Cohabiter avec l’évolution du climat

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Inondation de la rue Cousineau à Montréal le 8 mai 2017. (Photo: Fred / Flickr)
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Face aux inondations, grandes marées et autres aléas de notre climat nordique, les architectes doivent adapter maisons, écoles et bâtiments publics.

Travailler en amont pour éviter les mauvaises surprises en aval, c’est ce que recommande Catherine Dubois, la coordonnatrice de Schola, une plateforme québécoise d’expertise et de formation en architecture scolaire, mise en place à l’École d’architecture de l’Université Laval.

«L’idée est d’augmenter la résilience des bâtiments. Il y a plein de petites choses que l’on peut faire, pas forcément onéreuses, comme privilégier certains matériaux qui sèchent rapidement — la brique et le béton, au sous-sol — ou encore la ventilation naturelle», relève la chercheuse en architecture.

Un site internet

La post-doctorante travaille actuellement à concevoir un site internet qui détaillerait ces approches. L’objectif de la jeune chercheuse est de rejoindre architectes et designers, mais aussi, plus largement, tous ceux qui se soucient de rénovation et de construction.

Outre les impacts directs, les pieds et le mobilier dans l’eau, «on oublie souvent les pannes de courant qui pourraient être évitées avec une simple intervention, comme de conserver à l’étage le compteur et la génératrice électrique, ainsi que les gros électroménagers», relève Catherine Dubois.

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Gestion des crues

Lors de différents ateliers avec les professionnels, Catherine Dubois a réalisé que de nombreuses lacunes subsistent lorsqu’on parle du climat avec des promoteurs et des architectes, à commencer par l’autonomie énergétique ou la gestion des crues printanières.

«Il faut aussi voir ce qui est réalisable sous nos latitudes. Les maisons sur pilotis, ce n’est souvent pas une bonne idée en raison de la glace de mer et de l’exposition au vent de nos côtes. Mieux vaut une digue ou des brise-lames artificiels», affirme-t-elle.

S’adapter à notre climat et anticiper les dommages sont donc les deux pistes à privilégier.

Bâtiment autonome

Le bouquet de solutions vise à rendre le bâtiment autonome. «Il faut renforcer l’isolation, l’étanchéité et penser à investir dans l’énergie renouvelable pour continuer à fonctionner en dépit des moments de panne», assure Mme Dubois.

Il faut aussi revoir nos manières d’aborder les problèmes. Ainsi, pour elle, la solution n’est pas forcément d’empêcher l’eau de pénétrer dans la maison. «Plutôt encourager sa circulation pour que les dommages soient minimes et que le sous-sol sèche le plus rapidement possible.»

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Pas de révolution technologique à l’horizon, il s’agit plutôt d’adopter les bons réflexes et d’être ingénieux. À l’échelle des bâtiments, mais aussi à celle des villes. «Cela prend une vision holistique urbaine.»

Du côté du bâti public, le Conseil national de recherches du Canada a d’ailleurs annoncé en février sa volonté d’augmenter la résilience au climat des bâtiments et infrastructures canadiennes. Ça devrait servir aussi aux ponts, routes, eaux usées et transits ferroviaires.

Et les écoles?

Repenser les écoles fait par ailleurs l’objet d’un chantier du gouvernement québécois: 75% de ses écoles dateraient de plus de 50 ans.

Près de 2000 écoles primaires et 400 polyvalentes vieillissantes bénéficieront de l’expertise de la dizaine de chercheurs en architecture et design du projet Schola.

«Il nous appartient de travailler ensemble à augmenter leur résilience et leur efficacité énergétique», soutient Carole Després, directrice du Projet Schola et du Groupe interdisciplinaire de recherche sur les banlieues (GIRBa) de l’Université Laval.

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Moins énergivores

Les architectes proposeront des solutions faisant des liens avec le développement durable et les nouvelles pratiques — dont des moyens passifs et moins énergivores pour réguler l’énergie, comme la plantation d’arbres sous les fenêtres.

Les rénovations ciblent le bâti, mais les cours d’école — souvent asphaltées — et leurs environs pourraient profiter d’une vague de verdissement. Plus largement, il s’agira de repenser la planification urbaine en anticipant les évènements liés au climat — des travaux que le GIRBa mène déjà pour adapter les banlieues.

Au-delà de l’école, la réflexion devra donc englober notre manière de vivre en communauté urbaine pour privilégier la manière la plus ingénieuse et résiliente de faire face à notre climat toujours changeant.

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