De l’ADN inconnu dans certaines populations africaines

Nos ancêtres Homo sapiens ont croisé d’autres espèces disparues encore inconnues.


15 avril 2018 à 6h00

En observant des gènes «fantômes» dans certaines populations d’Afrique de l’Ouest, des chercheurs de l’Université de Californie à Los Angeles ont ajouté au débat sur les rencontres entre nos ancêtres Homo sapiens et d’autres espèces archaïques et disparues, telles l’homme de Néandertal.

On sait maintenant depuis quelques années que les humains non africains ont des traces dans leur ADN de leurs cousins Néandertaliens ou Dénisoviens, croisés au hasard des migrations hors d’Afrique.

150 000 ans

Or, certains Homo sapiens n’ont jamais quitté leur continent natal. Et plusieurs études réalisées suite au 1000 Genomes Project montrent la persistance, dans les gènes de leurs descendants d’aujourd’hui, d’un ADN archaïque, qualifié de «fantôme» car provenant d’une ou plusieurs espèces Homo non encore répertoriées.

Une étude réalisée par des chercheurs de l’Université d’État de New York à Buffalo et publiée en juillet 2017 s’était intéressée aux populations d’Afrique subsaharienne. Elle avait conclu que leurs ancêtres ont croisé une espèce humaine inconnue il y a 150 000 ans.

Même résultat pour la nouvelle étude de ces chercheurs de Californie, qui s’est focalisée sur les Yorubas, un groupe ethnique d’Afrique de l’Ouest présent principalement au Nigéria.

Multiples croisements

Les chercheurs ont émis des hypothèses sur cet ou ces ancêtres inconnus. L’homme de Néandertal et celui de Denisova ont été sortis de l’équation, puisqu’ils avaient quitté l’Afrique. D’autres Homo ont été envisagés mais aucune piste ne semble satisfaire les chercheurs.

Quoi qu’il en soit, ces recherches montrent que les populations humaines actuelles ne descendent pas d’un groupe unique, mais sont le fruit de multiples croisements avec des espèces Homo aujourd’hui disparues.

Ces réminiscences qualifiées d’archaïques sont potentiellement la source de certaines de nos aptitudes ou résistances, comme l’écrivait Chris Stringer, chercheur au Muséum d’histoire naturelle de Londres, dans un article paru dans Nature en mai 2012.

Nous sommes tous Africains

Prévenant toute tentation de classer les humains selon le degré de «modernité» ou «d’archaïsme» de leurs gènes, il rappelait que «la grande majorité de nos gènes, morphologies et comportements, provient de notre héritage africain commun».

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