Brillant début d’hiver à Montréal


16 décembre 2014 à 9h50

Montréal a lancé sa saison culturelle hivernale en beauté la semaine dernière avec la 5e édition de Luminothérapie, un festival d’éclairages extérieurs dans le Quartier des spectacles, et l’ouverture en première mondiale de l’exposition Les Grecs – D’Agamemnon à Alexandre Le Grand, présentant des pièces jamais sorties de Grèce auparavant.

Luminothérapie est un plaisir des sens, avec deux œuvres: une installation sur la place des festivals, Prismastica, du cabinet torontois Raw Design, et Fascinoscope, du cabinet montréalais Lüz Studio, huit projections vidéos sur façades complétées d’un jeu interactif grandeur nature.

Prismatica est de loin la grande réussite, adoptée d’emblée par le grand public quelques jours à peine après le lancement ce mercredi 10 décembre.

50 prismes

L’installation propose un enfilement en plusieurs rangées de 50 prismes géants et colorés, le long de la rue Jeanne Mance, derrière la Place des Arts. Chaque prisme est une structure de deux mètres de haut à trois côtés.

Ces colonnes d’aspect triangulaire pivotent sur leur base. Les trois faces sont recouvertes d’un film dichroïque qui reflète les couleurs de l’arc-en-ciel. La rotation des prismes déclenche une petite musique de carillon de volume différent.

La nuit, la surface du prisme est transparente et diffuse vers l’extérieur des lueurs de couleurs multiples. De jour, les colonnes triangulaires deviennent des miroirs pivotants – comparées par certains à un palais des glaces ou à un kaléidoscope.

De jour comme de nuit, cet alignement de colonnes anguleuses colorées sur la neige blanche et qui pivotent sur elles-mêmes, très lentement à la faveur du vent ou rapidement sous l’impulsion des passants petits et grands, est un ravissement, tant vu de loin que de près, en les manipulant ou en posant devant l’un des prismes pour une photo souvenir.

Huit projections

La deuxième œuvre du festival est plus en demi-teinte. La plupart des huit projections sur façades de Fascinoscope ne jouent pas assez avec la spécificité de chaque édifice et l’intensité lumineuse de certaines projections semble insuffisante.

Mais une œuvre vaudra absolument le détour (rue St-Denis au sud du métro Berri-UQAM): Le Magicien est une animation captivante projetée sur l’étroit clocher de l’UQAM. Le Cabaret, une seconde projection non loin, est elle aussi divertissante, si vous arrivez à la trouver. Un autre bémol à ce titre: la signalisation pour aller d’une projection à l’autre pourrait être améliorée.

Enfin, au Métro Saint-Laurent, un jeu interactif devrait passionner les passants et illustre le thème de la Fête foraine du Fascinoscope. Il faut frapper sur un ballon-poire pour, par exemple, dégommer des poulets qui défilent projetés à quelques mètres sur la façade d’un bâtiment. Ludique et interactif à souhait.

Berceau de notre civilisation

Les Grecs, à l’affiche du Musée de la Pointe-à-Callière, propose une fresque historique de 5000 ans remontant aux sources du berceau de notre civilisation occidentale, du VIIe au IIe siècle avant notre ère à travers plus de 550 objets provenant de 21 musées grecs.

L’exposition ira ensuite à Gatineau, à Chicago puis à Washington. Mais c’est Montréal qui a la primeur de cette création, du 12 décembre 2014 jusqu’au 26 avril 2015.

L’exposition Les Grecs entraîne le visiteur dans un périple qui débute au sortir du néolithique avec l’apparition des premiers villages de la future civilisation grecque (prélude), pour aller de la guerre de Troie d’Agamemnon à l’unification de la Grèce et son rayonnement aux confins de l’Asie Mineure et de l’Égypte avec l’empire d’Alexandre le Grand, en passant par l’apogée de la Grèce classique à Athènes, les philosophes, la démocratie, les Jeux olympiques.

L’exposition trouve un juste équilibre entre présentation de vestiges et contexte pour comprendre l’évolution historique. Organisée en cinq zones, Les Grecs présente des objets aussi divers que des bustes, statues et frise en marbre, des parures et des masques funéraires en or, des vases en céramique décorés et une série de casques militaires mis à jour en 2012.

Les lumières des philosophes grecs

Chaque zone débute avec une carte de la région et une chronologie détaillée pour situer les objets dans le temps. Des vidéos de deux minutes ponctuent l’exposition ici et là, dont une animation expliquant une machine à tirer au sort les jurés pour les procès d’Athènes (un devoir civique de la démocratie.)

En matière de gouvernance, des extraits audios des théories de Platon ou Aristote devant des bustes en marbre des penseurs, permettent de goûter à la finesse des enseignements des philosophes grecs, qui restent d’actualité.

Toutefois, les conservateurs auraient pu replacer l’apparition et le développement de la civilisation grecque dans le contexte régional et mondial: les débuts de l’agriculture en Mésopotomie voisine (présenté dans l’exposition du Musée royal de l’Ontario en 2013, couvrant une période similaire, de 4000 à 500 ans avant notre ère, marquant l’apparition des premières civilisations grâce à la révolution agricole qui avait entraîné la sédentarisation des chasseurs-cueilleurs et l’urbanisation.) Sans parler des pharaons égyptiens juste en face, au sud de la Méditerranée.

Il n’est donc pas surprenant que les premières cultures grecques soient apparues dans les Cyclades, ces îles au large de la Turquie et prolongement de la Mésopotamie (Irak actuel), puis en Crête sous forme de royaumes. Le centre de gravité s’est ensuite déplacé sur le continent, tout à tour dans le sud et le nord de la péninsule hellénique.

Les Grecs demeure édifiante et fort réussie, en stimulant à la fois les sens par la beauté de certains objets et l’esprit en retraçant l’évolution des fondements de la civilisation occidentale.

Renseignements

Les Grecs – D’Agamemnon à Alexandre Le Grand, Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal, jusqu’au 26 avril 2015. Adulte: 20 $; famille: 42 $.

Luminothérapie, Quartier des spectacles de Montréal, gratuit, en plein air, jusqu’au 1er février 2015.

De Van Gogh à Kandisky, excellente exposition au Musée des Beaux-Arts de Montréal qui fermera ses portes le 25 janvier, pour mieux comprendre, entre la France et l’Allemagne, l’évolution de la peinture des impressionnistes, aux néo-impressionnistes, à l’expressionnisme, au fauvisme et au cubisme, interrompue par la Première Guerre mondiale. 22,50 $ (plus de 30 ans); 14,50 $ de 13 à 30 ans; 12,50 $ le mercredi soir.

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