Fin de vie sublime

Un petit carnet rouge

livre
Sofia Lundberg, Un petit carnet rouge, roman traduit du suédois par Caroline Berg, Paris Éditions Calmann-Lévy, 2018, 360 pages, 29,95 $.
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La journaliste suédoise Sofia Lundberg a autoédité Un petit carnet rouge, roman qui a connu un rare succès sur Internet avant d’être repéré par un éditeur de Stockholm puis vendu dans plus de trente pays.

Lundberg décrit comment «la vie n’est pas là pour s’occuper de toi, c’est toi qui dois t’en occuper». À chacun de saisir les opportunités qui se présentent et en faire quelque chose.

Pour illustrer cette maxime, l’auteure crée la protagoniste Doris Alm et divers personnages qui figurent dans ce petit carnet d’adresses qui l’accompagne depuis 1928. «Tant de noms ont le temps de défiler dans l’existence d’un être humain. Des noms qui brisent le cœur et font couler les yeux.»

Narratrice de 96 ans

Les rencontres de chaque personnage sont tissées dans la longue vie de confidences de Doris, leur narratrice qui a maintenant 96 ans. Dès sa préadolescence, Doris doit travailler pour une Madame de la haute société. Elle reçoit un long et bon conseil de sa mère.

«Je te souhaite assez de soleil pour illuminer tes jours, assez de pluie pour apprécier le soleil, assez de joie pour nourrir ton âme, assez de peine pour savoir profiter des petits plaisirs et assez de rencontres pour savoir dire adieu.»

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Infinité de routes vers le trépas

Ce souhait sera l’étoile qui guidera Doris pendant plus de huit décennies, de Söder (Suède) à Paris, où elle devient mannequin, ensuite à New York, puis de retour en Europe, déguisée en jeune homme sur un bateau de guerre, arrivée en Angleterre, puis à Stockholm. «Il y a une infinité de routes qui conduisent à notre inéluctable trépas.»

Sofia Lundberg nous livre une sublime évocation de sentiments, qui risque de faire couler quelques larmes. J’ai sorti mon mouchoir quand j’ai vu comment un authentique amour trouve toujours son chemin, par-delà mers et mondes.

Au soir de la vie, la mémoire récente s’efface, «tandis que les souvenirs d’enfance deviennent aussi vifs que si les choses étaient arrivées la veille». Doris ne sait plus si son premier amour vit toujours, ni sur quel continent, mais «quand le temps est tout de qui nous reste, la pensée a tout loisir de voyager».

Dans le placard

Le meilleur ami de Doris fut un artiste suédois dans le placard. Se séparer de lui fut une blessure à l’âme. Sur ce point, l’auteure note qu’on ne meurt pas de quelques cicatrices, mais il vaut quand même mieux les avoir sur le corps qu’à l’âme.

Les noms du petit carnet rouge remuent des souvenirs dont Doris ne s’est jamais débarrassé. «Ils restent là comme des furoncles récidivants. Parfois ils éclatent et ça fait un mal de chien.»

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Quand la nièce de Doris sent que la fin approche, elle prend un vol San Francisco-Stockholm pour écouter «auntie Dossi» lui raconter une bouleversante histoire de famille, merveilleusement transmise. Elle sait qu’un baiser peut arrêter le temps. Et si ce temps lui permettait de retrouver un dernier être cher…

Un petit carnet rouge peint une vie furieusement intense où le magique et le tragique s’entrecroisent pour nous faire vivre de fortes émotions. Nous n’hésitons pas à croire qu’une fin de vie peut être sublime.

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