Duplessis, inventeur du marketing politique

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Maurice Duplessis a gouverné le Québec de 1936 à 1939, puis de 1944 à 1959, soit pendant plus de 18 ans. Pour y arriver, il a utilisé les stratagèmes de la publicité qui ont fort bien moussé son image. C’est ce que démontre clairement l’étude d’Alain Lavigne intitulée Duplessis. Pièce manquante d’une légende: l’invention du marketing.

Né à Trois-Rivières en 1890, l’avocat Maurice Duplessis se présente sans succès aux élections provinciales de 1923. Élu député conservateur de Trois-Rivières en 1927, le fougueux politicien devient chef du Parti conservateur en 1933. Il le transforme en Union nationale trois ans plus tard et est élu premier ministre. Défait aux élections suivantes (1939), il est reporté au pouvoir en 1944, 1948, 1952 et 1956.

On a parlé du règne de Maurice Duplessis comme une période de Grande Noirceur, de patronage et de favoritisme éhontés. Comment ce politicien a-t-il réussi à toujours tirer son épingle du jeu? Selon Alain Lavigne, le succès de Duplessis tient à l’invention du marketing politique. Le livre passe en revue les divers stratagèmes que Duplessis a utilisés pour mousser l’image du «Cheuf».

On y découvre toute une panoplie d’objets tels que des cartons d’allumettes, un casse-tête, un calendrier, des verres, macarons, ballons et chapeaux, diverses publications de propagande et j’en passe.

En 1947, l’Union nationale achète même le quotidien Montréal Matin pour colporter son message et l’image de son chef.

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Une des pochettes d’allumettes diffusait le message suivant: «Les libéraux donnent aux étrangers. Duplessis donne à sa province.»

Mais l’arme la plus originale demeure sans contredit Le Catéchisme des électeurs, qui arbore une feuille d’érable, «alors symbole des Canadiens français». Il est utilisé lors de l’élection du 17 août 1936.

«À la question numéro 50 – Comment renverser le système Taschereau? – le Catéchisme dit: En votant à cette élection provinciale pour les candidats de l’Union nationale qui groupe tous les libéraux libres, les conservateurs libres et tous les indépendants et tous les véritables patriotes de la Province en un parti populaire semblable à celui qui porta autrefois Mercier au pouvoir.»

Le livre note que Duplessis a doté sa province d’un drapeau. Sans consultation, sans proposition ou débat à l’Assemblée législative, il a décidé en 1948 de faire flotter le fleurdelisé au dessus du Parlement.

L’ouvrage de Lavigne nous apprend aussi que le premier cabinet de Maurice Duplessis comprenait le ministre d’État Gilbert Layton, qui est le grand-père de Jack Layton.

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L’ouvrage de 200 pages d’Alain Lavigne s’arrête à une facette peu connue du succès populaire de Maurice Duplessis. En décortiquant le marketing politique inventé par le chef de l’Union nationale, l’auteur démontre à quel point ce parti a su être à l’avant-garde d’une stratégie qui a bien fonctionné.

Lors des élections de 1952, Duplessis est présenté comme «l’homme d’une époque». Le volume et le raffinement du marketing politique sont à la hauteur du budget de campagne évalué à 5 millions de dollars.

«En 1956, le parti se démarque par une démesure inégalée alors pour remporter une élection. Les dépenses totales atteignent un sommet de 9 millions de dollars, ce qui représente en dollars d’aujourd’hui quelque 75 millions de dollars!»

Même après la mort de Duplessis en 1959, l’Union nationale et ses sympathisants se préoccupent de préserver l’image de leur chef, qu’ils présentent comme «un illustre fils et serviteur de la patrie». Ils réussissent 18 ans plus tard à faire ériger une statue sur les terrains de l’hôtel du Parlement à Québec.

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