Des mots et des images pour observer le monde


15 janvier 2008 à 11h48

La photographe québécoise Josée Pellerin expose pour la première fois à Toronto au sein de la galerie Glendon. Le public torontois peut découvrir son travail avec Heureusement qu’il y avait le monde autour de moi, jusqu’au 8 février.

«Heureusement qu’il y avait le monde autour de moi, heureusement que j’ai pu sortir de moi, heureusement que j’ai pu créer… ».

En quelques mots, Josée Pellerin rend explicite le titre de son exposition et sa démarche: regarder le monde, poser son regard autour de soi, pour en extraire des instants volés ouverts à l’imagination.

«En regardant autour de soi, on s’aperçoit… que tout est là!», souligne-t-elle.

Ses photographies nous emmènent au cœur d’un univers urbain, des scènes banales aux petits détails du quotidien. Ici, une façade d’immeuble prenant la forme d’une mosaïque à ciel ouvert. Là, l’intérieur reposant d’un salon. Des univers tantôt chaleureux, tantôt intimidants.

Voilà pour le thème. Maintenant la méthode: à chaque fois, deux photographies associées et mises en lien avec du texte. Un rendu intriguant et qui nécessite quelques explications…

«Nous vivons dans un monde d’images. Elles sont appréhendées en un instant puis digérées aussi vite. En associant deux photos et des inscriptions, j’ai voulu étirer cette temporalité, rendre la photo plus interactive», explique-t-elle.

En d’autres termes, activer les méninges de l’observateur. Sur chaque œuvre, une phrase, des mots mettent en perspective les images.

L’ensemble se fait alors abstrait en nous emportant dans un monde imaginaire ou bien réel en recréant une scène de la vie quotidienne.

Là encore, c’est avec les explications de leur créatrice que ces ensembles font sens: «Les extraits de textes constituent des «photos textuelles», ils ont été rédigés de la même manière qu’une photographie. Comme si j’appuyais sur le déclencheur à un moment donné, les mots me viennent au hasard de mes déambulations.»

Ces «photos textuelles» sont ensuite associées à de véritables photographies et viennent alors recréer un espace de fiction: «Les textes ne proviennent pas forcément des mêmes lieux que les photos. Un texte écrit à New York pourra par exemple être associé à une photographie prise à Buenos Aires. L’important est l’espace de fiction créé. Texte et image racontent alors leur propre histoire, c’est l’objet de ma recherche.»

L’accent est mis sur la prise de vue, peu ou pas de retouche, simplement pour jouer parfois sur la luminosité: «Je retravaille rarement mes photos, simplement pour parfois mettre le focus sur un élément ou en faire ressortir un autre.»

Quant aux prises de vue, elles sont en général spontanées: «Je ne sais jamais à l’avance ce que je vais photographier. Au gré de mes déambulations, mon appareil se pose sur des détails, sur des scènes de la vie quotidienne, mais rien n’est préparé!»

Une démarche qui n’est pas sans rappeler celle de son illustre prédecesseur Cartier-Bresson…

Photographe depuis plus de 10 ans – elle a commencé par la peinture – Josée Pellerin s’amuse à jouer avec mots et images pour inventer des histoires. Elle nous offre une jolie exposition, pour la première fois offerte au public torontois.

Heureusement qu’il y avait le monde autour de moi par Josée Pellerin. Jusqu’au 8 février à la Galerie Glendon, 2275 avenue Bayview. www.glendon.yorku.ca/gallery.

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