Captage et séquestration du CO2: faisable mais coûteux

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Détourner le CO2 vers des sites souterrains pour en réduire la quantité dans l'atmosphère. Infographies: Vincent Devillard
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La technologie du captage et de la séquestration (CSC) du dioxyde de carbone (CO2) suscite plus d’intérêt que jamais chez ceux qui pensent que notre ajout de CO2 dans l’atmosphère «dérègle» le climat.

Le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations unies, dans un rapport publié en 2019, en fait une des solutions à envisager pour l’élimination de 100 à 1000 milliards de tonnes de CO2 de l’atmosphère au cours du 21e siècle. On parle dans un tel cas d’«émissions négatives».

Neutralité carbone

Rappelons que le CO2 n’est pas un gaz toxique. Au contraire, il favorise la croissance de la végétation. Son niveau actuel d’environ 400 ppm (0,04%) dans l’atmosphère est plutôt bas à l’échelle des 150 millions d’années passées.

Mais l’ONU appelle à un déploiement rapide et à grande échelle du CSC pour atteindre les objectifs de «neutralité carbone» conformes aux promesses de l’Accord de Paris.

Selon l’ONU, le secteur de l’énergie, de même que d’autres industrie dont les émissions de CO2 sont difficiles à réduire à moyen terme, en profiteraient tout particulièrement.

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«Verdissement» de la planète depuis la fin du 20e siècle, selon la NASA.

En quoi ça consiste

Le CSC consiste d’abord à capter de 70 à 90% du CO2 dès qu’il est produit. Sachant que certaines émissions sont à peu près impossibles à éviter.

Le CO2 peut être capté avant, pendant ou après la combustion du charbon, du pétrole ou du gaz naturel. Le CO2 extrait est ensuite converti en un mélange d’hydrogène et de dioxyde de carbone, qui sera comprimé afin d’en réduire le volume.

Comprimé sous forme liquide, le CO2 est ensuite transporté par pipeline, plus rarement par bateau ou par camion. La dernière étape consiste à l’enfouir de manière permanente dans des formations géologiques souterraines, comme des réservoirs de pétrole ou de gaz épuisés.

Les aquifères salins profonds, l’un des lieux de stockage envisagés, pourraient à eux seuls absorber 1000 à 20 000 milliards de tonnes de CO2, à l’échelle de la planète.

Captage et séquestration du CO2
Captage et séquestration du CO2.

La moitié de toutes les émissions de CO2 – naturelles et industrielles – sont déjà captée par les forêts et les océans. Le reste est relâché dans l’atmosphère. Notre surplus de CO2 contribuerait au réchauffement d’environ 1 degré Celcius observé depuis 200 ans.

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Le CSC doit faire ses preuves

Contamination de nappes phréatiques, microséismes lors de l’injection, fuites de CO2 dans l’atmosphère: le CSC génère bien des peurs, fondées ou non.

C’est au chapitre de l’efficacité que le CSC doit encore faire ses preuves. L’Agence internationale de l’énergie estime qu’environ 40 millions de tonnes de CO2 sont captées et stockées chaque année, aux quatre coins du globe, par les quelque 76 projets en cours ou en phase d’expérimentation.

Ces projets sont principalement sous l’égide des industries gazières et pétrolières.

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Les émissions mondiales de CO2.

Revenir à 300 ppm

Pour atteindre les cibles de réduction de l’Accord de Paris, il faudrait la mise en service de plusieurs dizaines de lieux de stockage chaque année jusqu’en 2050.

Pour les dépasser, c’est-à-dire carrément retirer du CO2 de l’atmosphère pour revenir aux 300 ppm d’avant l’ère industrielle, on parle davantage d’une centaine de nouvelles installations de CSC par année. Au Canada, seuls quatre projets de CSC sont en service à l’heure actuelle, dans l’Ouest du pays.

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Le projet de captation albertain Quest, piloté par la multinationale Shell, est l’un des plus vieux du genre au pays. S’il permet d’absorber 1 million de tonnes de CO2 par année, c’est au coût d’investissements de 745 millions $ du gouvernement de l’Alberta et de 120 millions $ du gouvernement du Canada, soit les deux tiers de sa valeur totale de 1,3 milliard $.

Investir dans l’efficacité énergétique

«Ce qui m’inquiète quand on regarde les projets dans l’Ouest canadien, ce sont leurs coûts pharaoniques. Si on prenait cet argent-là et qu’on l’investissait en efficacité énergétique ou dans les énergies renouvelables, on aurait des réductions de gaz à effet de serre beaucoup plus importantes par dollar investi », affirmait en 2016 au quotidien Le Devoir le futur ministre de l’Environnement du Canada, Steven Guilbeault, alors directeur principal d’Équiterre.

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