L’ADN de l’amour et de la haine

Guy Verville, Falaise, roman, Montréal, VLB éditeur, 2015, 318 pages, 25,95 $.

7 avril 2015 à 9h21

Bien que Falaise soit son quatrième roman, c’est la première fois que je découvre Guy Verville. Le sujet du livre m’a attiré, soit quatre enfants élevés dans l’utopie de la libération sexuelle, qui reviennent à la maison après quinze ans d’absence pour les funérailles de leur père. Chacun découvre qu’il n’est pas facile de faire la paix avec son passé.

Serj, Yvonne, Héloïse et Xavier ont eu des «parents combatifs, jouisseurs, artistes et surtout grotesques».

André et Diane ont élevé ces quatre enfants sans savoir comment les aimer. Ils ont laissé des démons pervers rôder autour, des mensonges s’infiltrer entre les quatre murs et des vérités s’accrocher «dans les placards fermés à clé».

Enfant, Xavier a examiné ses parents par le trou de la serrure; il a trop vu André et Diane «pour les admirer, les comprendre ou les aimer.» Quant aux autres, l’enfance a été un leurre, une mauvaise pensée.

Le testament d’André stipule que ses avoirs ont été placés dans une fiducie. Tous ceux qui prétendent être ses enfants, et qui espèrent obtenir quelque chose, devront passer un test d’ADN. Et l’auteur d’ajouter que «la haine et l’amour forment un chapelet confus d’ADN».

Haine et amour se font constamment écho dans ce roman finement ciselé. L’auteur semble parfois décrire comment un personnage apprend à «homogénéiser son aigreur».

On entend souvent dire que demain est un autre jour, qu’il faut prendre ça «soixante minutes à la fois, et si possible, une shot de gin au quart d’heure!»

Le style de Guy Verville joue sur plusieurs registres: sarcastique, philosophique, poétique, érotique. Il écrit qu’André «préférait voyager, illuminé et guidé par les drogues, titubant sur les aromates du désir en gobant les paroles sinueuses de sirènes saisonnières».

Tel que mentionné plus haut, les enfants ont été élevés à l’époque hippie, à l’ère du peace and love. Le benjamin est un homosexuel bien dans sa peau, toujours prêt à jouir, même avec son frère bisexuel.

Xavier aime raconter ses aventures. Il explique comment, au lieu de faire ça dans les buissons, il aurait pu amener le garçon dans une chambre d’hôtel, «lui faire l’amour en lui promettant qu’ils seraient heureux ensemble toute leur vie. Mais il est plus aisé de vider ses couilles que de désaltérer son cœur.»

Les enfants ont maintenant entre 41 ans et 52 ans. Personne n’est marié. Curieusement, Yvonne et Héloïse rencontrent l’élu de leur cœur lors de ce pénible retour à la maison familiale.

Même si le défunt père semble encore vouloir mettre au pas les survivants, les débordements du cœur échappent à son orchestration d’outre-tombe.

Falaise est un roman de 310 pages sans chapitres, tout au plus des sous-titres à chaque 2, 3, 4 ou 5 pages. Les états d’âme l’emportent le plus souvent sur les rebondissements spectaculaires. Guy Verville s’avère, ici, être un fin psychologue.

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