Escapade à Peterborough, au nouveau Musée canadien du canot

Musée canadien du canot
Vue aérienne du nouveau Musée canadien du canot, à Peterborough, sur les rives du lac Little qui fait partie de la voie navigable Trent-Severn. Photo: MCC
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Publié 14/05/2024 par Andréanne Joly

Avant même d’ouvrir, le Musée canadien du canot figurait à la liste du magazine National Geographic des 20 sites culturels mondiaux à visiter en 2024. Le public n’a plus à attendre: le musée nouvellement déménagé a rouvert ses portes cette semaine à Peterborough.

Tout est maintenant sous un même toit: les salles d’exposition et l’ensemble de la collection qui regroupent plus de 600 embarcations, des pirogues creusées dans un seul arbre comme des canots ayant appartenu à des personnalités publiques comme l’ex-premier ministre Pierre Elliot Trudeau ou l’auteur-compositeur-interprète Gordon Lightfoot.

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Le Musée canadien du canot à Peterborough. Photo: MCC

Cette collection, la plus importante collection de canots, de kayaks et d’embarcations à pagaie au monde, et le musée qui la met en valeur, n’ont rien de nouveau, si ce n’est que leur domicile.

«Nous avons toujours voulu déménager le musée au bord de l’eau», explique la directrice générale Carolyn Hyslop. «C’est une collection nationale – internationale, même. Elle doit être logée adéquatement.»

Le Musée canadien du canot a d’abord ouvert ses portes en 1998. Les galeries et l’entrepôt se trouvaient dans différents bâtiments industriels à Peterborough, «dans un stationnement» pour reprendre l’expression de Carolyn Hyslop.

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Carolyn Hyslop est la directrice générale du Musée canadien du canot. Photo: Andréanne Joly

Un bien culturel d’intérêt national

En 2013, alors que l’administration du Musée canadien du canot a entrepris les consultations et une étude de faisabilité sur un possible déménagement, le Sénat déclarait que le Musée et sa collection constituent des biens culturels d’intérêt national.

C’est «un endroit vraiment unique qui met en valeur notre patrimoine national et l’importance que revêt le canot pour ce dernier», avait alors déclaré la sénatrice franco-albertaine Claudette Tardif.

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Le Musée canadien du canot présente six nouvelles expositions. Photo: Andréanne Joly
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À l’entrée de la salle d’exposition principale, sous des dizaines de canots, une immense carte de l’île de la Tortue. Photo: Andréanne Joly

Un musée qui s’est fait attendre

Pour arriver au nouvel emplacement, il aura fallu faire un long portage. Les sols du site visé, voisin de l’écluse-ascenseur historique de Peterborough, étaient contaminés. Le musée a dû trouver un autre site, retourner aux planches à dessin au printemps 2020, sur trame de pandémie.

Le site actuel se trouve sur les rives du lac Little, partie intégrante de la voie navigable Trent-Severn, au cœur de Peterborough.

Dans le nouveau musée, l’exposition temporaire retrace d’ailleurs ce long parcours.

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Plus de 500 canots sont entreposés sous la salle d’exposition et sont bien visibles du public. Photo: Andréanne Joly

600 canots, six salles d’exposition

Le site de cinq acres (l’équivalent de quatre terrains de football) comporte des quais accessibles et des espaces extérieurs revitalisés prévus pour la programmation – tour de canot voyageur, camps, etc. Le Sentier transcanadien le traverse.

Et au rez-de-chaussée du tout nouveau bâtiment: un atrium, un café, une boutique, un atelier, ainsi que le vaste entrepôt vitré, à l’environnement contrôlé, qui regroupe plus de 500 embarcations.

À l’étage, la salle d’exposition principale s’ouvre sur un grand cercle qui met de l’avant une immense carte de l’île de la Tortue (l’Amérique du Nord), de terre et d’eau, signée Chris Brackley, créateur des cartes pour Canadian Geographic.

Le conservateur, Jeremy Ward, est heureux d’enfin voir des yeux se poser sur cette carte, au plancher. «J’aime voir les gens se pencher et essayer de trouver des lieux précis en se référant uniquement aux cours d’eau. La carte présente d’une façon très différente quelque chose qui nous est très familier.»

Les galeries suivantes présentent de nouvelles expositions semi-permanentes: le canot dans le monde; le contact entre les Premiers Peuples et les Européens; l’anatomie du canot; les sports de pagaie; les caractères spirituel et culturel que revêt le canot. Elles mettent une variété d’embarcations en valeur.

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Jeremy Ward est le conservateur du Musée canadien du canot. Photo: Andréanne Joly

Place au français et aux langues autochtones

L’ensemble des descriptions apparaissent dans trois langues: l’anglais, le français et une langue autochtone – souvent la langue anishinaabemowin locale, parfois l’inuktitut, le haïda, le déné et le mi’kmaq.

La présence des langues autochtones s’est accrue avec le déménagement, avec le concours de la Première Nation de Curve Lake, voisine. Ses membres ont aussi donné un nom anishinaabemowin au bâtiment, Jiimaan Kinomaagewin, explique le conservateur Jeremy Ward.

Celui-ci ajoute que le français, lui, est présent dans les expositions depuis une vingtaine d’années. «Nous croyons que l’organisation doit communiquer dans les langues du pays», explique-t-il, soulignant que la mission et la vision du musée est d’être d’importance nationale.

«C’est aussi important pour souligner l’histoire française du pays, qui est intimement liée au canot, avec les voyageurs ou les coureurs des bois», ajoute Jeremy Ward.

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Les langues des Premières Nations à l’honneur au Musée canadien du canot. Photo: Andréanne Joly
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L’architecture du musée a été confiée à une boîte locale, Unity Design Studio. Photo: MCC

Visiter le musée

Il en coûte de 15 à 20 $ pour visiter les expositions du Musée canadien du canot.

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D’autres activités payantes sont proposées, comme une tournée en canot et des camps de jour. Contrairement aux expositions, cette part de programmation est assurée en anglais. Il est cependant possible de s’informer des possibilités de services en français, selon le personnel en place, selon le responsable de la programmation.

Arrêts à Peterborough

Les restaurants: Peterborough compte plusieurs excellents chefs.

L’écluse-ascenseur de Peterborough, la plus haute au monde.

Le musée d’histoire locale et d’art contemporain.

Le parc provincial Petroglyphs.

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Le festival Peterborough Musicfest, présenté gratuitement les mercredis et samedis d’été dans le parc Del Crary.

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