Bach. Qui se cache derrière ce nom prestigieux?

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Si l’on évoque aujourd’hui le nom de Bach, sans autre précision, c’est celui de Jean-Sébastien (Johann Sebastian) Bach (1685-1750) qui nous vient à l’esprit, et non sans raison: 20 enfants, une œuvre musicale immense, une bibliographie considérable, une filmographie même. Il figure dans nombre de concerts, d’émissions musicales, d’interprétations chorales.

Cependant, il faudrait peut-être reprendre, en l’adaptant, l’expression quasiment proverbiale bien connue: «Un Bach peut en cacher un autre».

Et l’on peut lire dans l’article consacré à J.S. Bach de l’encyclopédie Larousse en ligne, cette assertion a priori surprenante: «On assure que Bach était, au moment de sa mort, moins connu que son fils Carl Philipp Emanuel. Il semble en effet que, durant toute la seconde moitié du XVIIIe siècle, l’œuvre de Bach ait été peu jouée.»

Carl Philipp Emmanuel Bach

La personnalité «du génial Carl Philipp Emmanuel est immense. Dès le début du XIXe siècle, on n’a plus joué que rarement les œuvres de ce fils du «vieux Bach», comme on disait alors, faute de les connaître ou de souhaiter les découvrir. 

C’était oublier la réputation considérable dont le compositeur a joui en son temps. Que sa musique ait été louée et admirée comme elle l’a été par Haydn et Gluck, Mozart et Beethoven, avant que plus récemment les rejoigne Schoenberg, aurait dû donner à réfléchir.»

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Faire connaissance avec ce génial musicien va donc de soi, si l’on ne veut pas laisser dans l’ombre du père un illustre représentant de la famille Bach. Et une double occasion nous en est fournie. L’année 2014 marque le 300e anniversaire de naissance de Carl Philipp Emmanuel.

D’autre part, nous disposons enfin, en français, d’une biographie moderne et récente, sous la plume de Gilles Cantagrel, aux éditions musicales Papillon, d’où provient la citation qui précède. «Cet ouvrage, écrit l’auteur, s’est simplement fixé pour but de proposer un portrait de cet homme si attachant, et inciter à découvrir et écouter la musique de cet immense musicien.»

Formation

Carl Philipp Emmanuel est né le 8 mars 1714 à Weimar. C’est le cinquième enfant de la famille. Très tôt, son père Johann Sebastian l’initie à la musique et le «fait durement travailler sous sa direction». Il évolue dans l’ombre de son frère aîné qui a la prédilection paternelle. Cela lui donnera une capacité d’adaptation sa vie durant. Mais il parlera toujours de «la grandeur inimitable de mon père» et il regroupera en un recueil les 400 chorals des cantates de celui-ci.

Johann Sebastian ayant obtenu un poste à Leipzig, Carl va y étudier le droit «qui était alors une façon d’accéder à une formation de culture générale». Il apprend l’art de la composition auprès de son père et «ce fut un succès… Carl Philipp Emmanuel fut un contrapuntiste extraordinaire», de dire Schoenberg cité par Cantagrel.

Âgé d’à peine plus de 12 ans, Carl compose déjà de petites pièces puis, dès 1730, «ses premières œuvres de quelque importance». Il compose un Menuet en ut majeur avec croisement des mains, ce qui est un trait de «son imagination au clavier, puisque ce croisement des mains, qu’il considère comme une «sorcellerie» est alors très nouveau».

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Claveciniste et compositeur

De 1740 à 1767, Carl est au service de la cour de Prusse, dont le roi Frédéric II est un flûtiste, formé à la composition. Il fait de Carl le premier claveciniste de sa chapelle.

Au cours de ces années, marquées par la mort de son père le 28 juillet 1750, Carl compose des sonates, des œuvres de musique de chambre et pour orchestre, des lieder, poèmes chantés avec accompagnement musical.

En juin 1767, Carl est élu directeur musical de Hambourg qui «fait confiance à ses talents et ses capacités, reconnues et appréciées partout», un poste de prime importance, que Frédéric II accepte. Carl qui se lassait de la vie de cour «est enfin libre».

À son nouveau poste, il continue de composer des oratorios, des symphonies, des concertos, des passions (21), des recueils de musique pour clavecin (sonates, rondos, fantaisies). Mais le 14 décembre 1788, Carl Philipp Emmanuel décède à 74 ans, d’une «maladie de poitrine» non identifiée.

L’ouvrage de référence

Carl Philipp Emmanuel Bach laisse une œuvre considérable. À l’exception de l’opéra, «il a traité la plupart des grandes musiques de son temps, mais en des périodes bien différenciées de sa vie».

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Et Gilles Cantagrel décrit et analyse sa musique vocale à laquelle il consacre un chapitre, et sa musique instrumentale dans un autre. On ne peut que s’y reporter.

Quant au livre de cet auteur, c’est une mine de renseignements, présentés clairement, d’une lecture agréable.

De nombreuses illustrations accompagnent le parcours du lecteur, et divers documents des dernières pages en font aussi un livre de référence facile à consulter.

C’est un livre pour tous, musiciens ou profanes, et chacun en tirera profit.

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