Des milliers de prisonniers allemands au Canada

Wayne Arthurson
Wayne Arthurson, Les Traîtres du Camp 133, roman traduit de l’anglais par Pascal Raud, Lévis, Éditions Alire, 2018, 342 pages, 27,95 $.
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«Trop de questions, trop de coïncidences. Il est temps d’obtenir des réponses.» Voilà ce que se dit un sergent qui enquête sur la mort d’un capitaine retrouvé pendu dans un camp de prisonniers allemands à Lethbridge (Alberta), en juin 1944. L’enquête est imaginée par Wayne Arthurson qui signe le roman Les Traîtres du Camp 133.

On connaît peu le fait que le Canada ait joué le rôle de geôlier durant la Seconde Guerre mondiale. De 1940 à 1946, plus de 35 000 prisonniers de guerre allemands sont détenus dans une vingtaine de camps répartis en Alberta, en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Ces prisonniers étaient transférés en sol canadien à la demande de la Grande-Bretagne. Les camps de Lethbridge et Medicine Hat, en Alberta, sont les plus grands qu’ait connus l’Amérique du Nord.

12 000 prisonniers à Lethbridge

L’auteur s’inspire de cette page d’histoire qui sert de toile de fond à son roman. Il note qu’avec 12 000 prisonniers à Lethbridge, «il était presque impossible pour les Canadiens et leurs Veterans Guards de diriger le camp».

Les prisonniers allemands avaient leur propre structure militaire de commandement (général, colonel, capitaine. lieutenant, sergent, caporal) qui gérait le quotidien du camp 133.

Le sergent August Neumann est chef de la Sécurité civile, dans ce camp où on retrouve aussi bien des prisonniers de la Wehrmacht que de la Légion étrangère, qui se toisent comme chats et chiens. Le camp opère comme une petite ville où «tout le monde sait quand il vaut mieux laisser quelqu’un seul et comment traiter un paria».

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Wayne Arthurson décrit le jeu de pouvoir avec force détails. Le caporal Klaus Aachen suit le sergent Neumann, devine ses pensées, voire ses décisions avant même qu’elles soient émises.

Quand le caporal Aachen est sauvagement attaqué par des hommes masqués, Neumann comprend que son enquête dérange. Cette attaque lui permet de tenir enfin une première piste sérieuse…

Recherche solide et minutieuse

L’auteur a effectué une recherche aussi solide que minutieuse. J’ai parfois senti que les nombreuses données recueillies alourdissaient la narration. N’empêche que certains détails demeurent intéressants, comme cette «réserve inépuisable de cigarettes, courtoisie du gouvernement canadien».

Quant aux dialogues, ils sont parfois crus: «Va chier avec tes mondanités, le Boche, je travaille pour gagner ma vie, répondit sèchement le Canadien.»

Les Traîtres du Camp 133 est une intrigue policière qui, dans le contexte d’un camp de prisonniers, devient une sorte de huis clos trépidant où les membres de la Wehrmacht ne sont jamais à l’abri de coups assenés par des légionnaires… aussi bien cachés soient-ils.

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