Festival des cinéastes canadiens: une sélection ambitieuse

Cette semaine au Cinéplex Scotiabank

Must Kill Karl
L'hilarant Must Kill Karl remplit le contrat de son titre...
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Le 18 avril prochain aura lieu la 5e édition de la Journée du cinéma canadien à travers tout le pays, lors de laquelle les foules pourront découvrir et voir, ou revoir, des chefs d’œuvres et classiques de notre septième art national.

Mais pourquoi attendre?

Ici, à Toronto, un mois avant, se tient en effet cette semaine la 12e édition du Festival des cinéastes canadiens, de son appellation anglaise le Canadian Film Fest.

Du 20 au 24 mars, nous pourrons donc assister à des projections de 10 longs et 20 courts-métrages issus de nos terroirs canucks, au cinéma Scotiabank, nouveau pied-à-terre du festival depuis l’édition 2017, qui avait vu un formidable soutien du public et de l’industrie.

Becoming Burlesque
Becoming Burlesque

Des réalisatrices!

Cette année est placée sous le signe de la parité puisque presque 50% des œuvres présentées sont réalisées par des Canadiennes, dans une dichotomie de style intéressante révélant que nos réalisatrices se sont quasiment exclusivement consacrées aux drames, alors que ces messieurs semblent plus orientés vers les comédies (90% de drames chez les femmes pour presque 50% de comédies chez les hommes).

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Parmi les longs-métrages à ne pas manquer, il faudra voir Becoming Burlesque, premier film de la Torontoise Jackie English qui assurera l’ouverture mardi soir.

On y rencontrera la talentueuse Shiva Neggar, récemment vue dans American Assassin, qui interprète Fatima, jeune femme d’une famille pratiquante musulmane qui, en osant s’aventurer dans les arcanes des spectacles burlesques, va également s’y découvrir et y épanouir sa féminité, tout en cachant les faits à sa famille. Son frère, soupçonnant quelque chose, la suit un soir et découvre sa vie secrète, déclenchant l’inattendu.

Osé

Durant la semaine, nous pourrons suivre les aventures d’un couple cherchant à mettre un peu de piquant dans leur vie sexuelle et professionnelle avec l’amusant A Swingers Weekend, premier long-métrage du Torontois Jon Cohen.

On partira aussi à la découverte de l’Ontario rural du début des années 70 dans The Drawer Boy, avec un jeune artiste torontois exilé dans une ferme tenue par deux célibataires endurcis, afin d’y recueillir des histoires pour écrire une pièce de théâtre. Sa vie prendra un tournant radical alors que la réalité rejoindra progressivement la fiction. Le film est tiré de la pièce éponyme de Michael Healey.

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Go-Getters, le quatrième long-métrage de l’Ontarien de Cayuga, Jeremy Lalonde (Sex After Kids, How to Plan an Orgy in a Small Town), se chargera de clôturer le festival avec l’humour habituel de son créateur, tout juste auréolé du Prix Écran Canadien du meilleur montage de comédie pour la série télé Baronness Von Sketch.

Emmy
Emmy

Formez-vous!

Pour les passionnés, le festival présentera également une programmation d’ateliers professionnels, ainsi qu’une grande classe de maître qui occupera toute la journée du mardi 20, et aura pour thème «Le point de vue du réalisateur».

Quatre cinéastes confirmés y seront confrontés à la même scène, et développeront chacun leur démarche créative en direct pour dépouiller, organiser, tourner, monter et présenter leur vision du scénario.

Mercredi verra deux panels sur la place des femmes dans le futur du cinéma canadien et les astuces pour trouver les bons interprètes à vos projets cinématographiques. Puis jeudi introduira une discussion sur la création de courts-métrages, et la collaboration entre directeur de la photographie et réalisateur.

Tous ces évènements auront lieu dans les salles annexes du cinéma Scotiabank et sont accessibles à tous.

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Le temps qu'il faut
Le temps qu’il faut: seule sélection franco de ce festival canadien.

Du cinéma tout court!

Outre les longs-métrages, vedettes incontestées du festival, nous avons cette année été très agréablement surpris par la sélection de courts, dont la diversité et la qualité nous ont impressionnés.

Chaque long sera précédé par un d’entre eux, et une séance spéciale courts-métrages est prévue pour le samedi à midi. Tiré d’une histoire vraie, Breathing through a Straw, du Néo-Brunswickois Leigh Rivenbark, est osé, dérangeant, pourra même choquer au même titre qu’un Mysterious Skin, mais ne laissera certainement pas indifférent.

Idem pour The Catch qui, dans un genre très différent, nous fera poser un regard attendri sur quelques-uns de nos pires souvenirs d’adolescence à l’école.

Friends on Facebook surprend par son honnêteté dans la réflexion que la réalisatrice torontoise Chris Ross provoque sur nos relations avec les médias sociaux, et l’hypocrisie parfois teintée de vanité qui incombe à une vie numérique publique et prudemment sélectionnée.

Martin’s Hagge
Martin’s Hagge

Les messages et leçons de vie sont aussi savamment distillés dans Emmy de Hannah Cheesman, Newborn de Ray Savaya, Game de Joy Webster ou encore le magnifique Le temps qu’il faut, d’Abeille Tard, seul film en français de cette sélection 2018.

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Nous n’oublierons pas le très attendu Martin’s Hagge, écrit avec humour par notre cher Gordon Pinsent national, et réalisé par Penny Eizenga, qui, bien qu’un peu trop trivial parfois, et rappelant un peu une publicité poétique datant de 2007, parvient tout de même à illustrer efficacement le sentiment de dépression hantant certains.

Quand à l’hilarant Must Kill Karl, il remplit tout à fait le contrat de son titre: on a en effet envie de trucider le personnage dès les premières secondes.

Le cru 2018 du Canadian Film Fest est d’un très bon niveau, et nous montre encore une fois que le cinéma canadien existe bel et bien, peut produire des œuvres qui n’auront aucunement à rougir sur les scènes internationales, et mérite amplement tout notre soutien.

A Swingers Weekend
A Swingers Weekend

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