Élections fédérales : la francophonie canadienne à la toute fin du débat des chefs

Élections fédérales, débat des chefs en français
La journaliste et cheffe d’antenne de Noovo, Noémi Mercier, qui co-animait le débat des chefs en français, mercredi soir, avec Patrice Roy de Radio-Canada. Photo: Ivanoh Demers, Radio-Canada
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Le débat des chefs en français, présenté mercredi soir sur plusieurs chaînes de télévision, a fait peu de place aux enjeux d’intérêt pour la francophonie canadienne en vue des élections fédérales du 20 septembre.

La modernisation de la Loi sur les langues officielles, l’immigration francophone hors Québec et le financement de l’éducation se sont fait damer le pion par des questions de gestion de la pandémie, de relance économique et de transferts fédéraux vers les provinces.

À 1 minute 44 secondes de la fin

La seule question portant sur les enjeux franco-canadiens est arrivée à 1 minute 44 secondes de la fin du débat de deux heures. L’animateur Patrice Roy a demandé aux chefs s’ils allaient aider les établissements francophones postsecondaires hors Québec «qui sont vulnérables devant les coupes des provinces».

Le chef libéral, Justin Trudeau, a profité des quelques secondes qui lui étaient allouées pour souligner que ce sont «des politiciens conservateurs qui coupent dans les langues minoritaires».

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Justin Trudeau. Photo: Mélanie Tremblay, Francopresse

Appelé à préciser sa pensée en point de presse après le débat, le leader conservateur Erin O’Toole a réitéré le plan de son parti.

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«J’ai dit qu’on a un fonds pour les investissements dans les écoles postsecondaires parce que les communautés francophones hors Québec sont très importantes et je suis fier de nos deux langues nationales. J’ai appris mon français dans les Forces armées canadiennes, et on doit appuyer nos programmes à travers le pays. C’est pourquoi on va créer un fonds spécifique pour ça.»

Dans la foulée des réactions, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a indiqué que son parti «est souvent la seule voix pour les francophones hors Québec et les Acadiens, au Parlement». Alors que Jagmeet Singh, du NPD, a critiqué les Libéraux sur leur gestion de la crise à l’Université Laurentienne.

Ce à quoi Justin Trudeau a répliqué que «monsieur Singh n’a pas compris l’enjeu à Sudbury» en faisant référence à la réticence du chef néo-démocrate, lors d’une récente visite dans le Nord de l’Ontario, quant au transfert des programmes en français de l’Université Laurentienne vers l’Université de Sudbury.

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Erin O’Toole. Photo: Mélanie Tremblay, Francopresse

Pénurie de main-d’œuvre et immigration

Afin de contrer la pénurie de main-d’œuvre, tous les chefs s’entendent pour augmenter le nombre d’immigrants au pays sans toutefois établir de cible claire.

Pendant le débat, le chef conservateur a précisé qu’il donnerait plus de pouvoir en immigration au Québec sans préciser sa stratégie pour les autres provinces.

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Plus tard, en conférence de presse, le chef néo-démocrate a appuyé l’immigration francophone à l’extérieur du Québec sans toutefois indiquer de cible précise.

«Pour moi, le but, c’est d’avoir un pays qui respecte la réalité d’un pays bilingue. Ça veut dire encourager l’immigration francophone, accueillir les gens à travers le pays qui peuvent contribuer à notre société et aussi aider dans les cas où on a des tragédies des droits de la personne comme ce qu’on a vu en Afghanistan.»

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Jagmeet Singh. Photo: Mélanie Tremblay, Francopresse

Langues et culture autochtones

La question de la reconnaissance officielle des langues des Premières Nations, des Inuits et des Métis a amené Justin Trudeau à préciser les raisons derrière sa décision, qu’il a qualifiée de «difficile», de nommer une gouverneure générale qui ne parle pas français.

«Parce qu’elle parle une de nos langues officielles et l’inuktitut, une langue qu’elle a apprise au nord du Québec quand elle était jeune, pour moi, ça démontre à quel point nous devons valoriser cette culture, ces langues, pour avancer tous ensemble.»

Alors que Jagmeet Singh est en accord avec la reconnaissance des langues autochtones comme des langues officielles, les chefs du Parti conservateur et du Bloc québécois ont plutôt parlé d’une «reconnaissance» de ces langues plutôt que d’en faire des langues officielles.

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La cheffe des Verts a plutôt saisi l’occasion pour parler de l’importance d’avoir davantage de diversité au Parlement.

«J’espère un jour qu’un de nos partis va avoir un chef provenant d’une de nos Premières Nations, précisément parce que c’est le moment d’avoir ce leadership», a précisé Annamie Paul.

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, qui n’a fait élire aucun de ses candidats au Parlement en 2019, n’a pas été invité à ces débats français et anglais. Ces deux événements sont organisés par un organisme public, la Commission des débats des chefs.

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Le Musée canadien de l’histoire, où ont lieu les deux débats des chefs organisés par la Commission. Photo: Jean Gagnon, Wikimedia Commons

En cas de gouvernement minoritaire

Dès les premières minutes du débat, les chefs ont dû se prononcer sur la tenue d’élections à date fixe, même si un gouvernement minoritaire était élu.

Justin Trudeau a répété son message de vouloir donner un choix aux Canadiens sur la gestion post-pandémique. Seul Erin O’Toole a ouvert la porte à la possibilité de permettre à un gouvernement minoritaire de siéger pendant quatre ans.

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Questionné en point de presse sur sa préférence à travailler avec un gouvernement libéral ou conservateur, le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, a réitéré ses intentions de collaborer avec le parti au pouvoir.

«Est-ce que je veux de la tarte aux pommes ou de la tarte au sucre? Pour l’instant, j’aime mieux ne pas manger de dessert. Le fait est que, quel que soit le choix des Canadiens, le Bloc, si ça sert le Québec, sera un bon collaborateur.»

Les chefs, qui croiseront le fer à nouveau en anglais ce jeudi soir, céderont leur place à des représentants de leurs partis le 15 septembre pour discuter de questions propres à la francophonie canadienne lors d’un débat, encore à cinq, organisé par Radio-Canada à Ottawa.

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Luc Joli-Coeur (Parti vert), François Choquette (NPD), Mélanie Joly (Parti libéral), Alain Rayes (Parti conservateur), René Villemure (Bloc Québécois). Montage photos: Radio-Canada

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