Des armes plus puissantes qu’un flingue

Michael Connelly, Nuit sombre et sacrée, roman traduit de l’anglais par Robert Pépin, Paris, Éditions Calmann-Lévy, 2020, 456 pages, 32,95 $.
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Auteur de 39 thrillers, dont 25 qui mettent en scène l’inspecteur Harry Bosch et trois consacrés à l’inspectrice Renée Ballard, Michael Connelly présente le face-à-face tant attendu Bosch-Ballard dans Nuit sombre et sacrée. Le Washington Post parle d’un roman spectaculaire. J’ai des réserves.

Ce n’est pas le premier Connelly que je lis en excellente traduction par Robert Pépin. J’ai été attiré par ce titre en raison du sujet annoncé par l’éditeur: une fugueuse de quinze ans kidnappée, assassinée, puis jetée dans une benne à ordures… et neuf ans qui passent sans qu’on ait une seule idée du type qui a tuée Daisy Clayton.

Le roman dévie allègrement de cette intrigue.

Hollywood

L’histoire nous plonge dans Hollywood, «destination finale de tous les monstres et autres perdants de la société». C’est là que l’inspectrice Renée Ballard travaille de nuit pour le Los Angeles Police Department.

Elle fait la rencontre de l’ancien inspecteur Harry Bosch qui cherche à résoudre un cold case ou une affaire non résolue, notamment celle de Clayton. Les deux décident de faire équipe.

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Connelly écrit que les inspecteurs Bosch et Ballard ont acquis un sixième sens sur le caractère des gens et doivent souvent lui faire confiance pour juger un suspect. Ils ne sont pas du genre à s’en tenir à une prudence carriériste ou à des protocoles établis quand vient le temps d’interroger des représentants méprisables de l’espèce humaine.

Enquêtes parallèles

Ces représentants pullulent dans le roman, tant et si bien que nous sommes entraînés dans une foule d’enquêtes qui n’ont rien à voir avec le cas de Daisy Clayton et qui occupent au moins 300 des 450 pages.

Il est question, par exemple, d’un John le Baptiste qui se balade dans tout Hollywood pour y chercher des âmes à sauver. Ou encore d’un homme qui a baisé un bon millier de femmes…

Les multiples sous-intrigues semblent démontrer qu’il n’y a jamais rien de neuf et que plus rien ne choque. Chaque interpellation fait l’objet d’une fiche d’information remplie par les policiers de faction.

Au verso de ces fiches, il y place pour un commentaire personnel; l’un des policiers a un style coloré, ce qui donne: «Ce n’est pas la première fois que nous croisons le chemin de cet Eagle. C’est un fleuve profond et cancéreux de haine et de violence qui court dans ses veines.»

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Menacer la famille

Pour ajouter une touche sentimentale, Connelly campe la fille de Bosch, qui est menacée par un criminel que pourchasse son père. Or, il n’est pas de plus grand crime contre un officier de police que celui de menacer un membre de sa famille. «Le faire, c’est s’exposer à tout.» On peut alors Servir et Protéger dans sa forme la plus crue.

Parlant de famille, Connelly décrit comment le tueur de Daisy Clayton a fait deux victimes pour le prix d’une. Même s’il n’a jamais rencontré ou seulement vu la mère de Daisy, «il avait pris tout ce qui avait de l’importance pour elle et l’avait tout aussi bien tuée, elle, qu’il avait tué sa fille».

Le tandem Bosch-Ballard risque fort bien de se retrouver dans un prochain roman de Connelly pour la simple raison que leurs armes ne se limitent pas au flingue en bandoulière. Leurs intelligences, leurs ruses et leurs caractères bien trempés en font des partenaires taillés sur mesure.

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