Horreur au Yonge-Dundas Square !

Capture Kill Release

Capture Kill Release


22 novembre 2016 à 0h26

Après quatre éditions au succès grandissant, le festival du film d’horreur canadien «Du Sang dans la Neige» (Blood in the Snow, aussi appelé BITS) change de quartier général pour effrayer toujours plus d’amateurs du genre, et posera ses pénates au Cinéplex Yonge-Dundas du 25 au 27 novembre prochains, pour une cinquième fournée qui promet son lot de frissons.

Pendant trois jours ce succéderont la fine fleur des films d’horreur nationaux cuvée 2015-16, neuf longs-métrages, dont trois premières mondiales, et vingt-quatre courts dans les deux langues officielles, tous en compétition pour tenter de remporter un «Sanglant» (Bloodie), les récompenses offertes par le jury.

Le festival propose aussi des ateliers de travail destinés aux cinéastes locaux en herbe, sur des sujets aussi pointus que la distribution, les démarches légales de production, ou encore une conférence sur l’industrie des films de genre au Canada, qui sera diffusée en direct sur Bell-TV1, samedi 26 à 14h.

Parmi les courts-métrages en compétition, on retiendra l’angoissant No Trespassing du Torontois Charlie Lawton, qui nous amène à suivre les traces champêtres d’une jeune fille qui aurait peut-être plutôt dû respecter un panneau.

La tempête du siècle
La tempête du siècle

Également, La Tempête du siècle, du Québécois Renaud Gauthier, gagnant du Sanglant 2013 du meilleur long-métrage avec Discopath, nous compte les mésaventures hilarantes d’une bande de cambrioleurs de banques pas très doués, et se caractérise par son style minimaliste pour un film d’époque.

Le fauteuil maléfique de Cauchemar capitonné, de Jean-Claude Leblanc, nous fera réfléchir avant de récupérer de vieux meubles pour lesquels l’expression «avoir vécu» peut prendre un tout autre sens.

Cette même expression domine et dirige le magnifique Ingrid and the Black Hole, de la Néo-Écossaise Leah Johnston, gagnant du prix du meilleur court-métrage au festival international du film d’Edmonton 2016, et y prend également une tournure émotionnelle inattendue.

Plus classiques, mais tout aussi efficaces, A Quiet Moment, de Steve Villeneuve et Martin Bruyère, et Taking Possession, du Torontois Peter Campbell, sont tout deux des démonstrations du pouvoir de la musique sur l’image et l’ambiance d’un film, grâce aux bandes originales inspirées de Pascal Lamarche et David Federman.

Taking Possession
Taking Possession

Le long-métrage d’ouverture du festival, 24×36, A Movie About Movie Posters, de Kevin Burke, vendredi soir à 19h, nous entraînera dans le monde fascinant des affiches de films et des multiples messages dont elles recèlent, en explorant les oeuvres d’art de l’âge d’or du cinéma, comment celles-ci ont laissé place aux modèles préfabriqués et génériques d’aujourd’hui, et surtout, comment une poignée de passionnés tentent de retourner aux sources pour sauver cet art en voie de disparition.

Samedi soir verra les deux fictions les plus intéressantes du festival selon nous:

– la première torontoise de The Unseen, de Geoff Redknap, une version réinventée et moderne de L’Homme invisible de H.G. Wells, qui après ses sélections multiples en festivals (Fantasia 2016, Vancouver 2016…) arrive à Toronto précédé d’une réputation élogieuse;

– et Streamer, le premier long-métrage des Torontois Jared Bratt et Vincent Pun, thriller contemporain et version développée du court-métrage éponyme de 2013 ou un admirateur solitaire développait une obsession malsaine pour une exhibitionniste connectée.

Streamer
Streamer

Le budget limité du film se remarque bien entendu, mais la tentative est suffisamment intrigante pour valoir la peine d’un visionnage. Les spectateurs seront peut-être surpris de la qualité de production très irrégulière des oeuvres présentées lors de BITS 2016, mais c’est aussi là ce qui fait un des charmes principaux du festival, et qui montre bien qu’un bon film n’est pas forcément doté d’un budget se chiffrant en centaines de millions de dollars, et que les cinéastes canadiens sont débordants de ressources.

Pour assurer une fois de plus le point précédent, et pour terminer nos recommandations, la première mondiale d’Inspiration, thriller psychologique du Sud Ontarien Jason Armstrong, achèvera de vous convaincre qu’il est possible de faire de très bons films avec peu de moyens financiers en Ontario.

Tourné en onze jours, réunissant une distribution exceptionnelle du cinéma de genre local, avec à sa tête Emily Alatalo (Neverlost, The Scarehouse, Route of Acceptance), le film nous conte l’isolation volontaire de Samantha Kingsley, auteure, dans une petite ville rurale, et qui, pour son nouveau livre, cherche à retourner vers son genre d’origine: l’horreur. Alors que Samantha se met au travail, des évènements inquiétants se succèdent autour d’elle. Un accident étrange lui fait même commencer à douter de sa propre santé mentale. Tout cela se passe-t-il dans sa tête, ou bien y aurait-il autre chose?

Envie de sensations fortes? Blood in the Snow 2016 vous attend!

Holy Hell
Holy Hell

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