Foyers de soins de longue durée: l’Ontario veut améliorer les services aux francophones

Un corridor de centre de soins de longue durée.
Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 28/10/2021 par Émilie Gougeon-Pelletier

Le ministère des Affaires francophones de l’Ontario veut améliorer l’accessibilité au français dans les foyers de soins de longue durée.

L’adjointe parlementaire de la ministre Caroline Mulroney, Natalia Kusendova, a déposé une motion à Queen’s Park, mercredi, pour rendre le secteur des soins de longue durée plus accessible «sur le plan linguistique».

2000 Franco-Ontariens en attente

Infirmière auxiliaire, la députée de Mississauga-Centre affirme qu’il y a, en Ontario, des aînés francophones qui résident dans des établissements de soins de longue durée où ils ne sont pas servis en français. Mais qu’il est difficile de savoir combien ils sont.

soins de longue duree
Natalia Kusendova

Selon les données de la province, il y aurait environ 2000 Franco-Ontariens en attente d’une place en foyer de soins de longue durée. «Mais je crois que ce nombre est largement sous-estimé», note la députée.

«Certaines personnes hésitent d’affirmer qu’elles sont francophones parce qu’elles ont peur que ça augmente le temps d’attente pour y avoir accès.»

Publicité

Certaines familles ont une décision difficile à prendre, ajoute-t-elle, parce qu’elles doivent choisir entre un établissement anglophone à proximité ou un établissement francophone à trois, quatre heures de route.

Trois recommandations pour les soins de longue durée

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario encourage les députés provinciaux à adopter cette motion.

Le président Carol Jolin rappelle qu’une délégation franco-ontarienne avait témoigné devant la commission d’enquête sur la COVID-19 dans les foyers de soins de longue durée.

Quelques mois plus tard, la commission publiait son rapport, qui contenait trois recommandations:

– concevoir et mettre en œuvre une stratégie provinciale visant à augmenter l’offre de services en français dans les foyers de soins de longue durée, dont le nombre de lits où l’occupante ou l’occupant peut être servi en français;

Publicité

– adopter une définition claire de «lit occupé par des francophones»;

– déployer des efforts de recrutement de personnel francophone et bilingue.

Le dépôt de cette motion de Natalia Kusendova «est un pas vers la mise en œuvre de ces recommandations», selon Carol Jolin.

«Toutes initiatives pour améliorer la qualité de vie, rehausser les soins, assurer la sécurité et la protection des résidantes et résidants, et augmenter l’offre de services en français sont les bienvenues», a commenté Jean-Rock Boutin, président de la Fédération des aînés et retraités francophones de l’Ontario.

La FARFO souhaite qu’on puisse déterminer le nombre de lits nécessaires pour combler le déficit de lits de soins de longue durée en français.

Publicité

30 foyers de soins de longue durée «francophones»

En Ontario, parmi les 626 foyers de soins de longue durée, 30 sont désignés «francophones», c’est-à-dire qu’ils sont en mesure de garantir des services en français aux résidents et aux familles.

À Toronto, c’est le pavillon Omer Deslauriers, un étage du centre municipal Bendale Acres. Un projet s’en inspirant est à l’étude dans la banlieue ouest de Toronto.

Dans la circonscription de Natalia Kusendova, il n’existe aucun lit désigné «francophone», déplore-t-elle. Même si certains foyers font des efforts pour jumeler les résidents avec du personnel qui est en mesure de leur offrir des services dans leur langue maternelle.

Bendale Acres, Pavillon Omer Deslauriers, soins de longue durée
La résidence municipale Bendale Acres, au 2920 avenue Lawrence est à Scarborough, est la seule de la métropole à offrir un étage francophone: le Pavillon Omer Deslauriers.

Retour à la langue maternelle en fin de vie

«Étude après étude, on nous dit que les résidents se portent beaucoup mieux s’ils peuvent communiquer dans leur langue maternelle. En soins de longue durée, 68% des résidents ont un diagnostic de démence, et on sait que plusieurs d’entre eux reviennent à leur langue maternelle, au fur et à mesure que la maladie progresse.»

Natalia Kusendova propose notamment des stratégies pour augmenter la main-d’œuvre bilingue dans ce secteur, d’améliorer la collecte de données spécifiques aux francophones et d’encourager les établissements qui offrent des services en français à demander une désignation officielle en vertu de la Loi sur les services en français.

Publicité

Rétention des travailleurs de soutien

Par ailleurs, le gouvernement de l’Ontario a prolongé récemment jusqu’au 31 mars 2022 l’augmentation de salaire temporaire des préposés aux services de soutien à la personne et des travailleurs de soutien direct.

Depuis le 1er octobre 2020, la province a investi plus de 1,3 milliard $ pour augmenter temporairement ces salaires. La dernière prolongation, évaluée à 373 millions $, comprend:

– 3 $ l’heure de plus pour environ 38 000 travailleurs admissibles dans les soins à domicile et en milieu communautaire;

– 3 $ l’heure de plus pour environ 50 000 travailleurs admissibles dans le secteur des soins de longue durée;

– 2 $ l’heure de plus pour environ 10 000 travailleurs admissibles dans les hôpitaux publics;

Publicité

– 3 $ l’heure de plus pour environ 60 000 travailleurs admissibles dans les services à l’enfance, communautaires et sociaux fournissant des services de soutien personnel direct aux personnes qui ont besoin d’aide pour les activités de la vie quotidienne.

Formation d’infirmières et infirmiers

Le gouvernement provincial investit également jusqu’à 100 millions $ pour ajouter 2 000 infirmières et infirmiers supplémentaires dans le secteur des soins de longue durée d’ici 2024-2025.

Il remboursera les frais de scolarité des préposés aux services de soutien à la personne et d’infirmières et infirmiers qui souhaitent faire progresser leur carrière dans ce secteur.

Des modèles d’apprentissage hybrides – en ligne et en personne – dans les programmes de soins infirmiers pratiques et sciences infirmières, offriront aux étudiants la souplesse nécessaire pour apprendre en fonction de leur emploi du temps individuel.

Auteur

  • Émilie Gougeon-Pelletier

    L’Initiative de journalisme local est financée par le gouvernement du Canada et, dans le cas de la correspondante à Queen's Park, gérée par le journal Le Droit d'Ottawa-Gatineau.

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur