Danielle Smith contre le bilinguisme des juges

Cette semaine en politique fédérale

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Danielle Smith (Alberta). Photo: Jake Wright, Manning Centre via Wikipedia
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Publié 06/02/2026 par Inès Lombardo

Dans une lettre publiée entièrement en anglais sur X (Twitter) mardi, la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a pressé Mark Carney de réduire l’exigence de bilinguisme pour les juges fédéraux, comme pour ceux de la Cour suprême, jugeant que celle-ci pénalise les candidats de l’Ouest canadien.

«La décision d’imposer le bilinguisme fonctionnel comme exigence pour les juges de la Cour suprême du Canada renforce encore davantage les obstacles systémiques et l’aliénation des Canadiens de l’Ouest et ne reflète pas la diversité linguistique plus large du Canada, y compris les Canadiens qui sont bilingues dans d’autres langues.» (Traduction libre)

L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) et l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA) ont toutes deux souligné dans un communiqué conjoint que remettre en question les exigences linguistiques pour les nominations judiciaires en Alberta menace le respect des droits linguistiques des francophones.

Un fait particulièrement important alors que l’Alberta a déclaré l’année 2026 comme l’«Année de la francophonie».

La première ministre a en outre demandé que l’Alberta ait son mot à dire sur les nominations de juges des cours supérieures de la province et de la Cour suprême, en demandant à Mark Carney de ne pas nommer de façon «partisane».

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Danielle Smith a également menacé de couper les fonds pour soutenir les juges fédéraux dans la province si le fédéral ne se plie pas à sa requête.

En mêlée de presse mercredi, le ministre fédéral de la Justice, Sean Fraser, a rejeté cette demande, affirmant qu’il s’en tiendrait au processus de nomination actuel.

Air Canada se plaint d’être désavantagée

Air Canada et le Commissariat aux langues officielles (CLO) ont demandé en comités parlementaires, lundi et mardi, une révision du règlement fédéral permettant d’imposer des amendes pour non-respect de la Loi sur les langues officielles.

Air Canada juge le régime injuste et «incohérent», affirmant être le seul transporteur visé et dénonçant des sanctions coûteuses qui nuiraient à sa compétitivité.

La compagnie soutient aussi faire des efforts, malgré les plaintes, et estime que «50 000 $, ça pourrait représenter un montant considérable» et que «cela ajoute des coûts à notre exploitation que nos compétiteurs n’ont pas».

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De son côté, le Commissariat appuie le principe des sanctions, mais critique un processus administratif trop lourd et souhaite également des ajustements.

Air Canada
Air Canada s’estime désavantagée par l’exigence du bilinguisme. Photo: iStock.com/ronniechua

Véhicules électriques: des rabais plutôt que des cibles

Le gouvernement Carney a annoncé jeudi matin qu’il renonce aux cibles obligatoires de vente de véhicules sans émission de gaz à effet de serre d’ici 2035, jugées trop contraignantes par l’industrie.

En revanche, Ottawa relance un programme d’incitatifs financiers de 2,3 milliards $ sur 5 ans pour stimuler l’achat de véhicules électriques et hybrides rechargeables.

Les consommateurs pourront obtenir jusqu’à 5000 $ pour un véhicule électrique neuf et 2500 $ pour un hybride rechargeable, des montants qui diminueront graduellement jusqu’en 2030, afin de soutenir l’acquisition d’environ 840 000 véhicules.

L’aide sera toutefois limitée aux véhicules fabriqués au Canada ou dans des pays liés par un accord de libre-échange – excluant notamment les modèles chinois. Elle sera également soumise à un plafond de prix de 50 000 $, sauf pour les véhicules entièrement canadiens.

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Cette décision a suscité des critiques de la part d’organisations environnementales, qui y voient un recul dans la transition vers les transports électriques, malgré l’engagement du gouvernement à renforcer les normes d’émissions.

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Un véhicule électrique à sa borne de recharge à Toronto. Photo: archives l-express.ca

Départs de Bill Blair et Nate Erskine-Smith

Deux circonscriptions détenues par les Libéraux dans la région de Toronto devront faire l’objet d’élections partielles dans les prochains mois.

Le député de Scarborough-Sud-Ouest, Bill Blair a accepté d’être haut-commissaire du Canada au Royaume-Uni. Il a déjà quitté son siège.

Pour potentiellement lui succéder, le Parti libéral a déjà annoncé la candidature de la députée du Nouveau Parti démocratique (NPD) ontarien dans cette circonscription, Doly Begum. Elle a aussi déjà quitté son poste au parlement provincial.

Pendant ce temps, le député libéral fédéral de Beaches–East York, Nate Erskine-Smith, a annoncé sa candidature pour devenir chef du Parti libéral ontarien… et son intention de se présenter dans la circonscription laissée par Doly Begum. Il restera en poste jusqu’à ce que Doug Ford déclenche l’élection partielle.

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Bill Blair, Doly Begum, Nate Erskine Smith. Photos: courtoisie

La lutte contre l’islamophobie et l’antisémitisme sous l’égide d’un comité

Le gouvernement de Mark Carney met fin au poste de représentante spéciale chargée de la lutte contre l’islamophobie occupé par Amira Elghawaby. Ses responsabilités, ainsi que celles liées à la lutte contre l’antisémitisme, seront intégrées au sein d’un nouveau conseil consultatif.

Le poste de la personne chargée de la lutte contre l’antisémitisme n’a jamais été remplacé depuis son départ à la retraite l’an dernier.

Le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, a annoncé mercredi la création du Conseil consultatif sur les droits, l’égalité et l’inclusion. Formé de bénévoles, ce dernier aura pour mission de favoriser la cohésion sociale, l’unité nationale et la lutte contre toutes les formes de racisme et de haine.

Le gouvernement estime que «le temps est venu» de remplacer les envoyés spéciaux individuels par une approche collective.

L’avenir d’Amira Elghawaby n’a pas été précisé. Cette dernière avait créé la controverse lorsqu’elle avait affirmé que «la majorité des Québécois» semblaient influencés par un «sentiment antimusulman».

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La décision de supprimer ces postes et de le remplacer par un comité a suscité des réactions politiques contrastées, allant de l’appui du Bloc québécois et des Conservateurs aux critiques du NPD.

Un portrait de Stephen Harper dévoilé

Mardi, le portait officiel de l’ancien premier ministre canadien Stephen Harper a été dévoilé, 20 ans après l’arrivée au pouvoir de son premier gouvernement conservateur.

Dans son discours, il a appelé les Libéraux et les Conservateurs à travailler ensemble contre la pression économique très forte venue du président des États-Unis, Donald Trump, depuis un an.

Stephen Harper
Le portrait de Stephen Harper.

Ottawa pressé de s’engager contre les Gardiens de la révolution en Iran

Lundi, des représentants du Centre Raoul Wallenberg pour les droits de la personne, accompagnés de parlementaires et de membres de la société civile iranienne, ont appelé le gouvernement canadien à mener une «action internationale coordonnée» et à renforcer les mesures d’application contre le Corps des gardiens de la révolution islamique, le bras armé du régime des ayathollahs.

Ils ont souligné que cette action permettrait d’empêcher l’entrée sur le territoire canadien de personnes impliquées dans des assassinats et des tortures de manifestants en Iran. Les Gardiens de la révoluton auraient tué plus de 30 000 Iraniens, mais le chiffre exact n’est pas connu.

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La conférence de presse fait suite à la désignation par l’Union européenne des Gardiens de la révolution comme entité terroriste en raison de sa réponse aux récentes manifestations du peuple iranien contre son gouvernement. Le Canada les a inscrits sur la liste des entités terroristes en juin 2024.

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