Ces rêves dont on s’éloigne sans les perdre jamais

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Un jour je serai cosmonaute. J’aimerais être chanteuse d’opéra. Mon rêve, c’est de voler. Nombreux sont les rêves d’enfant qui nous accompagnent toute notre vie et qu’on ne réalise pourtant qu’à moitié, sinon jamais. Que fait-on donc de ces rêves qui nous animent et qui se perdent au fil des ans dans l’oubli?

Ce que représentent les rêves

Plaisir. Objectif. Dépassement, réalisation de soi. Les rêves sont des projections, des personnifications de nos souhaits intimes, de nos envies secrètes.

Des actes, des choses qui semblent loufoques, inatteignables et pourtant auxquels on s’accroche dans notre sommeil, nos moments de pause ou nos rêveries.

Ces désirs impérieux qui s’imposent à nous et nous font sourire modèlent notre enfance, aident nos parents à nous guider (quand tu auras fini tes devoirs, nous irons plonger. Lorsque tu seras grand, tu pourras choisir de faire ce qui te passionne).

Ils sont des objectifs à poursuivre, des buts à atteindre, mais ils ne se réalisent clairement pas dans notre présent d’enfant. Ils sont la lumière qui nous guide, l’espoir vers lequel on tend, la chance de l’adulte.

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L’enfant se contente de rêver, sachant qu’une fois adulte, il aura toutes les cartes en main pour réaliser ses idéaux.

Pourquoi les ranger de côté?

Et pourtant, une fois devenus adultes, que sont devenus ces rêves qui nous tenaient tant à coeur? Combien ont été rangés de côté?

La question se pose: pourquoi ne réalisons-nous pas ce qui nous a tenu à coeur pendant tant d’années? Parce que ce sont des rêves et que la raison d’être du rêve est de rester tel quel? Parce que l’adulte trop sérieux n’accorde que peu de place au plaisir?

N’a-t-on pas en effet tendance, devenus grands, à toujours repousser celui-ci et à le ranger dans le rayon de la futilité?

Il y a manifestement une place étroite accordée à la tranche de plaisir. Une négation de la réalisation du rêve. Est-ce une éducation judéo-chrétienne qui étouffe notre besoin de nous réaliser dans le bien-être et le merveilleux ?

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Quoi qu’il en soit, l’envie de devenir comédien, de traverser l’océan à la voile ou de faire le tour du monde restent bien une chimère qui fait sourire ou qui exaspère. Il n’y a plus de temps ni d’espace pour elle une fois devenu grand. La priorité est ailleurs.

Le monde d’adultes s’articule autour de nécessités et de responsabilités. Le rêve appartient à l’enfance. Une histoire sans fin d’illusions et de déceptions.

Retour sur le devant de la scène

Il arrive toutefois que le rêve se réalise par un concours de circonstances ou au hasard de la vie et aussitôt, on renoue avec l’émerveillement qui nous habitait enfant.

Celui qui a rêvé de faire le tour du monde et qui se voit confier des missions ponctuelles ou régulières à l’étranger ses premières années de travail se dit qu’il a achevé un but qu’il recherchait petit.

Je voulais devenir acrobate; il n’en a jamais été question. Et puis durant un déplacement, j’ai été invitée à une session de trapèze. Un rêve d’enfant qui se réalise. Les rêves auxquels ont tient farouchement arrivent. Sans qu’on ait véritablement cherché à les réaliser.

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On s’en étonne et on se demande même parfois si cela ne les a pas abîmés un peu, de ne pas les avoir suscités et ne pas s’être battu pour les atteindre. Pourtant on les identifie immédiatement. On fait le lien.

L’enfant qui n’a pas eu de frères et soeurs, mais qui, devenu adulte, travaille dans un établissement scolaire, sent confusément qu’il remplit son besoin, qu’il renoue avec son rêve.

Celle qui a toujours rêvé d’avoir toute une ménagerie autour d’elle et qui travaille dans un magasin de jouets et peluche comble en partie cette envie.

Oui, les rêves sont toujours présents. Peut-être un peu distordus par la réalité, mais toujours doux et merveilleux lorsqu’on s’en approche au plus près.

Avoir des rêves et les réaliser, l’objectif d’une vie. William Faulkner écrivait: «La sagesse est d’avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre du regard tandis qu’on les poursuit.» Une pensée à méditer.

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