Coronavirus: on ignore encore le risque de mortalité

Le Canada renforce sa surveillance

Inspection dans un aéroport en Chine.
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Aucun cas d’infection au coronavirus apparu récemment dans la région du Wuhan, en Chine, n’est encore confirmé au Canada, mais le gouvernement fédéral met en place «des mesures renforcées de dépistage et de détection à l’aéroport international Pearson de Toronto», a assuré ce vendredi 24 janvier la ministre ontarienne de la Santé, Christine Elliott.

«Je me suis jointe à Patty Hajdu, ministre fédérale de la Santé, et à mes collègues des provinces, pour échanger des renseignements importants et coordonner davantage nos efforts communs afin de protéger la santé et le bien-être des Canadiens contre les problèmes liés au nouveau coronavirus de Wuhan.»

Plusieurs inconnues

Il y a plusieurs choses qu’on ignore encore sur le nouveau coronavirus, appelé provisoirement 2019-nCoV. On ne sait pas, par exemple, combien de gens exactement ont été atteints, et on ignore exactement quel est le risque de mortalité.

Mais ces deux zones d’ombre suggèrent, à ce stade, qu’on est devant une épidémie moins inquiétante que celle du SRAS en 2003.

Manipulation de virus mortels dans un laboratoire.

Sous-estimé

Depuis le début de la semaine, tout le monde s’entend pour dire que le nombre officiel de cas attribués jusqu’ici à cette maladie infectieuse respiratoire, est probablement en-dessous de la réalité.

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Et ce, pas parce que la Chine a manqué de transparence pendant les premières semaines, mais parce que de toute évidence, il y a un spectre de symptômes allant des plus bénins (fièvre, toux) aux plus graves (difficultés à respirer).

Des victimes de la grippe espagnole dans un hôpital d’urgence au Kansas en 1918.

Bonne nouvelle

Ce qui veut dire qu’un grand nombre de gens atteints du virus ont probablement eu des symptômes bénins, qu’ils ont attribué à tort à un gros rhume, et qu’ils n’ont jamais été hospitalisés.

Or, pour les autorités de la santé publique, c’est une bonne nouvelle, en quelque sorte. Parce qu’en début de journée vendredi 24 janvier, on comptait 26 morts pour un peu plus de 800 cas, soit un taux de mortalité d’environ 4%.

En comparaison, le SRAS, qui avait fait un millier de victimes, a eu un taux de mortalité de 9,6%. Le MERS, autre coronavirus affectant les voies respiratoires en 2012, a eu un taux de mortalité de 34%.

Autrement dit, s’il s’avérait exact que le nombre de cas est largement supérieur aux chiffres officiels, le taux de mortalité de ce nouveau virus serait donc encore plus faible que ce qu’on observe en ce moment.

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La peste noire au 14e siècle.

Moins de 1%

Dans le camp des chercheurs qui défendent l’idée que le nombre de cas a été largement sous-estimé, on trouvait à la fin de la semaine dernière un groupe du Collège universitaire de Londres, qui estimait, sur la base de la population de la région de Wuhan, que le nombre de cas dépassait les 1700 dès le 12 janvier.

Cette semaine, ils ont remis à jour leur modèle pour arriver à un total de 4000 cas en date du 18 janvier. Une autre estimation parue mercredi et remise à jour jeudi sur la base des dernières données disponibles, place la médiane des estimations à 5900 cas, avec des extrêmes allant entre 2900 et 10500.

Si la médiane s’avérait juste, le taux de décès vendredi matin serait donc de moins de 1%.

Même si le nombre de cas d’infections étaient sous-estimés, le taux de mortalité resteraient inférieur à 1%.

Urgence en Chine

C’est dans ce contexte que l’Organisation mondiale de la santé a hésité mercredi et jeudi à décréter une «urgence de santé internationale».

C’est une urgence médicale en Chine, sans nul doute, mais les prochains jours feront toute la différence sur la vitesse à laquelle le virus se répandra ailleurs dans le monde, et l’impact qu’il aura sur les gens atteints.

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Il est aussi important de rappeler qu’il n’existe pour l’instant aucun vaccin contre ce virus respiratoire.

Coronavirus s’accrochant à son hôte avec ses «épines». Photo: NIH, 2012

Coronavirus

Coronavirus: nom donné à une famille de virus incluant ceux qui ont causé le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003 et le MERS (Middle East respiratory syndrome) en 2012, mais aussi le banal rhume.

La structure génétique du nouveau, 2019-nCoV révèle qu’il est un plus proche cousin du SRAS. Les premiers cas ont été observés en décembre dans la métropole de Wuhan.

La région de Wuhan, en plein centre de la Chine.

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