De fesses, de sexe et d’amour


5 août 2014 à 10h02

Le Petit Robert précise que le mot «fesse» remonte à 1360 et qu’il signifie «chacune des deux parties charnues de la région postérieure du bassin, dans l’espèce humaine». Autrement dit, les miches ou le cul tout simplement.

L’illustrateur Vincent Boudgourd et l’écrivain Vincent Malone se sont amusés à décrire une brochette de situations où On voit tes fesses, titre d’un album pour les 6 ans et plus.

Le mot «fesse» se prête à toutes les sauces ou formes. On dit bien «occupe-toi de tes fesses» (de tes affaires) ou «avoir le feu aux fesses» (être pressé). Quelque chose peu «coûter la peau des fesses» (cher) et «serrer les fesses» est synonyme d’avoir peur. Si montrer ses fesses peut être inconvenant, vous conviendrez avec moi que la vue des foufounes fait plus sourire que maudire.

Vincent Boudgourd et Vincent Malone ont uni leurs talents pour décrire trente situations ou mises en scène plus loufoques les unes que les autres. Chaque illustration occupe règle générale une pleine page de cet album très grand format (36 x 25 cm); certaines s’effoirent sur deux pages.

Sous la plume incisive de Vincent Malone, un petit détail trivial peut faire basculer dans le ridicule une situation des plus sérieuses. En voici un exemple: «Qui a dit que monsieur le maire de Rebonville n’avait aucun humour? Le premier magistrat de la commune a en tout cas contredit de belle façon cette rumeur en coupant d’un même coup de ciseau le ruban rouge inaugurant la bretelle rejoignant l’autoroute A27 (Limoges-Dieppe) et ses bretelles de pantalon.» Je vous laisse imaginer l’illustration de Vincent Boudgourd.

Au cours d’une promenade au Louvre parmi les nus, dans l’enclos des babouins au zoo, lors du défilé du 14 juillet ou d’un spectacle, Vincent Malone s’amuse à dresser des situations du quotidien, qui, sous le trait corrosif et un brin rétro de Vincent Boudgourd, basculent dès lors dans l’humour. L’album est pour les 6 ans et plus, mais je crois que les parents s’en régaleront aussi.

L’élixir d’amour

Éric-Emmanuel Schmitt m’a conquis en 2012 (Les deux messieurs de Bruxelles) et en 2013 (Les perroquets de la place d’Arezzo). Cette année, son roman épistolaire L’élixir d’amour maintient le cap de la conquête.

Ce petit livre réfléchit avec brio sur l’amour, l’amitié, le mariage, le sexe, le bonheur, bref, l’existence.

Louise et Adam ont eu une relation amoureuse pendant cinq ans, puis ont tourné la page, ou presque. Ils demeurent en contact grâce à une valse de courriels entre Montréal et Paris. Adam estime que «sexe et amour occupent deux territoires différents». À son avis, les hommes ne font pas l’amour pour dire qu’ils aiment leur partenaire, mais tout simplement pour jouir.

Louise a l’impression que sa relation avec Adam, bien que sublime, ne fut peut-être qu’une histoire d’escroquerie, sans doute parce que, aux yeux de son amant, «le temps n’est pas l’allié de l’amour». Au contraire, «l’attachement élimine l’ardeur».

Adam, qui est psychanalyste, croit que les relations amoureuses ne durent pas parce que les deux partenaires sont rarement sur la même longueur d’onde. L’un est «en avance sur l’autre, soit par son désir, soit par le déclin de son désir».

Le roman est truffé de petites réflexions lapidaires comme «les femmes aiment l’amour, les hommes le font», «on peut être maître de ce que l’on pense, jamais de ce que l’on ressent» et «le bonheur ne chausse que les bottes du provisoire».

Le style d’Éric-Emmanuel Schmitt est toujours aussi limpide, sans fioritures. Une de ses phrases m’a joué un tour. Il a écrit «ma tête pèse plus lourd qu’une montagne», mais j’ai lu «ma tête pèse plus lourd qu’un mensonge». L’auteur m’aurait-il ensorcelé…?

Observateur pertinent des caprices du cœur, Schmitt nous démontre avec fascination que l’amour ne se loge pas à l’enseigne de la logique, des preuves ou de la vérité; «il relève du choix personnel».

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