Double renaissance pour «Toronto, je t’aime» de Didier Leclair

Didier Leclair, Toronto, je t’aime
Didier Leclair, Toronto, je t’aime, roman, Éditions Terre d’Accueil, collection Motema, 2022, 186 pages, 24,95 $.
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Vingt-deux ans après sa parution aux Éditions du Vermillon, le roman Toronto, je t’aime de Didier Leclair jouit d’une double renaissance.

D’abord grâce à une réédition chez Terre d’Accueil, située à Oshawa, qui se définit comme la seule maison d’édition francophone au Canada dédiée aux auteurs issus de l’immigration. Puis grâce à une traduction en anglais.

Selon l’auteur, ce roman toujours d’actualité «illustre le sentiment de renaissance des Torontois venus d’ailleurs. C’est un cri primal pour choisir une seconde naissance, celle qu’un individu choisit.»

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Didier Leclair lors d’une activité à la Bibliothèque de références de Toronto. Photo: Sylvie Gervais.

Un Béninois à Toronto

Le personnage principal est un Béninois qui arrive dans la Ville Reine, avec pour seul contact un ami d’enfance.

Il y rencontre des «frères» de circonstances, pour qui les rapports à l’intégration sont très nuancés. Au dire de l’écrivain Paul Savoie, Leclair «réussit à nous faire entrer dans l’intimité de ses personnages et nous faire vivre les mêmes émotions et les mêmes questionnements qu’eux».

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En résumé, Toronto, je t’aime est «cette obsession de vouloir vivre ailleurs, d’être heureux autre part». Au bout du compte, le nouvel-arrivant est heureux d’aimer une ville trop grande pour en percer tous les secrets.

La rue Yonge, un reptile

Didier Leclair décrit la rue Yonge comme «un reptile étroit dont la longueur faisait preuve de croissance éternelle». Les gratte-ciels de la Ville Reine sont comme «des tours de Babel égrenées par des dieux ivres de leur puissance».

Toronto, je t’aime est le premier roman de Didier Leclair. L’importance de la musique, du rythme d’une chanson, s’y trouve déjà avec des références à Bob Marley, Billie Holiday ou Jimmy Cliff. Toronto devient «la scène d’un grand concert rock».

En relisant cet ouvrage, j’avais oublié que la sexualité y tenait une place de choix. C’est en traversant l’extase et l’étourdissement d’une pénétration que le personnage principal murmure «Toronto, je t’aime.»

Nombreux sont les coups de reins qui annoncent l’apocalypse des sens. «Toronto est aussi une femme libérée.»

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Toronto, I Love You, de Didier Leclair
Toronto, I Love You, de Didier Leclair, publié chez l’éditeur Mawenzi House.

Prix Trillium en 2000

Lors de sa publication en 2000, Toronto, je t’aime avait remporté le prestigieux Prix Trillium. Il me semble que la réédition aurait dû inclure un dossier de presse, peut-être aussi une préface d’un critique littéraire comme François Paré et, en annexe, une entrevue avec l’auteur.

Traduit en anglais par Elaine Kennedy, Toronto, I Love You vient aussi de paraître chez l’éditeur Mawenzi House.

Selon la critique Deborah Dundas du Toronto Star, Leclair «helps us see the city with fresh eyes».

Ray Conlogue, du Globe and Mail, écrit: «Over and above its literary qualities, it’s a significant book because it shows that Toronto’s ethnic vitality is spreading across language lines.»

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