Hommage à un écrivain franco-américain

Jack Kerouac, La vie est d’hommage, textes présentés par Jean-Christophe Cloutier, Montréal, Éditions du Boréal, 2016, 352 pages, 29,95 $.
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Ceux qui ont lu Jack Kerouac l’ont sans doute fait en anglais ou en traduction française. Pourtant, l’écrivain américain a écrit de nombreux textes en français, maintenant disponibles grâce à la recherche de Jean-Christophe Cloutier et de son ouvrage intitulé Jack Kerouac, La vie d’hommage.

Jean-Louis Kérouac est né en 1922 à Lowell, Massachusetts, de parents québécois (son père se nommait Kirouac). Jean-Louis a parlé exclusivement le français jusqu’à l’âge de 6 ans.

Au fil des ans, l’auteur adonné à sa langue maternelle divers noms: «French Patoi, Canadian French, New England French-Canadian, Canuck French, Français Canuck, Canuckian Child Patois Probably Medieval et d’autres encore.»

En 2006, le fonds d’archives Jack Kerouac à la New York Public Library a été ouvert. On y a découvert «plusieurs histoires, complètes ou inachevées, rédigées dans le français natal de l’écrivain». Ces textes inédits sont réunis dans La vie d’hommage.

Écrivain de son peu importe la langue, Kerouac a écrit dans un français phonétique. En voici un exemple: «A fonsa. L’homme y’ava gagnez, la femme faisa sa tite acte de perdir, leux deux corps cas charga comme si y ava fraite…»

Plusieurs sections des romans publiés en anglais ont d’abord eu une version française. Kerouac entrelaçait souvent les deux langues, «et ce, dans la même phrase». Voici ce que ça peut donner: «On va t’acheter un beau nouveau coat pour avoir d lair fin a s t ecole tite place cute […] Pareil comme quand jm’ai faite donnez ma 1st Confession, j’eta un tit ange de pure future.»

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Kerouac admirait particulièrement les jurons de sa langue natale. Dans Visions of Cody, il décrit une pendaison et note que les dernière parole du pendu est «I wanted to tell about – but the calluses, the (hanged)…» Il n’est évidemment pas question de callosités, il faut y lire «les câlisses».

Le titre de l’ouvrage que nous propose Jean-Christophe Cloutier – La vie d’hommage – est tiré d’une phrase utilisée par Kerouac dans «Si tu veu parlez apropos d’Neal». Pour ses lecteurs anglophones, l’écrivain traduit ces mots par «Life is a pity», comme s’il avait écrit «La vie est dommage».

Mais, en réalité, il y a une résonnance cachée. Même si la vie fait tout de même mal, elle se donne comme un hommage. La vie de Kerouac «rend hommage à ses origines françaises, bretonnes et québécoises».

Kerouac a toujours parlé le français avec sa mère et une tante. Il est décédé en 1969 à 47 ans. Avec Allen Ginsberg, Neal Cassady et William Burroughs, Kerouac faisait partie de la Beat Generation.

Jean-Christophe Cloutier est professeur adjoint de littérature anglaise à la University of Pennsylvania.

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