Hydro-Québec veut exporter son électricité et même s’implanter à l’étranger

Éric Martel, pdg d'Hydro-Québec, à la tribune conjointe des Canadian Club et Club canadien de Toronto le 15 février.

Éric Martel, pdg d'Hydro-Québec, à la tribune conjointe des Canadian Club et Club canadien de Toronto le 15 février.


16 février 2017 à 11h01

En plus de développer ses exportations d’électricité dans les provinces canadiennes et les états américains voisins, Hydro-Québec veut commercialiser ses innovations, comme une nouvelle batterie permettant de conserver l’énergie solaire ou éolienne, et veut acquérir des actifs à l’étranger, comme dernièrement le Réseau de l’intelligence électrique en France.

C’est la stratégie de la société d’État québécoise, qu’a exposée son PDG Éric Martel à la tribune conjointe des Canadian Club et Club canadien de Toronto le 15 février. Hydro-Québec prévoit doubler ses revenus actuels de 14 milliards $ (et ses profits de 3 milliards $) d’ici 2030, tout en maintenant «les tarifs résidentiels les plus bas en Amérique du Nord».

De toutes les sources d’énergie, l’hydro-électricité québécoise est celle dont les coûts sont les plus stables – suivant essentiellement l’inflation générale – alors que les prix mondiaux du pétrole et du gaz naturel fluctuent beaucoup, notamment depuis le tournant du 21e siècle. Cela permet à Hydro-Québec d’élaborer des projets d’avenir en se basant sur des données fiables.

M. Martel fait valoir que la demande intérieure d’électricité n’augmentera pas tant que ça au cours des prochaines décennies, à mesure que les gens adopteront des bonnes habitudes de conservation, achèteront des appareils ménagers «intelligents», et produiront eux-mêmes un peu (ou même beaucoup) de leur électricité au moyen, par exemple, de panneaux solaires. «Cela permettra à Hydro-Québec d’exporter davantage de son électricité sans avoir à investir dans trop de nouvelles infrastructures.»

 

Les marchés extérieurs de l'électricité québécoise.
Les marchés extérieurs de l’électricité québécoise.

New York et les autres états de la Nouvelle-Angleterre comptent déjà pour les trois quarts des exportations québécoises d’électricité (l’Ontario et le Nouveau-Brunswick pour l’autre quart). Ce n’est pas la nouvelle administration de Donald Trump qui va changer ça, pense M. Martel.

D’abord parce que ce sont les états, pas le gouvernement fédéral américain, qui décident de leur système d’alimentation et de distribution d’électricité. Ensuite parce que l’électricité québécoise reste compétitive, en plus d’être «propre», tant au chapitre de la vraie pollution toxique qu’à celui des émissions de gaz à effet de serre encore associées, dans l’esprit de bien des gens, à une menace de changements climatiques néfastes.

M. Martel souligne d’ailleurs que la récente rencontre entre le premier ministre Justin Trudeau et le président Donald Trump a produit, sur les questions énergétiques, une déclaration à l’effet que les deux pays vont rester «connectés».

Tarifs d’électricité résidentiels mensuels comparés.

Ce n’est pas la première fois que le Club canadien et le Canadian Club organisent un événement conjoint. M. Martel s’est exprimé en français et anglais devant cet auditoire qui comprenait – surtout chez les anglophones – plusieurs responsables d’agences et d’entreprises oeuvrant dans le secteur énergétique.

Des membres d’un groupe de pression ontarien contre le nucléaire (qui génère la moitié de l’électricité de la province) en ont même profité pour faire valoir l’une des alternatives: importer encore plus d’électricité québécoise.

En poste depuis deux ans (il était auparavant chez Bombardier), le PDG d’Hydro-Québec a indiqué que le niveau de satisfaction des Québécois envers son organisation a augmenté depuis l’instauration d’une «nouvelle culture du service à la clientèle» et de mesures comme des heures d’ouverture des bureaux plus pratiques pour les usagers. S’il faut en croire M. Martel, «le mot client n’existait pas à Hydro-Québec» avant son arrivée…

Coopération stratégique entre Hydro Québec et le Réseau de l'intelligence électrique en France.
Coopération stratégique entre Hydro-Québec et le Réseau de l’intelligence électrique en France.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Après les cornes de rhinocéros, les dents d’hippopotames

Un rhinocéros tué dans une réserve naturelle, où il était censé être protégé. (Photo: Brent Stirton_
Le prix de la photo de l'année pour un animal massacré
En lire plus...

23 octobre 2017 à 1h37

La mécanique du racisme sur des rails d’acier

Colson Whitehead, Underground Railroad, roman traduit par Serge Chauvin, Montréal, Éditions Albin Michel, coll. Terres d’Amérique, 2017, 416 pages, 32,95 $.
Parmi les semences de coton se trouvent aussi celles de la violence et de la mort.
En lire plus...

22 octobre 2017 à 8h00

Quiz : Le vin

bacchus
Vin blanc, vin rouge, vin rosé, vin corsé, vin sucré, vin sec… Tout un univers que celui de Bacchus!
En lire plus...

22 octobre 2017 à 7h00

Une minute pour «pitcher» une idée française

Pierre-André Svetchine, de CoWork.io, a remporté le concours de présentations. Derrière lui: les trois membres du jury.
Des «start-ups» technos en tournée à Toronto et Montréal
En lire plus...

20 octobre 2017 à 17h05

Jacques Flamand, poète et bâtisseur, n’est plus

Jacques Flamand
Fondateur des Éditions du Vermillon
En lire plus...

20 octobre 2017 à 15h14

Franc’Open Mic n’est plus à «l’é-trois»

Florian François et Cyril Mignottet soufflent les bougies des 3 ans de Franc'Open Mic.
Troisième anniversaire de la scène franco au Rivoli
En lire plus...

20 octobre 2017 à 10h58

Soutien aux journaux: la ministre tiendra compte du comité parlementaire

La ministre Mélanie Joly à Sudbury lors de la récente annonce du financement fédéral à la nouvelle Place des arts.
Mélanie Joly veut aider les «nouveaux modèles d’affaires» de presse écrite
En lire plus...

20 octobre 2017 à 10h03

#MoiAussi à visage découvert

niqab
Pour des relations civilisées...
En lire plus...

19 octobre 2017 à 15h55

Karina Gauvin revient chanter avec sa première chorale

Karina Gauvin (10e à partir de la gauche) dans Dr. Canon’s Cure, de Derek Holman et Robertson Davies, en 1982.
50e anniversaire de la CCOC
En lire plus...

19 octobre 2017 à 10h22

Harcèlement sexuel: dans le milieu artistique franco-ontarien aussi

Le chanteur et musicien David Poulin. (Photo: Joël Ducharme)
#moiaussi
En lire plus...

18 octobre 2017 à 15h28

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur