Doigté et suspense garantis

Clare Mackintosh

Clare Mackintosh, Laisse-moi en paix, thriller traduit de l’anglais par Françoise Smith, Éditions Marabout, 2018, 432 pages, 29,95 $.


2 septembre 2018 à 9h00

La romancière britannique Clare Mackintosh a été traduite en 35 langues. Son tout dernier thriller s’intitule Laisse-moi en paix et mérite rien de moins que le prix Polar international de Cognac. Qui est coupable? Quel est le motif? La réponse est cachée par des rebondissements jusqu’à la dernière ligne.

Site de suicides

L’auteure a passé douze ans dans les forces de police avant de se consacrer à l’écriture. Elle campe ses personnages sur la côte sud de l’Angleterre près de Beachy Head, un promontoire de craie dont la hauteur de 162 mètres en fait un des sites de suicide les plus connus au monde.

Dès les premiers chapitres, on apprend que Tom et Caroline Johnson, âgés respectivement de 58 et 48 ans, ont sauté du haut de la célèbre falaise, à sept mois d’intervalle. Le coroner conclut à deux suicides même si les corps n’ont pas été retrouvés, en raison de la marée haute.

La fille du couple disparu, Anna, n’accepte pas le suicide de sa mère, une femme forte et confiante «qui n’aurait jamais renoncé à vivre». Devenue maman à son tour, Anna décide de fouiller le passé, mais se voit rapidement menacer. Fraude, conspiration et mensonges semblent plus rassurants.

Enquêteur original

Anna confie ses doutes à Murray, un ancien policier-enquêteur qui se fie plus à son instinct et à son expérience qu’aux règles de la police judiciaire. «Quand cela sentait l’embrouille, que cela avait le goût de l’embrouille, il y avait des chances pour que ce soit une embrouille. Même si ça n’en avait pas l’air.»

Le point fort de Murray consiste à envisager les problèmes sous un angle original. Bien qu’atteinte de troubles psychologiques, sa sympathique et perspicace épouse lui vient en aide. Le tissu de mensonges ne tarde pas à s’effilocher. On sent la mise en scène, le suicide trop parfait.

Suicide, meurtre, faux suicide, tout est sur la table dans ce thriller finement architecturé. Le sexe ou l’argent explique plusieurs crimes, mais Murray découvre une autre raison qui peut pousser les gens à disparaître…

Je ne vais évidemment pas vous dévoiler l’identité de la, le ou les coupables. Je vous signalerez tout simplement que rien n’est plus bizarre que les gens. «Comment peut-on connaître une personne toute sa vie sans la connaître du tout?»

Peur de la vie

Dans Laisse-moi en paix, Clare Mackintosh réussit avec brio à décrire le cheminement d’une protagoniste qui n’a pas peur de la mort mais plutôt de la vie.

Le style de Mackintosh est alerte et sa psychologie des personnages demeure solide. Les chapitres sur Anna sont écrits au «je», ceux sur Murray en narration. D’autres nous apparaissent d’abord comme une voix d’outre-tombe.

Le suspense est maintenu de la première à la dernière ligne, littéralement, avec un doigté bien rendu dans la traduction en français. Laisse-moi en paix à toutes les chances de figurer dans mes cinq coups de cœur de l’année 2018.

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