Éric-Emmanuel Schmitt adore l’humanité et ses complexités

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Romancier, nouvelliste, dramaturge, essayiste, Éric-Emmanuel Schmitt n’hésite pas à dire que «phrases, personnages, situations, histoires s’avèrent un jus qui s’échappe de mon cerveau». Il ne saurait en être autrement, car, «rêverait-elle de bourgogne ou de bordeaux, une vigne de beaujolais ne peut donner que du beaujolais». Son tout dernier recueil de nouvelles, Les deux messieurs de Bruxelles, en demeure un éloquent exemple.

Éric-Emmanuel Schmitt est connu pour ses nouvelles romanesques. La première donne le titre au recueil et s’étend sur soixante pages. Les deux messieurs de Bruxelles illustre comment l’auteur se «réjouit de rencontrer des gens nouveaux», comment il «adore l’humanité et ses complexités».

Le texte campe deux couples, l’un hétéro, l’autre homo. Chacun échange des vœux dans la cathédrale de Bruxelles, le premier devant le maître-autel, le second dans l’ombre de la sortie.

Jean et Laurent tirent une fierté de leur situation marginale, «l’orgueil de ceux qui, se sachant rares, ressentent le frisson des initiés: ils fréquentaient à la fois le monde visible et un monde invisible, la société ordinaire et une société clandestine».

Ce couple rare suit pas à pas la vie du couple hétéro, ce qui leur permet de vivre une vie virtuelle riche en rebondissements.

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Jean et Laurent en arrivent à vivre une féminité virtuelle en se passionnant pour Geneviève, l’épouse hétéro. Puis ils vivent une paternité virtuelle en veillant sur le jeune David, enfant de Geneviève.

Quand j’ai commandé ce livre, je pensais recevoir un roman. Rien n’indique d’ailleurs qu’il s’agit d’un recueil de nouvelles. Il n’y a pas de doute que la première m’a davantage interpelé.

Dans Les deux messieurs de Bruxelles, on découvre un message assez clair: «Là où il engage son sexe, l’homme n’engage pas nécessairement ses sentiments.» Céder à une pulsion peut demeurer sans conséquence.

Les quatre autres nouvelles sont également savoureuses, certaines ayant un punch final assez sublime. C’est le cas de «Ménage à trois» où le mari décédé occupe la première place dans la vie d’un couple reconstitué.

«L’autre… toujours l’autre… Il tenait plus de place mort que vivant.» L’identité de cet Autre est révélée juste avant le point final. Et quelle surprise! Le style d’Éric-Emmanuel Schmitt est finement ciselé.

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Pour décrire comment une symphonie de bleus entoure un personnage, il note «l’outre-mer de l’océan, le pervenche du ciel, l’opaline des glaces, le cobalt des ruisseaux, l’ardoise des rochers, le turquin du goudron et, enfin, dominante quoique subtile, la nuance dragée de la neige».

Éric-Emmanuel Schmitt sait parler de l’amour sous toutes ses formes: conjugal, clandestin, paternel, filial, mais aussi amour de l’art ou amour de l’humanité.

À travers un suspens subtil et ensorcelant, ses nouvelles dépassent à chaque fois les apparences pour déjouer l’attendrissante complexité du cœur humain.

Traduit en quarante langues et joué dans autant de pays, Éric-Emmanuel Schmitt est un des auteurs les plus lus dans le monde. Les plus représentés aussi. Et pour cause!

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