Des candidats unilingues anglais au conseil scolaire francophone?

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En l'absence de controverses et de candidats connus, la participation aux élections municipales et scolaires est souvent anémique. Photo: iStock
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La politique n’attire pas que des citoyens désireux d’optimiser la gouvernance de la société, maximiser les libertés individuelles, promouvoir la paix et la sécurité, protéger la santé et l’environnement.

Le «service public» attire aussi son lot de mégalomanes, messies et dictateurs en puissance… Ainsi que des illuminés et hurluberlus inclassables. En vue du scrutin du 24 octobre à Toronto, le maire John Tory sollicite un troisième mandat face à 30 adversaires… tous plus inconnus les uns que les autres.

Nos gouvernements pléthoriques, intervenant dans tous les domaines, attirent évidemment aussi une foule de promoteurs d’intérêts particuliers, ou prêts à monnayer leur influence auprès de ces intérêts.

Une sinécure

Mais la politique attire aussi des gens qui y voient une sinécure, un travail facile bien payé, donnant accès à des privilèges, n’exigeant que de l’entregent, des sourires, de la compassion… au forçaille des promesses vagues vite oubliées.

Surtout en politique locale, où les enjeux sont censés être plus techniques et moins controversés, à laquelle les citoyens et les médias prêtent moins d’attention.

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L’actuelle présidente du Conseil scolaire Viamonde, Geneviève Oger, est élue par acclamation dans Toronto Ouest. Elle avait un site web de campagne et fournissait son courriel.

Plusieurs élus par acclamation

Pour la francophonie d’ici, nos élections aux conseils scolaires public Viamonde et catholique MonAvenir devraient servir d’exercice démocratique stimulant et valorisant.

En vue du scrutin du 24 octobre, 5 des 12 sièges à Viamonde, et 8 des 12 sièges à MonAvenir, sont déjà pourvus par acclamation, c’est-à-dire qu’un candidat est élu sans opposition.

Dans presque tous les cas, il s’agit de conseillers sortants, avantageusement connus dans leur communauté, contre qui personne n’a songé à se présenter.

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Duel pour le siège de Durham-Peterborough au Conseil scolaire Viamonde.

Aucun candidat à Niagara

À MonAvenir, on a deux luttes à trois (à Toronto Est et à Waterloo) et deux duels (à Peel et à Hamilton). Curieusement, trois des quatre élections impliquent l’actuelle présidente, une ancienne présidente et un ancien président du conseil scolaire catholique.

La quatrième élection, à Toronto Est, se déroule dans la plus grande discrétion.

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À Viamonde, des élections ont lieu dans les régions de Toronto Centre, Durham, Simcoe et Waterloo (2 candidats pour chacun de ces secteurs), York (3) et Essex (4).

Personne ne s’est avancé pour représenter la région de Niagara à la table de Viamonde. C’est embarrassant. Les élus du 24 octobre procéderont à une élection partielle ou une nomination plus tard cet automne, comme le prévoit la loi.

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Bien qu’élu sans opposition au Conseil scolaire catholique MonAvenir, Marcellin Kwilu fournit sa photo, son courriel et une présentation dans le site elections.ontarioschooltrustees.org.

Candidats inconnus dans Toronto Centre

On devrait se réjouir que deux personnes, Joseph Forca et Amina Bibi Bhaiyat, convoitent le siège de Viamonde dans Toronto Centre (où se trouvent les écoles élémentaires Gabrielle-Roy, La Mosaïque, Pierre-Elliott-Trudeau, et l’école secondaire Collège français).

Or, contrairement à presque tous les autres candidats et candidates ailleurs, ces deux personnes sont inconnues dans la communauté. Elles ne mènent aucune campagne. Elles sont introuvables sur les réseaux sociaux. Elles ne fournissent pas de courriels (quatre autres candidats à Viamonde, et les trois à MonAvenir dans Toronto Est, ne diffusent pas leur courriel).

Et selon plusieurs intéressés qui ont alerté l-express.ca, l’une d’entre elles, et peut-être les deux, seraient incapables de s’exprimer en français. Il est possible qu’ils ne soient pas des “ayant droit”, c’est-à-dire parlant français ou ayant fréquenté une école française au Canada, auquel cas l’organisation des élections serait fautive.

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Ce serait des opportunistes qui auraient posé leur candidature comme on achète un billet de loterie. Sachant que la majorité des électeurs ne connaissent pas les candidats aux postes de conseillers scolaires – et même de conseillers municipaux – et voteront au hasard.

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Lutte à trois dans Waterloo, Brant, Haldiman, Norfolk au Conseil scolaire catholique MonAvenir.

Absents ou inactifs

Malheureusement, ce n’est pas du jamais vu. Plusieurs conseils scolaires doivent composer, de temps en temps, avec de tels élus «accidentels», qui deviennent par la suite presque toujours absents ou muets.

Au minimum, nos parlements devraient prévoir des sanctions – de la perte de rémunération jusqu’à la destitution – contre les élus trop inactifs.

Pour éviter de telles situations, la loi devrait exiger que chaque candidat fournisse à un registre public un minimum de coordonnées, d’informations personnelles pertinentes, sa photo et un message justifiant sa candidature. La suite appartiendrait aux électeurs.

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