Contre le cancer : 25 km pour son père

Partagez
Tweetez
Envoyez

Quelles que soient les parties du corps qu’il touche, le cancer est un véritable fléau qui affecte de nombreuses personnes dans chaque pays du monde.

OneWalk, une marche de 25 km à travers les rues de Toronto le 12 septembre, vient s’ajouter cette année aux loterie, course de 5 km et événement cycliste organisés au profit de la Princess Margaret Cancer Foundation afin de sensibiliser la population, d’accroître les moyens financiers des chercheurs et d’atténuer le coût des soins.

Bell Nseké fera partie des marcheurs. Originaire du Cameroun, l’homme de 49 ans a quitté son pays natal il y a une quinzaine d’années pour s’installer au Canada. Pour lui, cette marche représente un combat pour toutes les familles marquées par cette maladie… y compris la sienne.

C’est au début des années 2000 que son propre père a été diagnostiqué d’un cancer de la gorge. Avec émotion, Bell Nseké nous raconte son histoire.

«Mes parents m’ont d’abord caché son cancer. On m’avait seulement dit qu’il était malade et depuis ce moment j’envoie des fonds pour l’aider. Je n’ai appris qu’il avait un cancer de la gorge qu’en 2011, quand c’est devenu grave.»

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

«Ce qui m’a marqué, c’est que mon père n’avait jamais été malade. Subitement, le cancer est arrivé. Aujourd’hui, mon père ne peut plus marcher. Le traitement n’a pas été fait comme il fallait et les conséquences sont dévastatrices: il n’a plus de goût, ne peut plus avaler, doit être opéré des dents…»

Léonard Nseké était autrefois un athlète très respecté. Au Cameroun, il fait même partie des légendes de football: l’homme était le capitaine de l’équipe nationale en 1964 et son entraîneur dans les années 1990. «Aujourd’hui, je ne reconnais pas mon père. Il prend son temps pour articuler, je dois faire preuve de beaucoup de patience lorsque je lui parle», nous explique son fils.

Informer la population

«Beaucoup de Camerounais ne comprennent pas encore l’importance du cancer. Les médecins sont des hommes d’affaires, presque des charlatans. La population n’est pas informée et ces maladies restent taboues», déplore-t-il.

La majorité de la population penserait que les cancers sont dus à une mauvaise hygiène de vie et sous-estimerait les dangers de cette maladie.

Les participants à OneWalk doivent récolter des fonds qui seront entièrement reversés à l’hôpital Princess Margaret, le principal centre de recherche et de traitement du cancer au pays. Ils peuvent choisir d’allouer leurs commandites à un type de cancer en particulier ou à l’ensemble des cancers traités par le centre.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Participer à la marche de Toronto est pour Bell Nseké à la fois une façon de commencer son engagement dans la lutte contre le cancer ainsi qu’un symbole. «Il y a un sacrifice. Marcher autant représente une souffrance, il faut s’entraîner, ce n’est pas anodin. Le cancer est une maladie que l’on comprend mal. Marcher est une façon de rentrer dans le sujet, de faire en sorte que les gens se remettent en question: pour l’instant, vous êtes en bonne santé, mais, quand ça va arriver, comment allez-vous réagir?»

Bell Nseké envisage de récolter des fonds qu’il mettra symboliquement en direction du cancer de la gorge. Mais «un cancer reste un cancer», et l’homme refuse de s’arrêter à cette action. Il envisage en effet de monter un organisme caritatif dans le but d’informer sur la maladie dans son pays natal.

Il voudrait ensuite sensibiliser la communauté afro-caribéenne aux effets dévastateurs du cancer, afin d’encourager les individus qui en font partie à faire un état des lieux de leur santé.

40% des Canadiens touchés

Indépendamment de l’âge, de l’origine ou du sexe, le cancer touche une large partie de la population, y compris ici, au Canada. Selon Kevin Shea, directeur des relations publiques à la Princess Margaret Cancer Foundation, 40% des Canadiens seront diagnostiqués d’un cancer au cours de leur vie.

«D’après la Société canadienne du cancer, chez les femmes, le cancer du sein est le plus fréquemment diagnostiqué. Chez les hommes, c’est celui de la prostate. Le cancer du poumon est la principale cause de décès par cancer», explique-t-il.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Même si d’importants progrès ont été réalisés en ce qui concerne le traitement de certains cancers, d’autres en revanche, possèdent encore un taux de mortalité élevé.

Progrès

«Par exemple, les taux de survie pour la leucémie infantile et le cancer de la thyroïde s’élèvent aujourd’hui à 98%, cinq ans après que la personne a été diagnostiquée. D’autres cancers, comme celui du pancréas, posent encore des problèmes majeurs, avec seulement 8% de chances de survie. »

Selon Kevin Shea, «environ 63% des Canadiens touchés par la maladie survivent cinq ans après avoir été diagnostiqués d’un cancer. Si Terry Fox était diagnostiqué d’un cancer aujourd’hui, il aurait non seulement survécu, mais en plus, il n’aurait pas perdu sa jambe! C’est une avancée considérable en seulement quelques dizaines d’années.»

Malgré les indéniables progrès de la médecine, il reste encore du chemin à parcourir. Kevin Shea estime que OneWalk permettra non seulement de récolter des millions de dollars pour les soins des victimes mais aussi d’augmenter la prise de conscience de la population sur l’importance du travail mené par la fondation.

Renseignements

L’événement : www.onewalk.ca
Pour commanditer Bell Nseké : http://bit.ly/1Isvulf

Partagez
Tweetez
Envoyez
l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur