Giacometti en visite à Québec

Première nord-américaine

Giacometti MNBAQ
Alberto Giacometti : La Clairière, 1950.
Partagez
Tweetez
Envoyez

Alberto Giacometti n’est pas un inconnu pour les lecteurs de L’Express, puisqu’un article lui était consacré le 14 janvier 2012. Mais il s’agissait d’une présentation basée sur un livre, fort intéressant au demeurant, qu’illustraient des reproductions des œuvres de cerf artiste.

Mais pour apprécier à leur juste valeur des sculptures, leur forme, leurs proportions, la place qu’elles tiennent dans l’espace et autres caractéristiques sculpturales, rien ne vaut de les voir telles qu’elles sont, dans leur réalité.

Or Giacometti est surtout célèbre par ses sculptures et, pour la première fois en Amérique du Nord et sans doute la dernière avant des décennies, le Musée national des beaux-arts de Québec (MNBAQ) lui consacre une exposition, en première nord-américaine du 8 février au 13 mai 2018.

Giacometti MNBAQ
Annonce de l’exposition Giacometti avec l’Homme qui marche, bronze, 1960.

Oeuvre emblématique

Giacometti MNBAQ
Ombre du soir, statuette votive étrusque, bronze de 57,5 cm, 2 300 ans avant notre ère.

Cette rétrospective arrive de Londres, de la Tate Modern, où elle était en vedette de mai à septembre 2017, et a connu un grand succès.

Les journaux anglais ont particulièrement fait preuve d’enthousiasme. The Guardian a titré: «Giacometti en revue – hymne spectaculaire à la survie de l’homme», et The Times a parlé de «L’intensité d’une vaste gamme d’œuvres de Giacometti».

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Avant qu’elle ne parte pour New York, le MNBAQ est donc fier de présenter à ses visiteurs cette rétrospective majeure dans le pavillon Pierre Lassonde du Musée, pour découvrir l’œuvre emblématique d’un des plus grands artistes du XXsiècle.

Plus de 200 œuvres de cet artiste seront ainsi visibles, ce qui est incontestablement une rare occasion de les voir au Canada. Les sculptures filiformes prédominent parmi les œuvres d’art de cet artiste moderne, mais on peut aussi voir des peintures, des dessins, des photographies et des documents d’archives.

Sculpteur suisse

Giacometti MNBAQ
Grande tête mince, 1955.

Il est peut-être bon de rappeler quelques renseignements concernant ce personnage très célèbre. Alberto Giacometti (1901-1966) est ce sculpteur suisse qui s’est illustré notamment par ses sculptures filiformes dont l’exposition de Québec présente plusieurs exemplaires..

Orienté vers l’art par son père, peintre, lui aussi, il commence par la peinture de portraits, puis il poursuit sa formation à l’École dès beaux-arts de Genève avant de gagner Paris en janvier 1922, où il fréquente l’atelier du sculpteur Antoine Bourdelle (1861-1929) qui a travaillé dans l’atelier de Rodin (L’Express 29 juin 2015).

Pour se perfectionner, il se rend chaque dimanche au Musée du Louvre. Il découvre le cubisme, l’art africain et la statuaire grecque dont il s’est inspiré au moins dans ses premières œuvres. Et lorsqu’en 1955, le Louvre organise l’exposition L’Art et la civilisation des Étrusques, Giacometti est fasciné par ce qu’il voit, particulièrement ces sculptures fines et allongées.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Art étrusque

Giacometti MNBAQ
Grandes femmes, 1960.

«Parmi tous les peuples qui ont habité au bord de la Méditerranée au cours des siècles, la civilisation étrusque est probablement celle qui a exercé la plus grande fascination», explique l’historien A. Furiesi au début de l’ouvrage Giacometti et les Étrusques. Et fascination est le mot à retenir, pour comprendre l’itinéraire et les réalisations de Giacometti.

Pour approfondir ses connaissances, il se rend en Italie, au pays des Étrusques, en Toscane. Il passe sans doute à Florence, au Musée archéologique, puis plus tard à Volterra, près de Pise. Il y voit alors la «Mona Lisa étrusque», cette figure emblématique du monde étrusque, l’Ombra della sera (Ombre du soir), une statuette découverte à Volterra et nommée ainsi par l’écrivain italien Gabriele D’Annunzio (1863-1938).

Il est difficile d’imaginer les œuvres de l’artiste sans songer à cette figure filiforme, qui a certainement donné un souffle inspiré à son art, attiré qu’il était déjà par des figures filiformes dans la série des Femmes de Venise, dans L’Homme qui marche, ou Grande femme, que l’on pourra admirer à Québec.

Catalogue

Giacometti MNBAQ
Catalogue, MNBAQ-Fondation Giacometti, Paris, broché, 29×23,5 cm, 206 p. En couverture Tête sur tige, 1947.

Si l’on se rend à Québec pour ne pas manquer de voir cette rare et somptueuse exposition, on pourra en repartir avec un petit livre, le catalogue de ces œuvres d’art que l’on pourra revoir à loisir en ayant toujours à l’esprit leur réalité que l’on a pu percevoir. À défaut d’une visite, ce livre de 206 pages très illustré donne une idée très claire de l’art de Giacometti.

Sur les 206 pages de cet ouvrage, 142 comportent des reproductions en pleine page d’une ou de plusieurs réalisations de Giacometti. Les textes explicatifs sont courts et peu nombreux tant les œuvres de Giacometti parlent d’elles-mêmes, surtout si on les a vues dans leur réalité.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Chefs-d’œuvre

On ne saurait énumérer tous les chefs-d’œuvre que l’on retrouvera avec plais dans ce catalogue, comme la Boule suspendue (p. 85-86), l’Homme qui pointe (p. 127) et l’Homme qui marche (p. 200), La Clairière (p. 135) si originale, qui, bien entendu, font partie de l’exposition, sans parler des dessins et des peintures également représentés.

Cet ouvrage traduit bien l’originalité de cette rétrospective inédite, qui met en lumière les débuts de l’artiste dans les années 1920 à Paris, jusqu’à sa brillante carrière qui ne se terminera qu’à son décès.

Partagez
Tweetez
Envoyez
l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur