De la magie à l’apocalypse

Histoire antique et médiévale, no 86 Juillet/Aout 2016, La magie dans l'Antiquité, Éditions Faton, 28x21 cm, 70 illustrations, 74 p.
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La magie est-elle un art, une science, un mode de communication, une illusion, un ensorcellement, un divertissement, un pouvoir secret?

La réponse est du genre un peu tout cela, selon le sens dans lequel on emploie ce mot ou on utilise l’adjectif magique pour qualifier quelque chose de visible ou d’invisible. Et ce n’est pas d’aujourd’hui qu’il en est ainsi.

Dans un texte biblique fort ancien (2000 av. n. ère?), légendaire certes, que j’ai appelé l’Épopée de Moïse dans mon livre récent, Des héros et leurs épopées, il est question des magiciens d’Égypte qui changent un bâton en serpent ou l’eau du Nil en sang, par leurs enchantements.

La magie antique

La magie égyptienne est, elle, bien réelle. Et c’est par un article qui lui est consacré que s’ouvre le numéro très bien documenté et illustré, La magie dans l’Antiquité, de la revue Histoire antique & médiévale des Éditions Faton, qui vient de paraître.

L’introduction de cet article pose la question de la réalité des mystérieuses pratiques magiques de ce pays. «Aux yeux des Grecs et des Romains, l’Égypte passait pour une terre de magie. Déjà Homère évoque les poisons et les remèdes que porte cette contrée, et les pratiques religieuses des Égyptiens n’ont cessé d’intriguer leurs voisins.

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Mais quelle était réellement la place de la magie et quelle influence a-t-elle eue sur l’Antiquité?» L’article répond à cette question par de petites études très éclairantes: Conceptions magiques dans l’Égypte antique, Magie et religion, Les objets magiques, Magiciens et malédictions, L’hermétisme, pour conclure par l’influence ultérieure de la magie.

S’étend-elle jusqu’à nos jours? Le port de certains objets, les croyances astrologiques, les formules religieuses protectrices ou chanceuses? Qui sait?

Suivent des chapitres tout aussi passionnants traitant de «La magie gréco-romaine, Magiciennes et sorcières, L’envoutement de l’Antiquité au Moyen Âge». Les ancêtres d’Harry Potter seraient-ils Égyptiens? Et l’on pourrait ajouter un chapitre consacré à la magie énochienne ou angélique, apparue au XVIe siècle et qui existe toujours.

Un livre récent (2011) veut offrir une véritable initiation libre à la magie hénokéenne, au Savoir des Anges, même pour ceux qui ne connaissent rien en magie, blanche ou noire.

La revue des éditions Faton offre un bon point de départ pour connaître et comprendre un concept qui n’a pas cessé, et ne cessera pas de si tôt, de séduire, de divertir, d’enthousiasmer, d’enflammer notre environnement par les émotions magiques qu’il suscite.

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Apocalypse

Comment passer de la magie à l’apocalypse? Il n’est pas nécessaire de recourir à des formules secrètes qui vous ouvriraient des horizons mystérieusement inconnus. Il suffit tout simplement d’ouvrir ce nouveau numéro de l’Art de l’enluminure que viennent de publier les éditions Faton et qui s’intitule L’Apocalypse de Namur, un précieux manuscrit du XIVe.

C’est une occasion rare qui nous est offerte avec ce numéro, car l’art de l’enluminure semble bien confiné en Europe et ne fait pas au Canada l’objet d’expositions révélatrices. L’Express n’a pu que faire état d’expositions qui se déroulaient au loin (par exemple celle d’Anger le 13 avril 2010, Splendeur de l’enluminure) et ne nous sont pas facilement accessibles.

L’éditeur nous présente ainsi ce numéro exceptionnel. «D’une admirable élégance, ce précieux manuscrit de l’Apocalypse a été récemment remis en lumière par le Séminaire de Namur, qui le conserve depuis des siècles: ses splendides enluminures du XIVe siècle viennent de faire l’objet d’un colloque, d’une exposition, et d’un livre dont l’auteur… participe à ce présent numéro d’Art de l’enluminure.

À l’aide du texte biblique, il commente trente miniatures illustrant le Septième sceau, l’Ange aux sept tonnerres, la Femme et le Dragon, la Fuite de Babylone, et quantité des spectaculaires visions de saint Jean…

Parallèlement, Jessica Pranger, chercheuse à l’université de Louvain et de Namur, se penche sur l’histoire de l’œuvre et sur son auteur resté anonyme. Par la comparaison avec trois autres manuscrits de l’Apocalypse, elle nous conduit à une observation fine de la remarquable qualité d’exécution des enluminures.»

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Des miniatures

Il n’est que de tourner les pages de cette revue pour voir les magnifiques reproductions de ces miniatures qui ornent chaque page. En fait, même si on se rendait à Namur, on ne pourrait pas les voir dans leur cadre historique, le précieux manuscrit étant mis à l’abri pour assurer sa conservation.

D’une grande qualité d’exécution, l’Apocalypse de Namur a incontestablement été réalisée par un artiste de tout premier plan, vraisemblablement dans les premières décennies du XIVe siècle.

À l’origine, le manuscrit comportait 52 feuillets de vélin embellis de 85 miniatures. Son histoire reste assez difficile à retracer. Si le texte avait déjà été mis en relation avec le groupe des Apocalypses «normandes», comme celles des Bien belles heures (L’Express du 24 novembre 2015), les miniatures n’avaient pas jusqu’ici fait l’objet d’aucune analyse approfondie.

Dire que ce numéro est exceptionnel, c’est rendre justice au miniaturiste anonyme, auteur de ces splendeurs, et à l’éditeur qui, nous les mettant sous les yeux, nous permet d’admirer ces trésors artistiques.

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