Le BDéiste Guy Delisle: le succès de la routine

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Lorsqu’il part en 2008 à Jérusalem, où sa compagne est mutée, le Québécois Guy Delisle ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. Armé de son calepin et d’un crayon il va arpenter les rues de la Ville Sainte pendant un an. Au retour, il enclenche le processus d’écriture et de dessin pour la création d’une nouvelle bande dessinée, Chroniques de Jérusalem, qui gagnera finalement le Fauve d’or à Angoulême, en France, capitale mondiale de la BD. Guy Delisle était à Toronto la semaine dernière pour promouvoir la traduction en anglais de sa BD et pour voir un documentaire, qui lui était consacré.

«Je n’avais pas beaucoup d’images de Jérusalem avant de partir, c’est une région qui ne m’attire pas. De ce que j’ai ressenti, il y a une tension là-bas. C’est une ville avec des check-points, on se fait contrôler à l’entrée des cafés. Avec des enfants, on n’est pas très rassuré.»

Toutes ces expériences, il les a condensées et animées dans Chroniques de Jérusalem, BD qui s’étale tout de même sur près de 300 pages.

«La bande dessinée est très pédagogique. Quand je reviens, on me pose plein de questions et c’est une manière d’y répondre. J’écris une grande carte postale!», explique le dessinateur.

Formé en arts visuels à Oakville, Guy Delisle habite désormais Montpellier, dans le sud de la France, quand il n’est pas à l’étranger pour suivre sa femme. Ses planches racontent le quotidien. Rien n’est romancé, «sinon tout pourrait être fictif. «J’aime raconter les petits trucs, la routine, même si la routine fonctionne mieux dans un contexte exotique!»

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Après son année à Jérusalem, Guy Delisle a passé quasiment deux ans à mettre sur pied cette BD. «Je fais une page par jour, moins les jours où je ne peux pas travailler, et aussi le temps que je m’y mette!», indique l’auteur en esquissant un sourire

«De prime abord, cette situation paraît compliquée à raconter mais avec le temps qui passe ça se décante», dit Guy Delisle.

Contrairement à ses précédents albums, Chroniques de Jérusalem est en couleur, ce qui a permis à l’artiste de donner une autre touche à ses croquis en insistant sur la monotonie des couleurs de Jérusalem. «Toutes les maisons sont de la même couleur là-bas», précise Guy Delisle.

Déjà nominé plusieurs fois pour le prix principal du festival de la BD d’Angoulême, l’auteur québécois est cette fois reparti avec le prix, le Fauve d’or. «J’avais déjà été nominé et je n’avais pas gagné, donc avec le temps on apprend à relativiser. Ça fait quand même super plaisir, j’ai vécu un grand moment d’émotion», se souvient le dessinateur. Il reste malgré tout très humble sur l’histoire qu’il se permet de raconter, lui qui côtoie beaucoup d’humanitaires, qui ont des histoires beaucoup plus «extraordinaires et passionnantes à faire partager».

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