Échange pédagogique entre enseignants franco-ontariens et haïtiens

Avec l’Institut d’enseignement et de leadership à Cap-Haïtien

Formateurs de l'IEL et leaders du camp STEAM. Photo: Gabriel Osson
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Gabriel Osson, président de l’Association des auteurs.res de l’Ontario français, et Bululu Kabatakaka, directeur de l’International au Collège Boréal, reviennent d’Haïti où ils ont récemment participé au projet de l’Institut d’enseignement et de leadership (IEL) en partenariat avec le Collège Regina Assumpta à Cap-Haïtien (nord d’Haïti).

Le projet de l’IEL est une initiative de Steve Sider, professeur à l’Université Wilfrid Laurier, Jhonel Morvan, du ministère de l’Éducation de l’Ontario (MÉO), et Gabriel Osson, auquel s’est greffée Megan Borner du MÉO.

Le Collège Regina Assumpta.

Parlez-nous du projet, quelle est sa raison d’être?

Gabriel Osson : Il s’agit d’un projet de collaboration inter-enseignants qui existe depuis 2016. Il est devenu la prolongation d’une première initiative d’échange pédagogique lancée en 2012 par le Groupe de travail en appui à Haïti à la suite du séisme de 2010.

Gabriel Osson. Photo: Christine Bérubé

Notre initiative est entièrement bénévole. 23 profs franco-ontariens et 7 étudiants maîtres de l’Université Wilfrid Laurier se sont joints à la quatrième année consécutive du projet qui s’est tenue du 3 au 11 août 2019, en donnant de leur temps et leur expertise en pédagogie auprès de 650 enseignants haïtiens.

Notre projet de formation des enseignants haïtiens englobe six volets aux paliers primaire, secondaire et post-secondaire: la didactique des sciences, des mathématiques, de la petite enfance, de l’enfance en difficulté, de la littératie critique et du leadership.

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Typiquement la classe du matin propose le partage des théories, suivie en après-midi par des séances pratiques dédiées aux élèves haïtiens qui fréquentent le camp STEAM comprenant des apprentissages en science, technologie, ingénierie, arts et mathématiques par le biais d’activités ludiques.

Les jeunes du camp STEAM en action. Photo: Gabriel Osson

Bululu Kabatakaka : Tout en me joignant en tant qu’observateur, j’ai appuyé le professeur chargé de la formation en sciences qui intervenait auprès de 22 enseignants haïtiens. Une expérience dynamique, enrichissante. Une initiative durable au profit de l’ensemble des participants.

Bululu Kabatakaka

Nous planifions de poursuivre notre collaboration avec le Collège Regina Assumpta en termes de recrutement international, de stages d’études et d’échanges pédagogiques.

Mentionnons qu’à la suite de sa participation au projet de Cap-Haïtien, M. Kabatakaka s’est rendu à Jacmel (sud-est du pays) afin de finaliser sa mission d’appui technique au nom du Collège Boréal, dans le cadre d’un projet de coopération internationale avec la Fondation Paul-Gérin-Lajoie relatif au développement d’un programme d’études en agriculture réalisé avec succès.

Qui sont les bénéficiaires de la formation des enseignants?

Gabriel Osson : D’ici à 2021, nous souhaitons graduellement compléter le transfert des compétences au leadership auprès de nos homologues enseignants haïtiens afin qu’ils puissent prendre la relève dans la formation continue de leurs pairs de façon autonome, tout en continuant de les appuyer.

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Une classe de physique en action. Photo: Gabriel Osson

Nous estimons que 100 000 enfants haïtiens auront pu bénéficier du projet au courant de sa réalisation entre 2016-2021. Plusieurs communautés d’apprentissage auront été créées pour assurer le partage des connaissances auprès des écoles de la région de Cap-Haïtien, en plus de la mise en place de groupes WhatsApp dans le but de permettre aux enseignants d’ici et haïtiens de communiquer entre eux et maintenir les contacts et les échanges.

Par ailleurs nous sommes tous bénéficiaires de ce projet, autant les participants franco-ontariens que les Haïtiens, puisque le projet est essentiellement axé sur le principe de la réciprocité des échanges sur de nombreux plans pédagogiques et culturels.

Excursion par bateaux taxis à Labadie, nord d’Haïti. Photo: Gabriel Osson

Bululu Kabatakaka : le projet de Cap-Haïtien pourra également servir à établir des ponts de collaboration avec d’autres régions du pays, par exemple à Jacmel dans le secteur de la formation en agriculture, garant de l’économie durable en Haïti.

Compte tenu de la situation actuelle en Haïti, quelle est votre perception à la suite de votre récent séjour?

Bululu Kabatakaka :  Il faut bien sûr être prudent, se tenir au courant de l’actualité de façon vigilante. Par exemple j’ai dû devancer ma date de retour à Toronto sachant qu’on annonçait des manifestations qui pouvaient risquer de bloquer certains déplacements locaux.

Notons qu’il est préférable de ne pas voyager seul en Haïti, soit d’organiser son séjour en étroite collaboration avec des partenaires locaux fiables.

Le centre-ville historique de Cap-Haïtien.

Pour obtenir davantage de renseignements concernant le projet de l’Institut d’enseignement et de leadership à Cap-Haïtien, consultez les sites: https://www.elicollaboration.org/ et le http://glocalperspectivebuilding.blogspot.com/

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