Cadeau de Noël inespéré

Michel Peyramaure
Michel Peyramaure, L’orange de Noël, roman en gros caractères, Paris, Éditions retrouvées, 2018, 432 pages 22,95 $.
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Certains romans méritent de sortir de l’oubli et d’être réédités. L’orange de Noël, de Michel Peyramaure, figure parmi ceux-ci. Les Éditions retrouvées ont récemment donné une nouvelle vie à ce roman paru en 1982.

L’action du roman de Michel Peyramaure se déroule de septembre 1913 à août 1914, donc à l’aube de la Première Guerre mondiale. Les personnages habitent Saint-Roch, petit village français de basse Corrèze où l’école laïque dérange le curé que certains paroissiens n’hésitent pas à traiter de «salaud, Tartuffe et ignoble personnage».

Innocentoune

La narratrice Malvina, 14 ans, ne sait ni lire ni écrire. Elle est une baraquaine (bohémienne) que tout le monde imagine innocentoune. La réalité est toute autre: «Je n’étais rien, mais je portais en moi le petit univers du village et je le connaissais mieux que quiconque.»

Arrive Cécile, nouvelle institutrice de l’école communale (opposée à l’école congréganiste). Sous le fatras d’incohérence qui se dégage de Malvina, elle «devine une belle intelligence et une sensibilité toutes neuves . Elle entend la préparer pour le certificat primaire.

Laïque égale bourrique

Presque tout le village se moque de ce dessein. Cécile est épiée derrière les rideaux, des bouches invisibles lui crient des injures, on détourne ostensiblement la tête en la croisant. Elle est dénoncée du haut de la chaire, car laïque égale bourrique!

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L’auteur décrit avec doigté et presque fantaisie comment Cécile a su travailler avec une fillette qui «voulait comprendre en même temps qu’apprendre». Quand Malvina apprend par cœur un poème de Leconte de Lisle, cela «donne de la beauté aux spectacles du monde qui allège la fatigue, l’ennui ou la peine».

Mots en patois

Le roman est truffé de mots en patois. En voici quelques exemples : baquer les gagnous (donner la pâtée aux porcs), gogue (boudin), rastel (râteau), vire cinq (donne une taloche), bujade (grande lessive du printemps).

Le titre du roman fait référence au fruit que Cécile offre à Malvina le jour de Noël. Cette première orange devient un fruit de soleil, «une pomme de chair vivante, une sorte d’ivresse qui allait m’entraîner dans des visions oniriques ineffables».

Pour les enfants pauvres de Saint-Roch, et d’ailleurs, l’orange de Noël était le plus inespéré cadeau du monde. Le roman L’orange de Noël s’avère lui aussi un cadeau inespéré.

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