent différents courants: les Marquises, Hawaïï, Gilbert, Tonga, la Nouvelle-Zélande, Tuhoa Pae, Rapa, Rapa Nui. Une façon imagée, transmise depuis des générations, de se représenter la Polynésie.
Plus tard, sur une petite plage, Arohanui me prend par la main et pointe son doigt vers l’horizon. «Ici, le voyageur vient déposer son fardeau. Ou un cadeau. Il les donne à la mer et au vent.» Je fais les deux. Et je me promets de revenir un jour ici, voir si ce que j’ai laissé a été emporté ou s’est enraciné.
En acceptant l’invitation de Variety Cruise à naviguer en Polynésie française sur le navire Panorama II, avec seulement 17 autres passagers, je n’imaginais pas m’embarquer pour un voyage aussi immersif.


Un voyage à la croisée des cultures
Ma première escale après avoir largué les amarres à Tahiti Nui est Huahine, l’île de la femme. En la contemplant depuis la mer, je vois en ces collines arrondies et harmonieuses une femme enceinte allongée dans l’eau.
Huahine reste pour moi à l’écart des autres îles. Plus authentique, douce, généreuse. Grace aux locaux, j’y goûte mon premier tartare de thon au lait de coco, préparé sur un motu et dégusté les pieds dans l’eau.


















