Couple dépecé avec une précision presque chirurgicale

Hans-Jürgen Greif et Guy Boivin, Le pélican et le labyrinthe, roman, Montréal, Éditions L’instant même, 2018, 250 pages, 27,95 $.
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Les romans à quatre mains sont assez rares. Hans-Jürgen Greif et Guy Boivin ont récemment cosigné Le pélican et le labyrinthe, une aventure psychodramatique d’un couple de Québec, où le pélican représente la femme et le labyrinthe, l’homme.

Les deux co-auteurs montrent comment «savoir est le véritable pouvoir des femmes».

L’intrigue de ce roman à deux voix est racontée en alternance par Jean-Loup (labyrinthe) et Hortense (pélican). Le premier est un Français arrivé au Canada à l’âge de 21 ans; il devient bibliothécaire spécialisé en histoire de l’art à l’Université Laval. Originaire de Kénogami, la seconde est une puéricultrice formée par des religieuses très sévères.

C’est suite à une annonce placée dans le quotidien Le Soleil, en 1979, que Jean-Loup rencontre Hortense.

Les fréquentations vont bon train et Jean-Loup ne tarde pas à demander Hortense en mariage, un soir de la Saint-Valentin. Elle saute sur l’occasion en or de lui mettre «le mors et la bride».

Lui ne se doute pas encore que la future mère de ses quatre enfants va se comporter «en adolescente égocentrique, butée, narcissique, furieuse et déçue que la vie ne lui donne pas tout ce qu’elle demandait».

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Le chassé-croisé entre le labyrinthe et le pélican est tellement intense, parfois diabolique, que nous croyons lire un roman policier. Les accusations fusent sans cesse, tant et si bien que la police, les avocats et la cour doivent intervenir. Nous ne pouvons qu’admirer la précision presque chirurgicale avec laquelle les co-auteurs décrivent la relation infernale de leurs protagonistes.

Hans-Jürgen Greif et Guy Boivin profitent du contexte des années 1970-1980 pour glisser quelques remarques sur l’évolution de la société québécoise. En voici un exemple: «Depuis que le Québec a tourné le dos à l’Église, […] les psychologues ont remplacé les curés.» Ou encore: «La religion a été remplacée par une autre, celle de l’enrichissement, le gros compte en banque, les voitures hors de prix, la consommation à outrance, le gaspillage.»

Les co-auteurs font dire à Hortense qu’il y a plus de deux mille églises au Québec et que «c’est notre patrimoine, ce sont nos châteaux à nous».

Sans vous dévoiler le dénouement de cette intrigue finement ciselée, mais traînant parfois en longueurs, je vous signalerai que dans la vie il arrive de « passer en quelques mois à l’âge adulte sans pour autant mûrir »…

C’est la troisième fois que Guy Boivin et Hans-Jürgen Greif (Québécois d’origine allemande) cosignent un roman, toujours aux éditions L’instant même.

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