Blessures à l’âme, au corps et au cœur 

Jean Boisjoli : Moi, Sam, elle, Janis

Jean Boisjoli, Moi, Sam, elle, Janis, roman, Ottawa, Éditions David, coll. Indociles, 2019, 270 pages, 21,95 $.
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Janis, une jeune femme originaire du Manitoba, est retrouvée morte dans un bois proche d’Ottawa.

Sam, né à Vanier, partageait un appartement avec elle et se voit accusé du meurtre. Son avocate ayant plaidé l’aliénation mentale, il doit se confier au psychiatre assigné par le tribunal.

Ainsi commence le roman Moi, Sam, elle, Janis de Jean Boisjoli.

Interrogatoire psychiatrique

Sam, 23 ans, est dans un hôpital psychiatrique d’Ottawa et un professionnel l’interroge sur son enfance et son adolescence, sur sa relation avec ses parents biologiques et adoptifs, de même qu’avec sa blonde Janis.

Bien que le psy pose des questions ici et là, le roman n’est pas un dialogue, loin de là, il s’agit plutôt d’un long monologue débité avec une clarté inouïe par Sam, avec de brèves insertions de Janis.

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À la page 205, Sam affirme avoir «toujours senti le besoin de tout analyser», c’est ce qu’il fait pendant 250 pages. Il va démontrer que la vie de tous les jours demeure très hallucinante en soi, pas besoin de drogue ou d’alcool pour faire ce trip.

Sam va aussi illustrer qu’il n’y a pas d’âge spécifique pour chercher un sens à sa vie.

Né à Vanier

Avec son personnage principal, Jean Boisjoli a cherché à briser un stéréotype: «C’est pas parce que je suis né à Vanier que je suis complètement ignorant.»

Sam connaît Le Lac des cygnes ou le Boléro, il sait que «les livres nous font pas de mal. Ce sont les gens qui nous blessent.» Le jeune homme porte «des blessures à l’âme, au corps et au cœur».

Sam a un bac en lettres françaises de l’Université d’Ottawa et il travaille dans une librairie. Les lecteurs qui connaissent la capitale reconnaîtront plusieurs lieux d’action: chemin de Montréal à Vanier, Range Road en face du parc Strathcona dans la Côte-de-Sable, Lycée Claudel, École secondaire De la Salle.

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Tonalités

La parlure de Sam prend diverses tonalités. Il peut dire: «Je suis peut-être tombé sur lui, ou lui sur moi. Who knows? Who cares? J’ai peut-être flippé. (…) Sweet fuck all!»

Et plus loin, il note que «les jeunes entreprenaient un périple jonché de cauchemars». Ou précise que «le quartier de mon enfance est devenu un vacuum qui menaçait de m’aspirer dans la noirceur de son vortex».

Je ne sais pas comment ça se passe entre un psy et son patient, mais je ne crois pas que ce dernier s’exprime aussi longuement et magistralement que Sam. Peu plausible et un peu déroutant.

En revanche, nous lisons ici une œuvre de création et tout est permis dans l’imaginaire romanesque.

Prix Trillium

Jean Boisjoli a été professeur, journaliste, avocat et coopérant international en Haïti. Il a publié trois recueils de poésie et un premier roman, La mesure du temps (Prise de parole, 2016), qui lui a mérité le prestigieux prix littéraire Trillium.

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