Des statues de cire qui vous surprendront

Le musée Grévin de Montréal

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Si vous pensez qu’un musée de statues de cire est vieillot, poussiéreux, statique alors le Grévin Montréal vous surprendra, comme cela m’est arrivé. Agréablement. Le Grévin Montréal a ouvert le 19 avril dernier, soit le premier au monde hors de France.

Le Grévin Montréal étonnera par sa scénographie notamment : les mises en situation des personnalités, leur enchaînement et les perspectives d’une pièce à l’autre, avec ambiance sonore, projections, interactivité numérique pour certains.

L’art du vrai-semblant

Le Grévin Montréal regroupe près de 120 personnalités-statues, dont près des trois quarts ont été conçus spécialement pour la version montréalaise et près de 80 sont natives du Canada.

Le Grévin Montréal est à aborder comme une exposition d’art visuel, certes tirant sur le divertissement, mais «pour le plaisir des yeux». Cette visite dans «l’art du vrai-semblant», selon la formule du Grévin, s’apparente à un voyage dans le temps et dans l’espace, où l’anachronisme est de rigueur. Et le temps y filera sans le voir passer.

Il y a des classiques incontournables. Un Charlebois (plus vrai que nature) sur une patinoire en maillot des Canadiens. Un Vigneault rayonnant dans son pays, l’hiver. Ou les chefs d’État, de «l’Hôtel Grévin» : De Gaule, Obama, la (toute petite) reine Elizabeth II et un trio canadien, Trudeau, Drapeau et Lévesque.

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L’ombre de De Gaule s’étire à l’infini sur un mur blanc et invite à poursuivre plus loin dans un couloir qui débouche sur trois pièces.

Dans la première, John Lennon et Yoko Ono dans un grand lit blanc en plein ­Bed-in for Peace, à Montréal (!) en 1969 (et le Give peace a chance en boucle).

Puis, une réussite d’immersion totale et primeur montréalaise: Andy Warhol face à Albert Einstein, les deux crinières blanches en bataille.

Aux murs une explosion (de créativité?) de pop art recouvert d’équations mathématiques, dans une lumière noire par alternance.

Ensuite se profile un enchaînement des plus accrocheurs: le maître du suspense Alfred Hitchcock, du design numérique Steve Jobs, de la non-violence, Gandhi et de l’exploration dans l’espace, l’astronaute Sylvie Payette.

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Les grands de ce monde

Une salle de bain dénudée, avec un véritable rideau de douche, l’ombre de rangées d’oiseaux démesurés, où le cinéaste au visage jovial lit impassible un scénario, dans une ambiance sonore inquiétante.

Derrière Hitchcock, sur fond de lignes vert pomme évoquant des circuits imprimés informatiques, Steve Jobs est là, vêtu de noir, col roulé habituel et lunettes rondes, en pleine présentation, sur scène, semble-t-il.

Puis en enfilade devant des rangées de bougies allumées tapissant les murs, Gandhi surprend, debout, appuyé sur son bâton, un châle blanc sur les épaules, chaussé lui aussi de lunettes rondes.

Après la quête de l’infiniment «épeurant», de l’infiniment petit: la quête de l’indépendance teintée de spiritualité.

Enfin, derrière Gandhi apparaît un tunnel de verre-miroir vers une photo de la terre depuis un vaisseau spatial et une Sylvie Payette en combinaison orange, bouclant la boucle, la quête de l’infini dans l’univers.

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L’astronaute laisse alors la place à… l’astrolabe dans l’espace suivant: la Nouvelle-France et le plus travaillé dans le multimédia.

Devant une grande voile blanche flottant au vent, Samuel de Champlain, est penché sur sa carte.

En face, un autre illustre navigateur, Cartier, observe dans l’ombre. Puis suivront entre autres Jeanne Mance, le comte de Frontenac, le général Wolfe, le chef amérindien Pontiac et une évocation en ombres chinoises et bande sonore de la bataille de Québec, élégante de sobriété.

Les vedettes

Au bout de la visite, le bouquet final est une explosion «people» : la salle de bal où Céline Dion se produit sur scène (avec des chaussures données par la chanteuse), devant un parterre où se mêlent visiteurs et nombreuses vedettes, dont Michael Jackson, Lady Gaga, Leonardo Di Caprio, Meryl Streep, Pénélope Cruz.

À noter enfin, le prologue, un sas de décompression du réel à l’irréel, le Palais des saisons, un son et animation de nos quatre saisons canadiennes, très attachant de douceur et un clin d’œil au prologue du Palais des mirages au Grévin Paris, présenté lors de l’exposition universelle de 1900.

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Sans oublier au fil de la visite les Ferland, Dufresne ou Nadia Comaneci vêtue du juste au corps même, porté aux Jeux olympiques de Montréal en 1976.

Et bien d’autres personnages encore, que l’on peut tous évidemment toucher.

Alfred Grévin

Ouvert en 1882 à Paris, le musée Grévin d’origine porte le nom du directeur artistique de l’établissement à cette époque, le sculpteur, caricaturiste et concepteur de costumes de théâtre, Alfred Grévin.

Mais le créateur du musée est le journaliste et propriétaire du journal «Le Gaulois», Arthur Meyer qui voulait ainsi aménager un lieu pour représenter en trois dimensions les personnalités qui faisaient la Une de son quotidien ou les acteurs de l’actualité.

Plus d’une vingtaine d’artistes collaborent pour créer ces personnages dont le visage est en cire et le corps en résine, sculpteurs, maquilleurs, spécialistes de l’implantation des poils, ocularistes et prothésistes dentaires, stylistes pour les costumes et accessoires, coiffeurs… Un espace du Grévin Montréal permet d’ailleurs de passer à l’envers du décor et dévoile tout le processus de fabrication.

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Les Musées Grévin de Paris et de Montréal sont la propriété de la Compagnie des Alpes (CDA), qui gère 25 sites en France, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne, soit 11 domaines skiables et 14 parcs de loisirs (dont Chamonix, Val-D’isère, Tignes, La Plagne, le Parc Astérix et le Futuroscope). La CDA pèse 678 millions d’Euros (soit 937 millions $ CAN, chiffre d’affaires consolidé au 30 septembre 2012) et près de 23 millions de visiteurs par an.

Le Grévin Montréal a représenté un investissement d’une valeur de 10 millions d’euros (environ 14 millions $). Le troisième Grévin au monde est annoncé à Prague en 2014.

À ne pas manquer cet été à Montréal :

Les Mosaïcultures Internationales, après 10 ans d’absence, l’exposition d’art topiaire propose de superbes œuvres monumentales parsemées dans le jardin botanique, jusqu’au 29 septembre 2013 (www.mosaiculture.ca).

L’Exposition Chihuly, un stupéfiant souffleur de verre créant des paysages sous-marins éclatants de couleurs, entre autres, au Musée des Beaux-Arts de Montréal (www.mbam.qc.ca/chihuly), jusqu’au 20 octobre 2013.

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Le nouveau Planétarium (formant le nouvel Espace pour la vie, avec le Biodôme et le jardin botanique), dont deux films, des expositions interactives très réussies et fort éducatives, abordables pour tous les âges (www.espacepourlavie.ca/planetarium‎).

Visites guidées en scooter électrique, offrant la souplesse et la simplicité du vélo, sans transpirer en montant au sommet du Mont-Royal et admirer la vue sur la ville puis aller découvrir le ravissant quartier Saint-Henry et nouveau coin branché avec une guide et blogueuse qui fait découvrir un Montréal hors des sentiers battus (dyadcycles.com).

Où dormir :

L’Hôtel Saint-Martin à deux pas du Grévin Montréal, un hôtel boutique très relax. Chambres à décoration hybride moderne-classique un peu déroutante, mais confortables. Excellent petit-déjeuner et ravissante mini-piscine (www.lestmartinmontreal.com).

Où manger :

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Café Grévin par Europea dans le style bistro et délicieux desserts (www.grevin.com/cafe-grevin).

Grumman78, restaurant d’inspiration mexicaine dans Saint-Henry et le QG d’un camion de restauration ambulante, à l’ambiance très branché dans un coin à saveur industrielle et sortir des quartiers classiques (www.grumman78.com).

Le Valois, restaurant d’inspiration française au délicieux brunch, dans Hochelaga non loin de l’Espace pour la vie et du stade olympique, Place Simon-Valois (www.levalois.ca).

La boulangerie fromagerie Arhoma sur la Place Simon-Valois à Hochelaga également, pour d’excellentes viennoiseries, sandwichs, salades et une gamme complète de fromages du Québec, à déguster à l’extérieur sur la ravissante petite place Simon-Valois au design urbain très contemporain (www.arhoma.ca).

Guides pour découvrir Montréal :

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Le Guide Ulysse Montréal (Février 2012) est un incontournable, car l’entreprise est montréalaise mais surtout par la qualité du survol historique de la ville en introduction et des nombreux circuits de visites proposés et autres bonnes adresses où manger et dormir (chapitres individuels disponibles sous format numérique). Sans parler d’autres guides Ulysse sur Montréal plus spécialisés : Montréal Créatif, Montréal gourmand, Fab uleux Montréal ou Montréal Insolite et Secrète.

Le Guide Tao Montréal et sa région – insolite et durable, récemment distribué par les guides Ulysse, de l’éditeur français et spécialiste en tourisme durable propose un répertoire des restaurants écoresponsables de la métropole québécoise (réalisé en association avec Tourisme Montréal).

* * *

Billets 17,50, www.grevin-montreal.com, Centre Eaton, 705, rue Ste-Catherine O (Mo McGill). 1h30 de visite en moyenne.

Charles-Antoine Rouyer était invité de Tourisme Québec (www.bonjourquebec.com), de Tourisme Montréal
(www.tourisme-montreal.org) et du Musée Grévin.

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