Diabète: un regard vers la thérapie cellulaire

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Publié 14/12/2015 par Constance Longobardi

Au Centre Donnelly, 160 rue College, des laboratoires abritent des chercheurs qui pourraient bien bouleverser notre quotidien. Ce bâtiment, spécialisé dans la recherche cellulaire et biomédicale, dépend de l’Université de Toronto.

Parmi ces scientifiques chevronnés, se trouve Virginie Coindre. Diplômée de l’Université de technologie de Compiègne (France), l’étudiante a décidé de s’engager dans une thèse.

«Mon équipe travaille sur deux thèmes principaux: la création d’un pancréas artificiel et l’amélioration de la biocompatibilité des dispositifs médicaux.» La jeune Française, âgée de 25 ans, use de termes scientifiques qui en laisseraient pantois plus d’un.

Inné et acquis

Sous la tutelle du professeur Michael Sefton, Virginie Coindre s’est spécialisée en diabète.

Incollable sur le sujet, elle décrit les caractéristiques de la maladie. «Il y a deux types de diabète: le premier est juvénile. On naît avec. Le deuxième s’acquiert. Quand une personne est atteinte du diabète, les cellules de son pancréas produisent peu ou pas d’insuline.»

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«Cette hormone est pourtant primordiale pour aider le sucre à pénétrer toutes les cellules du corps. Sans insuline, pas d’énergie», ajoute-t-elle.

30 millions de personnes seraient atteintes par la maladie en Amérique du Nord. «On connaît tous quelqu’un qui a le diabète. Le problème est qu’il entraîne d’autres pathologies et coûte énormément à la société», précise Virginie Coindre derrière sa blouse blanche.

Une maladie également contraignante à vivre au quotidien, lorsqu’elle atteint un stade avancé: «Être diabétique signifie mesurer, trois à quatre fois par jour, le taux de sucre dans le sang. En fonction de ce taux, il faut s’injecter une dose appropriée d’insuline. Quatre fois par jour, on te rappelle que tu es malade…», déplore la doctorante qui précise également que le diabète «n’a aucune chance de disparaître» sans traitement.

«Soigner par les cellules»

Pour améliorer la vie des diabétiques, Virginie Coindre planche sur la thérapie cellulaire.

«Quand nous sommes malades, on nous donne des médicaments. Cette fois, l’idée est de soigner par les cellules.» «Potentiel immense», «révolutionnaire», «grande avancée»: l’étudiante ne manque pas de complimenter la thérapie cellulaire.

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Mais qu’est-ce au juste? «Dans le cas du diabète, il faut insérer des cellules qui fonctionnent dans une poche qui synthétise de l’insuline», explique la chercheuse.

Si Virginie Coindre semble enthousiaste, elle n’omet pas de souligner les difficultés du projet. «Quand on place un corps étranger comme dispositif médical dans le corps, ce dernier a tendance à l’isoler et créer une capsule fibreuse autour du dispositif. À cause de cette capsule, l’insuline ne peut pas être sécrétée.»

Ce frein est le cœur même de la thèse de Virginie: «Comment peut-on faire en sorte qu’un dispositif soit accepté par le corps et qu’il fonctionne en synergie avec le corps?» C’est tout l’enjeu de la biocompatibilité.

Toronto pionnière

Si la doctorante a choisi Toronto, c’est bien parce que la ville présente de nombreux atouts concernant la recherche scientifique: «Elle est connue pour être pionnière dans la médecine régénératrice et le traitement de maladies par thérapie cellulaire.» C’est également ici qu’a été inventée l’insuline.

Ce projet pourrait être réalisable sous une dizaine d’années.

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«Au final, il se peut que ça ne marche pas», commente Virginie Coindre. «Si c’est un échec, il servira à quelqu’un d’autre. Ce qui est important, c’est de faire avancer la recherche scientifique. Parfois, par des résultats négatifs, on obtient des résultats positifs.»

En attendant, la jeune Française s’avoue définitivement conquise par la recherche: «Après ma thèse, j’aimerais intégrer une entreprise biomédicale dans le département Recherche et Développement. Je souhaite vraiment sentir que je contribue à l’avancement de produits qui améliorent la santé.»

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