Combien y a-t-il de régions en Ontario français?


21 février 2006 à 12h16

Amicale de chercheurs spécialement vouée à l’étude de l’Ontario français, la Société Charlevoix est composée d’une dizaine d’universitaires oeuvrant dans des disciplines aussi variées que l’histoire, la sociologie, la littérature, l’ethnologie et la linguistique. Ses membres proviennent d’universités à Ottawa, Toronto, Sudbury et Pointe-de-l’Église (N.-É.).

Chaque année, dans le cadre du Salon du livre de Toronto, la Société Charlevoix organise une table ronde sur un sujet précis. En 2002, la discussion portait sur «Les régionalismes de l’Ontario français» et les actes de cette table ronde viennent d’être publiés aux Éditions du Gref.

Les professeurs Yves Frenette (Toronto) et Jean-Pierre Pichette (N.-É.), présentent d’abord la Société Charlevoix dans un court article qui fournit de précieux renseignements de base sur cette amicale qui honore la mémoire de Pierre-François-Xavier de Charlevoix (1682-1761), «seul véritable historien du Nouveau Monde». À la fin du livret, le professeur Michel Gaulin (Ottawa) publie des notices biobibliographiques sur chaque universitaire élu membre de la Société depuis sa fondation en 1992.

Les textes de six membres de la Société forment le cœur du livre, chacun se penchant sur un aspect particulier du régionalisme en Ontario français. Le premier article est signé par l’historien Gaétan Gervais qui explique comment le nombre de régions a varié selon l’histoire. S’il les fixe aujourd’hui à 7 (Essex-Kent, Huronie, Est, Témiscamingue, Moyen-Nord, Grand-Nord, Toronto et environs), l’historien convient qu’il y vraiment trois pôles institutionnels, soit Ottawa, Sudbury et Toronto. Chaque ville aspire au titre de capitale culturelle.

Le texte le plus intéressant, à mon avis, est celui que signe le professeur Yves Frenette, du Collège Glendon. Il se demande si le Centre-Sud-Ouest forme une région distincte de l’Ontario français.

Il brosse d’abord un excellent survol de la colonisation française dans Essex-Kent, en Huronie, à Toronto, etc. Il précise qu’on peut effectivement parler d’une région et que cette dernière se distingue des autres en ce sens qu’elle est la plus éloignée du foyer culturel québécois. Frenette note que, depuis 1996, le Centre-Sud-Ouest est la seule région où les personnes nées à l’extérieur de la province représentent la majorité de la population d’expression française, soit 53%.

C’est aussi dans cette région «que les francophones issus d’une minorité raciale ont le plus grand poids». Yves Frenette note aussi que les jeunes des écoles secondaires françaises du Centre-Sud-Ouest parlent plus souvent anglais entre eux, qu’ils se définissent comme Canadiens bilingues et non comme Franco-Ontariens.

Je note, au passage, deux textes à connotation plus socioculturelle. Dans un premier temps, l’ethnologue Jean-Pierre Pichette examine en détails un régionalisme particulier, soit «la danse sur les bas» effectuée par l’aîné célibataire d’une famille lors des célébrations de la noce. Il s’agit d’un rituel qui semble commun à plusieurs régions de l’Ontario français.

Dans un second temps, le professeur Michel Gaulin décrit le genre d’éducation et de formation qu’un jeune Canadien français recevait à Ottawa dans les années 1940-1960.

Pour de plus amples renseignements, je vous invite à lire Les régionalismes de l’Ontario français, actes de la table ronde de la Société Charlevoix au Salon du livre de Toronto en 2002. Ce livre de 96 pages est paru aux Éditions du Gref (Toronto) en 2005.

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